‹ Théâtre de CalderonChapitre 42 sur 96 · POH FEUX · texte numérisé non relu

POH FEUX

Parlez, madame.

DOftA SKRAFINA.

Dona Violante m'a dit, seigneur don César, que vous éties bitre de sa destinée. Je me suis laissé attendrir par ses pleui sa sincérité, par son amour; et je viens vous prier que vou pitié de sa noblesse, de sa renommée, de son honneur. Voyez , vous voulez que je lui dise; mais songez-y : quelle que soil réponse» je la considérerai comme une offense: car si c'esi vous ne voudrez pas ce que je demande, et si c'est oui, vou drez ce que je ne désire pas.

DON F^LIX

Votfs^lemandez de moi, madame, un oui on un non, en m tissant que vous serez blessée de Tun et de l'autre, et mon m est tel, que je dois vous blesser doublement par ma répon effet ; oui, il est vrai que don César est l'arbitre du sort d Violante, et non, il n'est pas vrai que je le sois ; et je reprodi réponse en sens contraire, en vous disant : Non, don Félii point l'arbitre de son sort, et oui» c'est moi qui le suis ^. «

DONA SBRAFIlfA.

Je ne vous comprends pas.

DON FlilJX.

Je n'en suis pas étonné.

DOftA 8BBAFINA.

Parlez plus dairement.

DONFiliX.

Je ne puis.

MiAinuffiifA.

GoDunentî

Aof cette phrase.

JOURNÉE m, SCÈNE iv. m

DON FÉLIX

Jen'oM.

DOHÀ SKRAFlIfÀ.

Pourquoi?

DON FÉLIX

Je crains trop.

DO!ÏÀ 8ERAF1NÀ.

Quelle est yotre crainte 7

DON FEUX

De TOQs f&cher.

DOftA 8SRAFINA.

Quoil don César n'aime pas dona Violante If

DON FEUX

Pour cela je vous ai dit oui.

DONA SBRAFINA.

Et VOUS, n'étes-YOUs pas don César?

Sur cda je tou ai dit non.

DONA SBRAFINA.

Ou>a-trlldonc?

DON FÉLIX

C'était une feinte que nous avions imaginée» et j'y ai trouvé le lH)Dlieur et le malheur de mon nom.

DONA SBRAFINA.

Parlez plus clairement.

DON FEUX

Je le veux bien.

DONA SBRAFINA,

Vous n'avez rien à craindre.

DON FÉLIX

loterrogez-moi.

DOJÏA SBRAFINA.

Si VOUS n'êtes point don César, et qu'il aime une autre femme...

DON FÉLIX

Ma franchise répondra à la vôtre. Vous saurez donc que je

luis...

DONA VIOLANTB, du dehOTS,

Ocidlprotége-moi!

AUBEUO, du dehors»

Meurs, ingrate!

LiSARDO, du dehors»

Et meurent tous feux qui viendront tous défendre t

DONA SBRAFINA.

Hélas! quel est ce bruit?

FLORA

Nous aroDs fait là une belle affaire l

TRISTAN

Toute la maison est sens dessus dessous.

DON F^X

Pendant que je yais voir ce qui se passe, Teuillei m'^t^^^f^ ^ C'est la Toix de dona Violante ; j*y vais.

FLORA

Fuyons, Aiyons, madame.

DONA SBRAFINA.

Et par où?

Entre pq|}4 V IptfNTI^ , 4l^M<».

QOV C^SAR.

Qu'est ceci , dona Violante ? Comment donc entrei-vous ici d guisëe?

DONA YIOIANTB.

J'ai à peine la force de parler... J'avais mis ce déguisement pc vous aller Toir , lorsqu'une servante thé dit qu\in VfeîliarA hié < mandait ; et croyant que c'était F^bio , j'allai à sa rencontre C'était mon père l... Mais le voici qui entre. t . c M ; -, f' ;

DON 'cksAR*

Passeï dans l'appartement vo^i) Pl^fff^W^ fllf? W^^ ^f^ ^f^^^

DON Feux, à dofia Ser(f^rifif^.

Vous, madame, veuilles y fiqtrcr également, afin qu'on ne v( voie pas ici.

Dofia Violante eji^e la p^em|ëre ^ referme antsitôi la porte. DOÂA SERAFqf^^

Attendez doncl

DOJÏA VIOLANTE, du dehors,

Excusei-moi ; car si je ne fermais pas la porte je craindrais n'être pas en g&reté. ' ^ ■

FLORA

Ma foil elle loi a bien rendu la pareille!

Entrent AURELIO, LISARDO et LIDORO, Tépée à la main.

UDORO,

D'où vient donc tout ce bruit dans ma maison?

ÀUREUO.

Il n'y a poîpt a|flgu ^ n,^}8f(B p^ryip ^'efi\]p cqftfjrQ 1« yç^ge^i de 1 honneur; et si je trouyp |ci cettjs ^^^te ou ce traître...

LIDORO.

Modére^^om l

lOURNËË m, SGÈxSE HT. 155

BON ctfsAR^ à part,

Heornuement qae dona Viciante a pu se eaeher.

DON viuL, à part» . . .

lo moins dona Seraflbia» qui eonnatria maison, se sera mise en lûrelél

UDOROy aparté

Combien Je me félidte qae Serafina ne soit pas aujourd'hui à

Il maisoiil

AOBEuiô*

UiMeHnolpa«erl

DON Ctf^Aiu

Siyom ne considérei point, seigneur Aureliô, qiieliè est la iùaiion où TOUS êtes y consldérei du moins que c'est moi qui la dé-

ÀUREUO.

Seimeor don César, n'interrlEinei pas dans cette affaire, car tous n^Jé ^us lrtiijj;afd)è e6iiiilii^nîon étinemi de^iiiil la isM Xé Uu-

raido.

LISAlbo*

Quoi! c'est i6\ik qui àt«r donné la nioH l iiiôh firâfét.:. Aptlfe- ^<IQ0Je suis Lisardo, et donnez-moi satisfaction.

nON FÉLIX.

i noQs deux d'abord , car c'est moi. que vous ayez provoqué le premier.

AUBXUO.

QqoI doMt n'iU-ee pu assei d'un ôuth|e; or^eUIeui don

Fâixt

UDORO.

(yentends^et Toùt-M'bevre il aj[>pê1ait don t'étti iibii César, et niintèlikiii Û «p^é don Cter don F^t

,., . DdUSBRÂFINÀ, ^JNtrl.

Oeieltâiepitiëdemoi! .

ÀURBUO, à LUarào. ,

nous ayons devant nous votre ennemi et le mien.

LISARDO.

Vengeons-nous ou mourons.

DONFibLDU

Tons fabilïyil

ud6r<W

un ttoÉeinr.:. AéMtieiMbolt

jumufitattit

Entrent LE PRINCE et des Valets.

LS PRINCS.

Quel est donc ce brait? Comme il a lieu dans votre maison, je n*ai pas voulu passer sans m'en inforgner ; surtout à présent que je vois chez vous don César et Cello.

LIDORO.

Je vous dirai ce qui en est... du moins autant que je puis le savoir. {Montrant do fia Serafina,) Cette dame est dona Violante, fille du seigneur Aurelio.

DONA SKRAFINA, à part,

Àh ! malheureuse I

LIDORO.

Elle a été amenée ici par don Félix [montrant don Césa/r^, qui est ce cavalier, ani de don César.

AURBLIO.

Prenez garde! tous tous trompez :> voici don Félix; voici don César.

* LB PRINCB.

Alors je suis aussi de la partie ; car on m'a trompé.

UDORO.

Moi aussi, puisque je l'ai reçu chez moi.

^ON FÉLIX

Si vous voulez bien m'écouter, mon seigneur, vous serez bientôt satisfait; car on n'est pas coupable pour être un ami véritable. Don César est l'amant de dona Violante, et comme il avait un rendez-vous avec elle le jour où on le chargea de venir vous voir, je suis venu sous son nom et avec son message. Puis, comme un mien valet a laissé tomber entre les mains du seigneur Aurelio une lettre écrite à sa fille, cela a obligé don César à fuir, et a fait croire au seigneur Aurelio que je Tavais offensé. Ce n'est pas, je le répète, ce n'est pas un crime d'obliger un ami ; surtout quand j'ai voulu par là servir le mariage de don César, qui, par mon intermédiaire, a'of fre à épouser dona Violante*

DON C^AR

J'en prends volontiers l'engagement.

AURELIO

Mors, comptant sur cette parole, je me tiens pour satisfait.

USARDO.

Moi non. {Au Prince.) Pardonnez, seigneur, car si je suis au nombre de vos gens comme étant Celio , je n'y suis point comme étant Lisardo, et je ne renonce pas i\ a\ft^m^w\kTEA.'«^\i^«ftafiA«

JOURNÉE m, SCÈNE IV. 157

LB PRINCE

Que VOUS soyez Celio ou Lisardo , une foU que je m'interpose, vous pardonnerez convme i*ai pardonné moi-même. {A don César.) iHinnez la main à dona Violante.

' DON CÉSAR

Avec mille âmes. [A dofia Serafina.) Et maintenant, madame, puisque tout est pardonné, veuillez vous découvrir.— Eh bien! que : tndgnez-Yous?

LIDORO.

, Pourquoi hésiter?

DON FÉLIX

- Oui, madame , soulevez votre voile , et baiseï la main au sei- Ngneur Aurelio.

[ DONA SBRAVUIÀ.

I Quoil c'est vous qui me le conseillei?

DON FliLIX*

Certainement.

DONA SERAFINA, soulwant son voile.

Je le veux bien ; mais vous ne savei pas à quoi vous vous en-

[l«gei.

LIDORO.

Hélas I que vois-jel... Fille ingrate I quoil vous, sous cet équien ce lieu I

TOUS

Med^ez-vous.

LmORO.

,& comment?

DON FÉLIX

jMrez Teiemple du seigneur Aurelio; et puisqu'elle veut bien irder sa main, ne me la refusez pas.

UDORO.

fl le faut bien, car il faut faire de nécessité vertu.

LE PRINCE

Kt où donc est dona Violante?

Entre DO!ïi^ VIOLANTE DONA VIOLANTE.

A VOS pieds, où je cherche un refuge.

DON CÉSAR

DoDne»-moi la main.

LISARDO.

fout le monde est content, excepté moi.

ir.

m BONHEUR ET MALHEUR DU NOM.

. . TRISTAR.

Ri how déui, FI6n» ^fie ftdsons-DoUii?

FLORiu

Nous allons nous raconter tbi délit contes de la duègne et de guedon.

TRIStAlf.

Ce sora pour un autre jour. Pour le moment nous n*ayons i^) demander pardon de nos fauté^:

1>0N Feux.

Et si le bonheur et le malheur du nom « produit ce résultat que lé bofaneur de celui qui a composé cet ouvrage supplée , s auprès de vous, au malheur de son esprit ^.

SI

* Cette pièce ettnne des nombVAnèfr^ièoiMAlëid» CiAd«roi» ^, tév* lèlUrè Fitêt [Fiuuu], furaot d'abord repiéyap^ f^^^^^ ^ ^^' ^^^^^^ '^ ëgalemeat o posé plusieori piècei qui forent joa^ pohr la première fois devant Louis XIY.

FIN DE BONHEUR tt MALHEUR DU NOM.

k OUTRAGE SECRET

Page 1