GARCES
Daignez, monseigneur, me pardonner ma faute en faveur de Fa- ▼is que je viens vous donner.
DONIUAN.
Parlez.
GARCÈS.
Ce Morisque que vous me donnâtes À garder avait dit k votre altesse qu'il venait dans le dessein de vous livrer l'Alpujarra. Désireui de connaître le passage et d'y pénétrer le premier, afin de pouvoir vous y servir de guide (c'était là ma seule ambition ), je lui ordonnai de m'indiquer ce sentier. Je le suivis seul au milieu de ce labyrinthe de précipices. Mais à peine nous fûmes-nous engagés entre deux haies de rochers, qu'il partit rapidement, poussa un cri, et à ce cri accourut une troupe de ^ot«&^ V fti^^^> ^<i>\gw\ftft detcbienê qu'ils sont, s'élancèrent tous en&emVAit^tfÉj^lÉlllg^^
qn'IU voyaient démit eux. Toute défense fut inutile. Enfin, blessé et sanglant, je cberdiais dans la montagne un bois, qui pût me cacher de set feaiUeSy'^orsque je Tis sous les murs de Galère, où j'arrivais en ce moment, l'entrée d'une grotte étroite et sombre, oarerture du rocher sur lequel la forteresse est assise. Je me jetai dans cette grotte; et les Morisques, soient qu'ils ne m'aient point tu, soit qu'ils m'aient cm mort, me laissèrent. C'est ainsi que j'ai pu reconnaître la place : Galère est minée par la main du temps, qni est pour les rodierf le plus habile ingénieur, et en l'/Buveloppanl tous pourrez faire sauter ses remparts, si nous parvenons, comme je l'espère, à nous emparer de cette grotte. Vous éviterez ainsi les loogueuri d'un liége. Pour moi, si vous m'accordez la vie, que ma faute a mérité de perdre, je vous promets en retour celle de tous le$ htbitans de Galère. Rien n'arrêtera ma vengeance, rien n'arrêtera mon épée ni ma rage. Je aérai sans pitié pour les enfans» fans respect ^onr Ici vieillards» et» ce que je puis dire de plus» aiuos égard poar les femmes.
X DON JUAK.
Qu'on l'emmène et que l'on prenne soin de ses blessures. [Qarc^ tort.) Don Lope , je regarde comme d'un excellent présage d'aroir ces renseignemens sur Galère. Dès le premier jour où l'on m'a dit que TAlpujarra contenait une place de ce nom , j'ai eu envie de Tassiéger» pour voir si je serais aussi heureux avec les galèref de terre ferme que je l'ai été avec celles de la mer.
DON LOPE
Eh bien! pourquoi attendre?... Allons sur-le-champ occuper les postes. C'est le moment le plus favorable ; nous pourrons, grâces à la nuit, nous approcher sans être vus. (A un Soldat,) Que mon terce se mette en marche sur Galère.
UN SOLDAT
A Galère! Faites passer le mot d'ordre.
UN AUTAE SOLDAT.
A Galère!
TOUS
A Galère! à Galère!
DON JUAN
cicll accorde-moi dans ces montagnes le môme succès que ni m'as accordé sur les eaux, et que la renommée, racontant mes cv, ploits aux âges Aiturs, leur apprenne que je remporiAis vers h même temps deux victoires, mais qu'on ne saurait dire iaqut'lio fut ^ la plus belle, de celle que je remportai sur les flots de Lépniiie, ou ^é celle que je remportai dans les montagnes de l'Alpujarra.
JODBNËE n, SCÈNE IT, SCÈNE IV.
Devant let mon de ftilèf*.
Entrent BON ALVAR et ALG0nZG0U2.
DON ALTAR
Àleouieoni» je confie à tes soins ma yie et mon honneur ) tat si l'oB apprenait que j'ai quitté Gabia pour yenir ici, je perdrais tout à la fois l'iionneur et la vie. Garde ma jument; je ne Ma qu'entrer dans ce jardin» et je reviens aussitôt. Il nous faut être de retour à Gibia avant qu'on s'y soit aperçu de notre absehce.
ALCOUZCOUZ.
Toujours prêt à te servir, bien que tu ne m'aies pis laissé le tèiM^s d'allé déposer à mon logis cette besaee. M6i rester sans b^géf k mon poste.
DON ÂLTAR.
Si tu i'éloignds seulement de trois pas, vive le clél ! je M ttteMrfs de ma main.
DO^A CLARA entr'oavre ane portée
CLARA
Estpce toi?
DON ALVAB.
Quel autre pourrait venir à ce rendez-voils ?
CLARA
Entre à l'instant. Si tu t'arrêtais sur le rempart on pourrait te reconnaître.
Ut sortent.
ALCOczcouz, seul.
Vive Allah 1 moi prêt à dormir. Attendez; moi n'être pas k vos Bdres, seigneur Sommeil. — Il n'y a pas de pire métier que ëelui il'Alcahvéte ^ Dans les autres métiers on travaille pour soti propi'e compte; dans celui-ci on ne travaille que pour autrui... Holà! Iiol jumeUtt — Revenons à mon histoire pour chasser le somtneil... Le cordonnier faire parfois des souliers pour lui ; parfois le tailieut se toilper un habit ; enfin de temfts en témj>s le cuisinier coûter ses ragoûts, et le pâtissier manger ses pâtés... setll TAlcahuète ne rien faire pour soi : lui assaisonner le plat et point le manger; coudre l'habit et point le revêtir. — Holàl ho ! Holà ! ho ! jument I... La voilà partie I Holà, jument, reviens ; fais ce que moi demander à toi, et inoi faure pareillement la première chose que toi demander à moL — Impossible de la rattraper. Ahl pauvre Alcouzeoùxt belle besogne que tu as faite là pour le retour de ton mat-
« VAImkMH, dont 11 mt iopwnt qumtiùa dant \mfjùÙÊUûmllm^m y w wM M %^vi\v mOê ga'A M mar M bmum anidu f finM»
tre. Il me tuera, c'est sûr; car à présent lui ne pouvoir plus arrirer à temps À Gabia. -Moi me figurer que lui reparaître ici et me dire: « Alcouzcouz, mon cheval? — Malire, moi pas l'avoir. - Qu'en asta fait?— Moi, maître, lui s'est échappé.— Par où? — Par ces montagnes. — Toi mourir, » Et puis , v*lan , moi être enfoncé avec un coup de dague dans le cœur. — Eh bien I Aicouzcouz, s'il faut mourir, mieui vaut choisir sa mort. Au lieu de l'acier i^enons le poison; la mort être plus douce. Avalons. {Il tire une outre di sa betaee et boit.) Meilleur mourir ainsi; au moins le mort n'être pa* baigné dans son sang... Comment te va? pas trop mal... Le poison n'être pas assez fort, et moi en prendre encore un peu. (// boit.) Déjà moi brûler... l'estomac tout en feu... Pour mourir plus vite du poison, prenons-en encore un peu. (// boit.) Bon ! le voilà qui me nvage. Je sens ses effets. Mes yeux se troublent, ma tête s'embarrasse, ma langue s'épaissit... mais puisque moi mourir, moi ache* ▼er le poison ; car moi pas assez méchant pour vouloir empoisonner les autres... Mais quoil où donc être ma bouche ? moi ne la trour ver plus. '
^ On entend do bniitjderrière la scène.
UPŒ VOIX, dans le lointain. Sentinelles de Galère, aux armes I
ALCOUZCOUZ.
Qu'est-ce que cela?... des éclairs!... Alors bientôt entendre ^^ tonnerre.
Entrent I>ON ALYAR et DORA CLARA.
CLARA
Seigneur, les sentinelles ont allumé les feux sur les tours.
DON ALVAR
Sans doute les Espagnols , profitant de la nuit , auront marcK^^ sur Galère.
CLARA
Pars, mon ami ; déjà toute la place est en mouvement.
DOIf ALVAR.
En vérité, ce serait à moi une belle action que de laisser ma dam^ dans une place assiégée!
CLARA
Hélasl
DON ALVAR
Ce serait un bel exploit que de fuir en ce moment!
CLARA
Oui, ton honneur est à défendre Gabia; c'est peut-être sur te point que l'ennemi s'est porté. Cher Tuzaoi, songe à ton devoir.
DON ALVAR
Quelle horrible situation \ B'un c6ié, e'esi Vamour €(ui me retient; de l'auvre, j'entends l'honneur qyù m'ai^^^WA*
JOURNÉE 11, SCÈm IT.
CLARA
ITéeoate qae llioiiiiettr. '
DOU ALYAR.
Je les satisferai tous deux à la fois.
Par quel moyen?
DON ALTAE.
Je Tais t'emmener ayee moi. Si je me perds également, soit à ter, soit k partir, que mon honneur et mon amour courent en ce jour même fortune. Viens, partons ; j'ai on cherai qui nous portera tous deux avec la rapidité du yen t.
CLARA
Que risqué-je ayee mon époux? Je te sois.
DON ALTAE.
Holàl Àleoaxeoiul
ALCOOZOOUI.
Qui m'appelle?
DON ALTAR
C'est moi. Donne-moi vite la jument.
ALCOUZCOUX.
La jument?
DON ALYAR*
Dépêche ; qu'attends-tu ?
ALCOUZCOUZ.
Moi, attendre la jument; elle m'avoir dit qu'elle aller refenttw
D0;f ALVAR.
Où donc est-elle?
ALCOUZGOnZ.
Partie. Mais c'est une jument de parole, et elle revenir a l'instant. «
DON ALYAR.
Yive Allah 1 traître...
ALCOUZCOnZ.
Vous, pas toucher moi I car moi être empoisonné, et moi par mon haleine tuer I
DON»ALVAR
Ta yas mourir, misérable 1
CLARA, voulant retenir don Alvar, Arrête!... (Elle se blesse.) Hélas!... ahl Tuzani.
DON ALVAR
Qu'est-ce donc?
CLARA
En voulant te retenir, je me suis blessée à la mam.
DON ALVAR
^ fie va payer ce sang.
Au nom da del» 4pirgiie-le.
DON ALYAR.
Ta prièn peat tout fur moi. — La bleifiire eat^eUA iNrofondeî
Geneflenileo.
DON ALYAB.
LaiidMiiol envfloHHir ta main de ce mouchoir*