‹ Théâtre de CalderonChapitre 12 sur 96 · DON PÈDRE · texte numérisé non relu

DON PÈDRE

Dieu TOUS garde ! Comme je l'espère d'après tout ce qu'on m'a dit de TOUS, .et d'après ce que je Tois, j'ai bien fait, en Tenant ici, de ne pas me munir d'autre secours, d'autre recommandation que de cette lettre. Le marquis, il est Trai, m'aTait dit que je trouverais en TOUS un défenseur déTOué, à cause de l'amitié et de la reconnaissance que TOUS dcTCZ à sa maison.

DON JUAN

J'aTOue hautement toutes les obligations que je lui ai ; je tAcheiii de m'en acquitter avec vous ; mais, seigneur, il faut d'abor4 que je sache le motif qui tous amène à Valence. (A part.) 11 faut boire d'un trait toute la coupe d'amertume.

DON PàDRB.

Je tous le dirai si je puis le prendre sur moi. Je suis noble, et, de pins, offensé, don Juan; mon ennemi est à Valence, et je le cherche. C'est assez tous dire.

DON JUAN

Mëwtmunt Je sai§ tout comme T0ui*mème«

PON PÈDEE.

n suffit; Toui êtes préTenu; je pourrai déformaU Yovf a^iMi quand j'aurai besoin de tos services.

;}• HsMl^fBt.

I DON JUAN

{ Un moment... encore un mot.

DON PÈDRB.

j Deq[ttois*agi&-ilt

' DONaUAJf.

n faut que tous sachiei, seigneur don Pèdre, que j'ai h Valence

contre moi-même.

DON pftDRB.

L'observation est digne de votre noblesse et de totré prudence ; et, bien loin de m'en plaindre, je vous en remercie et vous en estime davantage. Et afin qu'il n'y ait plus de mystère efitré nous, quelles sont vos relations avec un certain don Diègue Centellas?

DON JUAN

Des rdations de simple connaissance. Rleri dé j^Xiië.

DON titHLOS, à part.

Bon! è'estmontfTal.

DON PÈDRB.

D'après cela» vous n'aveipas d'objection?

DON lOAN^

Je n'en ai phu.

DONP&DRB,

Donc, cet homme (combien il m'en coûte de le répéter!) fut une nuit laissé pour mort dans ma maison; de sorte que je ne pus me venger, car c'eût été une lAcheté de frapper de mon éj^ée tin cadavre; et je secourus mourant celui à qiii, debout, j'aurais donné mille morts. La justice arriva , mais je ne voùlttà fordièr auèiilié plainte; un homme comme moi ne se VeO^e pai avèè de vaines procédures. Au milieu du tumulte, ma fille disparut : voua le dire est pour moi une nouvelle honte. Malheur sur le premier qui inventa une loi si rigoureuse, un contrai si injuste, une assoèittion Si impie; qui fit un partage si inégal entre l'homme et la femme^ et soumit notre horineur au caprice d'autrui!... Bref« ma fille disparut, et quoique dans ma disgrâce j'aie eu deux offenseur^, c'est don Diègue que je poursuis , et cela pour deux motifs : d'abord, y parce que j'ignore qui est l'autre, et que le premier que j'atteins doit le premier recevoir son châtiment ; et ensuite parce qu'on m'a dit dans toutes les auberges de la route qu'il était passé, avec une dame et un domestique, un cavalier qui cherchait à se cacher. Or, d'après les renseignemens qu'on m'a donnés , cette dame est ma

fille» et il est à présumer que s'élant trouvé guéri peu aprèi sa disparition , il l'aura protégée daas sa fuite. Voilà pourquoi surtout je le poursuis avec plus d'acharnement et de fureur, soit afin de rétablir mon honneur perdu, soit afin d'anéantir les coupables, si je ne puis y réussir. Et puisque maintenant rien ne vous empêche de m'assister dans mes desseins, je reviendrai vous chercher. En ce moment je vous quitte pour faire une autre démarche dont je vous instruirai plus tard. Je vous le dois comme à celui qui sera désormais mon recours, mon soutien, mon asile, non pas tant peut-être à cause de la recommandation que je vous ai apportée, que par l'obligatbn que vous avez contractée en voyant la douleyr d'un gentilhomme et les pleurs d'un vieillard.

Il son.

Entre DON CARLOS.

DON CARLOS

pQt-il jamais une situation plus cruelle?

DON JUAN

Rappelons-nouSy don Carlos, tout ce qui nous est arrivé.

DON CARLOS

Vous avez chez tous la dame d'un ami.

DON JUAN

Fille d'un homme qui est venu se réclamer de moi.

DON CARLOS

Cet ami est également cachi^ chez vous.

DON JUAN

Pou^ m'aider à yenger mes propres outrages.

DON CARLOS

L'ennemi que cherche don ?èdre est aussi le mien.

DON JUAN

Et moi, au milieu de tant d'engagemens de toute espèce , je ne tais que résoudre. Je me dois à Léonor parce qu'elle est femme ; à TOUS, parce que vous êtes mon parent; à don Pèdre, à cause di^ marquis et enfin à mon honneur, à cause de moi-même. Que fidre?

DON CARLOS

Le tempe nous l'apprendra. Agissons dans chaque circonstance nivani les éTénemens.

DON juan;

C'est bien; attendons, et nous verrons. Jusque là, demeurez cacné dans ce cabinet, sentinelle de mon honneur, tandis que j e vais sortir comme à l'ordinaire» afin qu'on ne soupçonne rien.

DON CARLOS

Adieu donc

DON JUAN

m «en, edieB.

I LE PIRE PTEST PAS TOUJOURS CRRTAUf.

D0!« CARLOS

GM déneat, tira-moi de tant de peines !

DOlf lUAlf . '

QH puiwiBt, taareiHBoi de ces dtngen I

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