DOIT I0AN
Oui ; il n'eût pas été convenable qu'il partti tons que je le vis^
L^NOR
Quoildéjal il est parti?
DOlf JUAN.
Oui, Léonor.
liONOR.
Et je ne l'ai pas vul... Ah! il a bien peu d'égards pour moi i
DON JUAN
Allons, Léonor, ne vous laissez pas aller à de nouveaux chagrins. Vous êtes désormais placée sous ma protection, et vous avez en moi un homme dévoué, qui, pour vous» exposerait ai^ besoin si^ vie et fOP b9iM^9Vr«
JOUflNÉE II, SCË!Œ n. Si
j(imtQe()aeYO|isétea, généreux et noble, vous ^erief TOtre appui à une femme ioforlunée ; et pour que tous puissiei voir, don înan, quelle confiance votre bonté m'inspire «^permettez, puisqu'il m'est impossible de surmonter ma peine y permettez que je m'éloigne de Totre présence. Vous montrer ma douleur, ce serait manquer à tout ce que je tous dois; et si je pleure* ce ne doit pas être en votre présence.
Slleiort.
I>OIf JUÂN.
11 STait bien raison, ce sage qui disait qu'il n'existe point de dif férence entre souffrir et voir souffrir l Cependant je devais dire à L&>nor que don Carlos était parti, bien qu'il soit enfermé dans ce cabinet : car il est essentiel pour tous deux qu'on ne connaisse pas M retraite, et nul ne garde mieux un secret q|ie celui qui l'ignore. D'ailleurs, le père de Léonor étant ici, ce parti est \è niieilleur pour tout le monde, (il frappe à une porte.) Carlos ?
Enirc DON CARLOS.
Êtes-vous seul?
DON lUAir.
Sans doute. Je ne serais pas venu ici avec do monde*
DON CARLOS
ÂTez-vous parlé à Léonor?
DON JOAN
Oui, et sa douleur, ses larmes m'ont paru ofie garantie Suffisante de son amour et de sa vertu. Quand je lui ai annoncé yoite départ, elle a montré une affliction si vive, si bien sentie, qu'elle m'a pei'tuadé, malgré les indices contraires, qu'elle n'a jamais été coupable.
DON CARLOS
Cela, ^e me le suis dit comme vous. Cependant <)uelque désir que j'aie de la savoir innocente ^ dois-je le croire atant d'en avoir la preuve, la preuve évidente?
DON JUAN
Je ne dis p&s cela.
DON CARLOS
n est donc inutile d'en parler; car la jalousie finirait toujours par dissiper les impressions trop favorables de l'amour. Lui avez-vous annoncé l'arrivée de son père à Valence P
DO^ JUAN
Non, c'eût été cruel d'ajouter ce nouveau chagrin à tous sts ennuis.
DON CARLOS
Vous avez bien fait, don îuan. Et quels ordres avez-vous donnés iFaMoT
32 LE PiR£ M'EST PAS TOUJOURS CERTAIN.
mm JOAif .
De demeurer tranquille à l'hôtellerie; à quoi il n'y t point de danger, puisqu'il n'est pas connu du seigneur don Pèdre. ie lui ai . recommandé d'observer avec soin toutes ses démarches, et de nous tenir au courant de tout.
DON CARLOS
■ Peut^tre la précaution est-elle superflue; car le père ne parlera de ses projets à personne.
DON JUAN
Je ne suis pas de votre avis.— Mais quel est ce brait?
DON CARLOS
Ah! don Juan, c'est la plus terrible aventure qui pût nous arriver. Celui qui monte l'escalier, c'est don Pèdre, le père de Léonor.
DON JUAN
Que dites-vous là?
DON CARLOS
A travers la serrare je l'ai parfaitement reconnu.
DON JUAN
Le père de Léonor?
DON CARLOS
Lui-même.
DON JUAN
Eh bien, retirei-vous au plus tôt dans ce cabinet. Je le recevrai, et je pénétrerai ses intentions.
Je ne saurais y consentir. Lorsque le père de Léonor yient dans une maison où sa fille et moi nous nous trouvons cachés, je ne puis lû ne dois vous laisser seul avec lui.
DON JUAN
Rien ne vous empêchera de venir, au besoin. N'allons pas audevant du malheur; il arrive toujours asseï tôt.— Voyons d'abord ce qu'il nous dira. Allons, cachez-vous.
DON CARLOS
J'y consens, mais de là j'observe tout.
Don Carlos m cache, doB Jun ovTre la porte.
DON PÈDRE entre en habit de voyage.
DON JUAN
Que demandez-vous, cavalier?
DON PàDRE.
Je vous supplie de me dire si don Juan de Roca est chez lui ?
DON JUAN
C'est moi qui suis don Juan. Que puis-je pour vous?
DON PàORB.
4*ermettez que je vous embrasse. C'est dans votre maisou que mes infortunes trouveront un port assuré; \e vous con&erai toutes mes
pcfaies; et j'ai la convictioD, qu'en dépit d'uoe étoile funeste, je troiiTerai chez yoiu toutes les consolations que j'y Tiens chercher.
noir CABLos, à part»
Il ne peut se déclarer davantage.
DON lUAN, à part.
11 aura sans doute appris que don Carlos et Léonor étaient chei moi. {Haut,) Seigneur, je rends grAces à ma bonne fortune de l'honneur que vous me faites; mais je ne sais comment tous répondre, ignorant qui tous êtes et ee que tous désirez.
DON PàORB.
VeailleZy seigneur, tous asseoir. Voici une lettre qui tous dira qui je luis» et tous saurez ensuite ce que j'attends de tos bontés.
DON JUAN
U lettre est de mon honoré seigneur le marquis de Dénia. {A part.) Je ne sais que penser.
DON PàDRB.
Veuillez d'abord la lire, et je m'expliquerai ensuite.
DON JUAN, lisant.
«Le seigneur don Pèdre de Lara, mon parent et mon ami. Ta » dans Totre Tille à la poursuite d'un homme de qui il importe à » son honneur de tirer satisfaction. Mon peu de santé ne me permet » pa8 de l'accompagner; mais j'aime à penser que ma personne ne > lui fera point faute là où tous êtes. Je me borne à tous dire que » son offense est la mienne, et que je prends à mon compte la sa- » tisfaction qu'il désire. Le marquis de Dénia.» Vous aTez entendu ce que m'écrit l'honoré marquis ; ma seule réponse , c'est que je me mets à TOtre disposition, prêt à vous serTir en quoi que ce soit.