‹ Théâtre de CalderonChapitre 37 sur 96 · DON G^AB · texte numérisé non relu

DON G^AB

Non, non, tous n'irei pu.

DON FÏLIZ.

Qooil TOUS me faites perdre la plus belle occasion. ^

DON ClÉSAR.

Attendez! on yient de jeter un papier par la fenêtre.

Il ramaMe oo papkv.

DON F^LIX

Ceit sans doute pour me reprocher mes retards.

DON césAB.

A César, dit la suscription.

DON FÉLIX, prenant la lettre.

Montrez, puisqu'ici je suis don César. Vous m'écouterez, et vous verrez si je suis de bonne foi. Ce n'est pas une écriture de i'cnune.

DON cisAB.

De qui cela peut-il être ?

donfiUjx.

n est signé Lisardo.

DON CÉSAB.

Usardo 1 qu'est-ce que c'est que cela?

DON FÉLIX , lisant, t Quoique j'eusse pu venger sans péril la mort de mon frère Lau- # reoeio.,, » (Parlant.) C'est une myst\ficat\oii\

iSR BONHEUR ET MALHEUR DU NOM.

DON C^AR. ,. ,

Ce n'est pas à yoiu <iue s'adresse ce billet ; et àvaDt de 1( qu'il soit bien établi entre nous si Yoiis êtes ou non don Césai

t . , . DON FEUX. ^ ^,^. . ■ , ^ ,,

Ne TOUS ftcnez pas pour une mauvaise plaisaiitêne. C'est m< suis ici don César, et c'est à nioi que s'adresse ce billet.

i>0N C^ÀIU

Nous ayons pu changer de nom l'un ayec l'autre pour un i l^ème sans conséquence; mais chacun de n9u^^eçte lui-même < U s'agit de dioses sérieuses qui touchent à Fhonneur.

DON FÉLIX

■ . ■ * • t Votre honneur ne courra jamais de hasard avec moi voti

dévoué.

DQNCéSAR.

Je n'en doute pas; mais je ne puis être tranquille que je n* ce billet.

DON Flh.ix.

Et moi je ne puis tous le montrer.

DON céSAR. . . , ,

Remarquez, je vous prie, qu'il est du plus haut intérêt de où est Lisardo et d'où il m'écrit.

DON veux.

C'est à moi que la lettre s'adresse, et c'est à moi d'y répoD

DON C]£SAR

Non pas l il s'agit d'une chose qui me concerne moi qui réellement le nom de César, et non pas vous à qui j'ai prêt nom.

C'est moi qui suis ici don César, et c'est à moi que l'on < écrire ; si l'on se trompe sur le nom, on ne se trompe pas âùr sonne.

DON CÉSAR

N'est-ce pas mot qui ai tué LaurencioT

DON FEUX

Oui.

DON GÉSAR.

Étiez-vous son ennemit

DON FEUX

Non.

DON CÉSAR

Donc, bien que cette lettre vous soit envoyée, elle est poi

DON FEUX

Étes-Tous ici don César t iVon.

JOUHNtiE III, SCÈNE L 139

DON FÉLIX

ITcst-ce pas mo! ijui lé éuist

DON disAlL Oui.

]k)N TiiLix.

La lettre est donc pour moi, puisque celui qui fèut ttië pariet rte TOUS connaît pas.

Doii citeiR.

Vous êtes curieux, parce qiiè tous avez pris mon nom , de vouloir que je ne sois plus don César!

DON F^LIt.

II serait plus curieux encore que J'enése ëtë ààh César pour trouver une hospitalité généreùiié et pour obtenir la bienveillance d'un ange , et qu'après avoir profité de cette bonne fbttune , je ne fosse plus don César quand yienneni les ennuis. Non, mon cher, et fl ne sera pas dit que je sois ici pour tout le monde dbii César qiland cela va bien, et que je ne le s6i& plus quand cela va mal. Et puisque je ne suis pas homme à cdder ni au bien iii àU mal, lài^sex-moi, vive Dieu! courir toutes les chances du bonheur et du malheur du Dom.

DON CÉSAR

Dites tout ee qu'il tous plaira, mais rendez-moi la lettre, que je h lise.

DON FÉLIX

Cela ne vous regarde pas.

DON CÉSAH.

Ne vous obstinez pas ; il fiiut que je la voie.

DON FÉLIX

Et comment, si je la garde?

DON CÉSAR

Je ne sais, mais du moins...

DON FÉLQ.

Après?

DON CÉSAR

J'empêcherai que vous ne la lisiez.

Par quel moyen?

DON CÉSAR

Je ne yoos perds pas de vue un instant... Partout où vous irez j'irai avec tous; je ne vous quitte plus d'un pas, et d'aujourd'hui e vous fuis conmie votre onàbre.

DON FÉLIX

> Cependant comment ferez-vous , étant prisonnier?

Don CÉSAR.

Je passerai paiHîessus toute considératioiiy et ^e dé«Aases«!k\i«»r* f itHÊêoi qâije àtd$f

ilO BONHEUR ET MALHEUR DU NOM.

DON FÉLIX

Le parti est périlleux ; tous ne vous tirerez pas d'affaire, et tons deux nous nous en trouverons mal.

DON CÉSAR

Eh bien I voyons la lettre, et puis nous saurons ce que tous deux noua devons fkire.

DON FÉLIX

Je vous dirai plus tard ce qu'elle contient. Adieu.

DON CÉSAR

Eh bien ! marchons, car je vous suis.

DON FEUX. I

Vous ne pouvei pas sortir.

DON CÉSAR. I

Que m'importe I |

DON FEUX

Mais réfléehissei... ^

DON CÉSAR

Réfléchisseï vous-même.

Entre LIDORO.

UDORO.

Qu'y a-tril donc t

DON FEUX. '

Rien , seigneur. {Â part.) Profitons de l'occasioo.

LIDORO.

De quoi s'agit-il ?

DON FEUX

Don César vous le dira.

Uiori.

DON CÉSAR

Oui, je le dirai, mais devant lui; car je ne veux point que vous doutiez de ce que je dirai. Faites-le donc arrêter.

LIDORO.

A quoi bon? je croirai sans peine tout ce que vous me direz.

DON CÉSAR, à part.

Cruelle position ! {Haut,) Laissez, que j'aille après lui.

LIDORO.

Songez, je vous prie, que vous êtes mon prisonnier, et qu'il suflit que le prince ait eu cette condescendance, sans que-..

DON CÉSAR, à part.

Hélas!

LIDORO.

Pourquoi donc voulez-vous sortir?

DON CÉSAR

Que dire? Si je dis que don Félix est allé à un défi, ce ne serait pas bien.,, cependant il serait encore \\u^ m«\ ^«vs>»S^ûv <VH'il,j

JOURNEE III, SCENE l. «M

allât i ma place. Je démit dooe l'en empêcher av^^^^^'^ui, et j'et père qa'nn autre jour...

UDOftO.

Vous paiaiaseï bien agité t

DONCiSÂl.

YoDf ne Tonlei point l'appeler?

UDono.

Non.

DON GÉSAn.

YoQi ne Toolei point me permettre de le anino f

unono.

Pas dayantage.

DON c^An.

Eh bien ! alora, pour Dlen ! 8uiYei-4e, car il a un déi.

UDORO.

Bon César ?... Pour qad motif t Je l'ignore.

UDORO.

Etoùa-t^lreçoeedéfl?

DONCtfSAB.

^e Tignore également*

UDORO.

Attendei-moi done là, et je coon aprèi lui en recommandant fu'oD TOUS garde.

IlaorU DONCtfSAR.

One penseront de mol. grand Dieu ! les duellistes raffinés ^ t Serii-je approuvé ou blâmé par eux?.... Considéreront-ils que dans tttte circonstance délicate c'était moi qui devais me battre, qu'il voulait se battre en mon lieu et place, et qu'ainsi je pourrais reprendre mon droit? d'autant que cette feinte ya bientôt cesser; car ila fin dona Violante...

Entre DO^A VIOLANTE

DOlÏA YIOLAirrB.

J'entre ici, don César, dans un heureux moment, profitant de ce qoe dona Serafina se promène au jardin ; je tous ai entendu prononcer mon nom, et quels que soient yos sentimens, je me réjouis que TOUS pensiez à moi!

DON c]£sAa

Ces sentimens, madame, je n'ai pas besoin de tous le dire, ils lont tels qu'ils doivent être pour une femme dont la conduite envers moi a été si perfide.

* U AutiUtte etpagnol (dmêUia) éuit m \tcmmt <|ft\ IwMiiX ^mR«MW^ ^ v:««a i«9tef le$M§aarh duel.

iVi BONHEUR ET MALHEUR DU NOM.

BONA TIÔLlimE.

Gomment pouvez-YOïu tous plaindre de iiloi, dott César, lôrèqilîe pour vous j'ai si tristement abandonné ma maison, lorsque pour vous je me vois prisonnière dans la maiÀdii d'àiiiniît

bON césÀSu ^,

Oui! après avoir échoué dans totte fr^iàjjii^ fbiil Reniiez ttfàmer ce lâche attentat, pour qu'on ne croie pas que vous en étiez complice !

hOf(k VIOLiNTB.

Est-il raisonif^le de Croire que pour dësabtifer ù'n Kbnmiè <^'e je n'aimerais pas, j'eusse quitté ma p&trie et mon père, et me fusse exposée à tous les ennuis?

DON C^AR

Comment se fait-ii donc que le seignetff Aotélio ih'àii attènaù au jardin? Dans quel but a-t-il attenté à ma vie? Qui eût pu l'instruire, hormis vous?

Doft ihotiihrB.

Mon père avait pris votre lettre apportée par le tâtèl de don Félix.

DON CÉSAR

De don Félix?

OOÎÏA VIOLANTE*

Ouï.

Un moment ; car ce que vous me dites là me dôiilié beaucoup à penser, si toutefois ce n'est pas un effet de la passion qui me subjugue encore. — Votre pè^e a vu là lettre dont j'avais chargé pour vous le valet de don Félix?

bo$A VIOLANTS*

Oui; et par cette lettre 11 fut iiiformé dé tout» et il m'enferma en fei^ànl de (partir.

DON CÉSAR.'

De là sans doute est venue l'idée où l'on est que c'éàt doii Feltx qui a causé le tumulte qui a eu lieu chez vous ; car vous saurez que je suis prisonnier ici sous le nom de don Félix.

DONA VIOLANTE

Quoi! vous passez pour don Félix?

DON céSAR.

Oui. Afin de pouvoir rester à Parme cette funeste nuit» je le fis partir sous mon nom.

DONA VIOLANTS.

Gomment! on ne vous connaît pas ici sous votre véritable nom?

DON CÉSAR

En effet.

DORA VIOLAIT*

C'est donc pour cela que doua Setaùtta m^ %wjl\«i»\X ^^xSsMram^

ipie le çayalier retenu ici prisonnier à cause de moi ne s'appelait pas don jCësarl ^ussi il m'àrrire à TOtre égard ce qui vous arrive à Yous-mème à cause de moi; car de même que tous ayez cru que ma démarche...

Entre NIGB.

NICB.

Je TOUS ai cherchée par toute la maison. Doua Serafina demande après TOUS.

DOÎÏA TIOLANTB.

Allons; car elle serait au désespoir si elle soupçonnait que je suis entrée ici. {A don César.) Réfléchissez à tout ce que je vous ai dit.

DON CÉSAR

Sans y réfléchir daTantage, je vous crois.

doÀa violants.

Pourquoi?

DON CÉSAR

Parce que je désirais trop de ne pas tous trouver coupable.

DO^A VIOLANTS.

Coupable de quoi?

DON CÉSAR

D'ingratitude.

DOJTA TIOLANTS»

D'ingratitude! euTers qui?

DON CÉ8AH

ftnrers l'homme qui tous adore.

DoiîA violants.

Alors vous pouvez être satisfait.

uns voix, du dehors.

Flora? Violante?

Nies.

Voilà qu'on vous appelle encore.

IWNA VIOLANTS.

Adieu.

DON ciSAR.

Adieu.

DoSa Tlobntaet NiM MctoM.

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