‹ Théâtre de CalderonChapitre 7 sur 96 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

l'A Mlon de don Juan, Kiitrent Gvkks^ INÈS; puis DON DIÈ6UE.

mis.

Qui frappe?

6INÀ8.

Adorable Inès, c'est ypire humble servitear qui reyient à vos pieds aussi fidèle et aassi cohstant qu'il est parti.

INÈS

C'est toi, mon Ginès? — Tu ne m'embrasses pas?

GINÂS.

Deux fois, trois fois pour une, si tu veux. Je n'y regarde pas de si préSt

Par quel hasard te voilà-t-il de retour?

GlNÈS.

Ta le sauras plus tardv Pour le moment, il s'agit d'autre chose; mon maître te veut parler.

tMfts.

Comneitt! il Hi d6ne reventi lui aussi t

hpli DI^GOÈ.

Oui, ma chère Inès, très-dé^ireiax dé te voir et de savoir des ihhintidi de Bëatrfi.

iNfts. »

Elle va fort bien; et quand elle apprendra votre arrivée...

Bntre BÉATRIX.

BliATRIX.

Qui estroe done, Inès, pour que tu t'arrêtes si long-temps?

DON DI&GUB.

' Cest un voyageur long-temps agité par la tempête de l'absence, et dont le navire battu par les Hots a vogué parmi les écueib. Enfin la mer plus tranquille, le ciel plus clément» lui ont permis de prendre port à vos pieds, et il vient dans le temple de son amour consacrer la mémoire de ce qu'il doit à l'idole de son cœur.

BÉATRix, à paru Gomme ils mentent, ces hommes I Mais ne noul trahissons pas. [Haut.) C'est en vain, seigneur don Diègué..« Mais non, je vous le dirai ensuite. ( A Inè». ) Fais eh sorte, Inès, qu'Isabelle ne vienne pas dans ce salon j je ne voudrais pas que dés le premier joint elle connût mes ennuis.

Tous avei raison. — Au revoir, Ginès ^

GINÈS

Je l'espère bien, et à\ors je te démontretid \a \^tv\.^ ^^\^<ââ»MMk fè Uj a ce refrain :

■éATRIX.

Oui, seigneur don Diègue, c'est en vain que tous exagérei les tourmens de l'absence, vous ne pourrez jamais exprimer ce que j'ai souffert, moi toujours amante et toujours fidèle, (il pcrf.) Combien j'ai de peine à cacher mon ressentiment !

DON DiÈGUE, bas, à Ginès, Vive Dieul elle ne sait rien.

GiNÈs, bas» à don Diègue.

Comment vouliez-vous qu'elle l'eût appris?

BÉATRIX

Comment vous ètes-vous trouvé du séjour de Madrid?

DON DIÈGUE. '

Comme un homme éloigné de ce qu'il aime ; et dans cette situation, il n'y a qu'un seul plaisir à l'absence.

BÉATRIl.

Lequel, je vous prie?

DON DIÈGUB.

De penser que l'on reverra l'objet aimé.

BÉATRIX

Le perfide!... La jalousiç me ronge le cœur, et la rage me suffoque * ! {Haut) Où en est votre procès?

DON DIÈGUB.

Je l'ai laissé au même point, l'état de ma santé m'ayant forcé ae revenir.

B^ATRIX.

Vous étiez donc malade ?

DON DIÈGUB.

Oui, de ne point vous voir.

BIÉATRIX.

Il y a d'autres choses à voir à Madrid. Les dames n'y sont-elles pas aimables et charmantes ?

DON DIÈGUE

N'en ayant regardé aucune, je ne saurais en donner mon avis.

BÉATRIX

Aucune?

DON DIÈGUE

Demandez plutôt à Ginès. — N'est-il pas vnii, Ginès, que j'ai été d'une constance exemplaire?

GINÈS

Ma foil oui, madame, mon maître a été si constant, que je l'ai vu au moment de mourir d'amour.

BÉATRIX

Cela est possible ; mais pour qui ?

DON DIÈGUB.

M pour gui donc vouliez-vous que ce fût?

MJtiénl&atent s mJ'û dukê le coMir uo aspic, et auWurûu «ou uue cot4%.i

JOURNËE I, SGËNE lY. SI

BÈAnau Alon TOUS n'êtes |»u ce cayalier qui, ehangeani en proeèt eri^ minel Tiffaire civile qui TiTail appelé à Madrid, arei ri bien pourlamles audiences, qu'un juge à longue robe, — mais ce n'était pas un homme, — tous a condamné à mort : sentence cruelle dont certain rirai à tous a été l'exécuteur.

aniÈs, hoi, à don Dièguê.

Comment l'a-i-elle pu savoir? Nous voilà dans de beaux draps!

DOIT Diàfiini, à part.

Je sois perdu I

GmÈs, ba$, à don Dièguê»

Pourquoi me regardex-vous ainsi? Je n'ai pu dit un seul moi.

DOIT DiifiUB, d» même, (|a*ai-je entendu?

ftnrib, de même»

Ça reuemble à votre aventure.

BÉATRIX

Tout se sait, don Diègue. Et puisque vous eonnaisseï les motifs que j'ai d'être offensée de la conduite d'un perfide et d'un traître qui reot me faire passer ses outrages pour des galanteries, ne me revoyex jamais, entendez-vous ? sans quoi vous apprendriex encore à vos dépens, qu'à Valence comme à Madrid il y a telle dame qui peut le venger d'un amant déloyal et sans foi.

DOIT DlifilIB.

Songez, Béatrix...

B^TBIX.

Seigneur don Diègue, songez vous-même qu'il est tard ; et il ne iàut pas que la peine me coûte aujourd'hui plus que ne me coûtait jadis le plaisir de vous voir. Donc, adieu.

DON DltCOB.

Jusqu'à ce que vous soyez détrompée.

DOIT JUAN, du dehorê.

Pourquoi n'y a-tril point ici de lumière?

BlÎAtRDU

Grand Dieu ! c'^t mon frère !

GiNÈs; à part.

Son frère? Conunent l'a-t-il pu savoir?

Entre INÈS.

INÈS

Madame, voici monseigneur qui arrive.

DON DltOUB.

Que faire?

BÉATRIX

Je ne sais.

INÈS

J'y suis!... Entrez avec Ginès dans cette saUe; NQO& ^ t^aMMk^Ar cbèf jtuqa'i ce que vous puissiez sortir.

n LE PIRE N'EST PAS TOOIJQlUilS CERTAIN.

Inlèrtaiiée que }é Mdf I

mis.

BBireiTitê.

oiiftSy à port* Pour ma part» je m'abonnenU volontiefi à dam amts e6<lp< ëe bâtoo.

«iATRIX.

Fenne bien la porte, afin qu'on ne puisse pas les Toir.

ufès.

Elle est fermée dans la perfection.

noM auAif , du dêhon.

Il est singulier qu'à la nuit la maison ne soit pas eneore éclairée.

Enurent DOlt JUAN et DON CABLOS. LÉONOR entre d'un aalre c6l6

arec des flambeaux.

lioNoa.

Voici de la lumiilre.

noif CARLOS, à part «t

En voyant Léonor porter des flambeaux, la Idfttière tti'a atett(s!é. {À Béatrix.) Permettei, ma cousine, que Je baièë ioM initin^ éi je he suis pas trop indigne d'ttne telle f avettr. (À pàirt.) Mh \ LéOttOi^, td, dans cet état!

BÉATRIX

Vous avez beau vouloir me calmer avec des {tolitèsses, tous ne réussirez pas, don Carlos, a me faire oublier que vous n'avez point Sitighé descendre dabs notte maison.

DON CARLOS

Déjà, madame, je me suis justifié auprès de don Juén ; et il voit-' dra bien à son tour m'excuse^ auprès de vous. Mais si je n'ai pas l'honneur d'habiter votre mabon, croyez-lè, madame, j'y àerai par la pensée, et vous y aurez, pour vous servir, mon âme et ma vie.

DON JUAN

J*ai déjà dit à ma sœur les motifs que vous avez pour ne pas honorer plus long-temps notre retraite de votre présence.

. B^ATRIX.

Puisque notre bonheur doit être si court, je dois me presser de vous servir de mon mieux. Mais vous n'êtes pas bien ici ; veuillez passer dans mon appartement.— Isabelle, éclairez à mon cousin. (A paru) ciel 1 aie pitié dé inôit

Bile sort avec Inès LéONOR.

Seigneur don Carlos, puisqu'il faut aujourd'hui que je vous serve, c'est pour moi le plus doux plaisir.

DON CARLOS

AJif Léonor, bien que j'aie à me plaindre de vous, je voudrais vous laisser dans une situation plus briUanlel

LéONOR.

C'est plus encore que je ne mérite, puisque, pour mon malheur, fous ne croyez plus à mes protestations, à mei sermem.

DON CARLOS

Eh! qui jamais a cru de Ytins disconrs plut^ quf le Iteoignage

de ses yeux?

Plus d'un l'a faiu

DON CARLOS

Etna eu toi c

LlâONOR.

Prenez garde, don Carlos ; contenez-vous, afin qu'on ne soupçonne rien.

DON CARLOS, à part.

Hélas 1 qu'il est difficile de se contenir en voyant I^nor sous le eostome d'Isabelle !

Ib aortMit.

IMfts rentre , et piii# DON DIÂGUE et GjDIJBÇ fif montrent derrière la

tapisserie. '

GUfàs.

Fdavons-nous sortir, Inès?

mis.

Non, VOUS les trouveriez sur votre passage.

6iiiàs« Comment donc faire t

Attendez que notre hôte soit parti.

De quel hdtft parles-tu?

Un cousin de notfe maison. Je reviendrai vous liiife sortir* Et si. par hasard, mon maître fermait la porte, vous, dès qu'il sera endormi, vous descendrez par ce balcon.

«iNàs.

Par où, — je te prie?

Par ce balcon. Il n'y a qu'à sauter.

«mis.

h ne stute jamais, même au bal. Et ainsi arrange-toi de manière que je puisse m'en aller sans faire de saut.

DON DI&GUl

Dispose cela pour le mieux, Inès.

GIN^S

Vous, monseigneur, qui êtes accoutumé à vous voir casser la tète, (a tous serait ^û de vous casser la jambe.

INÈS

ÊDikmeif'rmu bien, et taisez-vous.

I>ON DIÀGUB.

Qui s'esl jamaif tu dtns une pareille situation?

GINÈS

Mol, monseignooTy et, qui pis est, sans savoir ni pourquoi n comment.

Ils fwtmt.

nifts, seiil*.

Tout est bien embrouillé dans la maison. Dieu TeoQle que tou eélt iolsse bleu.

JOURNÉE DEUXIÈME

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