‹ Théâtre de CalderonChapitre 59 sur 96 · LE DUC · texte numérisé non relu

LE DUC

Où allez-TOus, insensé? Que prétendez-rous ?

DON JUAN

Montrer au monde le dévouement d'une amitié véritable. — Ah t sire, à peine étions-nous retirés que soudain a éclaté l'incendie. En. un instant il a crû k tel point que je crains qu'avant peu il aiW tout consumé. Don Lope d'Almeyda est là avec son épouse, et j» voudrais les délivrer.

LE noi.

Remettez-vous. La prudence est aussi nécessaire que le courage»

Entre MANRIQUE.

MANRIQUE

Je me suis échappé en jetant feu et flamme comme un àïAle d» comédie. Je me figure, avec une certaine satisfaction , que je suis l'Enée de cette Troie. Je vais me retremper un peu dans la mer, quoique je n'aime guère l'eau et surtout l'eau salée*

Entre DON LOPE à moitié nu.

Il porle dans ses bras Lêonor qui est morte.

DON LOPE

ciel clément 1 rendez la vie à Léonor, à mon épouse chérie I

LE ROI

Est-ce vous, don Lope ?

DON LOPE

Oui, sire... si mon malheur mé laisse assez de sang-froid pour vous reconnaître et vous parler au milieu de cette horrible tragédie* Cette femme , sire, que vous voyez morte , est mon épouse , noble 9 fière, honnête, vertueuse, digne enfin des louanges éternelles de la renommée. Cette femme est mon épouse, que je n'ai aimée de l'a^ mour le plus tendre qu'afin de mieux sentir la douleur de sa perte. —J'étais entré dans sa chambre et je me disposais à l'enlever, lorsque, étouffée, elle a rendu la vie dans mes bras... Quel sort affreux! —Cependant il me reste une consolation ; je suis libre par son trépas, et je pourrai vous servir sans faire faute en ma maison. A cette heure, sire, je vous suis jusqu'à ma mort, qui, j'espère, viendra bientôt. (À demi-voix à don Juan,) Et vous, brave don Juan, apprenez k celui qui vous demanàa coii«ki\ à» ^^>\fc \£A\ÂfiK^ \l doit

1*7 pnodre pour que la vengeance ne dise pas ce que l'affront n*a« Tait pas dit.

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