‹ Théâtre de CalderonChapitre 74 sur 96 · CL4RA · texte numérisé non relu

CL4RA

MaintiBDant, tn leTois, je ne puis ('accompagner, i^a^i seul aujoi^^ dliuL Alors mftme qu'on aurait mis le si^ge devant Galère» eUe cp^^ sera pas prise en on jour; et demain je yais avec toi.

DON AI.ViJU

Dans cet espoir, j'obéis.

Qu'Allah te garde I

DON ALVAR

Sans toi que fèraif-je de la vie? .

ALCOUICOIII.

Si toi vouloir mourir, moi avoir encore un peu de poison qui* fort doux.

CLARA

Allons, adieu.

DON ALYAII*

Je pars dësolé.

CLARA

Et moi, je demeure affligée.

DON ALVAR

Quelle est l'étoile funeste qui , suspendant toujours mon bon-heur, s'interpose entre nous deux?

CLARA

Quel est le sort ennemi qui, mettant obstacle k mes vœux, suscite deux fois une armée chrétienne pour troubler toute ma joie?

ALCODZCOUZ.

Quel état que le mien I Tout le monde dire que le soinnieil et la mort c'est la même chose... et c'est bien vrai, car moi savoir oas si moi être mort ou endormi.

JOURNEE m, SCÈNE I. 2tt9

JOURNÉE TROISIÈME

SCÈNEL

I éitintélii de Galèrt— â ërt nrit.

Cntra DON ALYAR. ALGOCZGOCZ dort étenda dans on ooin dn théâtre.

DON ALYAR.

Nuit sombre et froide, c'est à ton silenee que mon espérance eon- Ce mes entreprises, mon amour son bonhemr, mon âme sa yictoire; tir bieoUt. piùà brillante que les étoiles, éi t*ëblairant de sa yive clarté, Maleca, ma douce proie, se trouvera dans mes bras aùiouirëûx. Porte sur l'aile du désir, me Yoilà arrivé sous les murs de Galère. Que ce ravin profond, que la nature entoura sans art d'iùjpénétrables labyrinthes , soit pour cette nuit Tasile de mon courtier fidèle ; et puisque personne ne me voit, attachons^le à cet arbre, qui me le gardera mieux que ce misérable qui la nuit passée^.. Tout alarme un cœur amoureux. {Il se heurte contre Alcouzcouz et chonr celle.) Oui, cet accident même m'inquiète, et je regarde comme un funeste augure, au moment où je veut m'approchéi' dii féttij^rt, que mon pied ait trébuché contre un caddtlré. Toiifc ce que j^ili Vti, tout ce que j'ai rencontré aujourd'hui, me remplit de tristesse, d'horreur et d'épouvante... Uélas! pauvre infortuné qui as trouvé ton tombeau au pied de la montagne! Mais non, heureux, heureux Ihtllé fbil, toi que la mort a pour jamais àfftonchi dél tiuMi qui M'accablent 1

ALdoozËouZy ie réveitUmL

Qui itiàrdiet wm moi?

DdA ALVAA&

Qtk iMà^jéi Qu'etitends-je? Qui es-tll?

ALCOUZCOtIZ.

Alcouzcouz, à qui toi ordonner de t'attendra avec là Jiiinèftt, et être resté ici sans que personne m'avoir vu. U être bien tard pour retourner à Gabia ; mais toujours les amans paresseux pour revenir.

DON ALTAA.

Que fàif-tu id, Aloouzcouz?

ALCOCZOOUZ.

Gomment toi le demander^ si moi l'attendre id depuis que toi tee entré par la poterne pour yoir Maléea?

A4^oofnnat$ ru U.. Quoi I tu 8eratoTMéUde(^\^»t vQ^v^\>

ALCOOZCOUZ.

Poorqnoi toi parler d'hier au soir? Moi m'étre eDdorrai toutrà- IHieare, après avoir pris du poison de peur que mon maître De tuât moi À cause de l'escapade de la jument. Mais puisque la jument être revenue, et que moi n'être pas mort du poison» Allah aoii loué» et fiartons!

DON ALVAA.

Que contes-tu là? Ta étais ivre la nuit passée.

ALcouzconz.

Oui, si le poison rendre ivre, moi l'avoir été. Moi avoir la bouche sèche comme pierre à fusil» et la langue conune amadou.

DON ALVAll.

Va-t'en ; je ne veux pas qu'une autre fois ta sottise me fasse per* dre mon bonheur. Hier je manquai, à cause de toi» l'occasion la plus heureuse! je ne veux pas, par mon imprudence, éprouver aujourd'hui la même disgràee.

ALCODZOOUX.

Ni

Pas ma faute, à moi!., faute à Zara, qui m'avoir dit que eTétaît du poison» et moi m'avoir empoisonné pour mourir.

On entend dn bnril.

DON ALVAA.

J'entends du monde qui vient de ce côté. — Gàchoni-nous en attendant qu'on soit passé.

Us se etdieBt.

Bntre 6ARGÉS avec d'antres Soldats.

OARcfts.

Voici l'ouverture de la mine qui se prolonge sous le rempart, àih prêchez, approches en silence ; placez-vous, personne ne nous TOit. — Voilà que j'ai mis le feu. Maintenant, éloignons- nous jusqu'à ce que le rocher éclate en nuages de fumée et de poussière. Puis, aussitôt après l'explosion, nous nous élancerons sur la brèche qu'elle aura faite, et nous nous y mainiiendrons jusqu'à l'arrivée de nos camarades, qui sortiront, au moment convenu» de l'embuscade où ils sont cachés.

Us sortent.

DON ALVAR

At-tu entendu ce qu'il a dit?

ALcouzconz.

Moi» rien entendu.

DON ALVAR

C'est sans doute une ronde qui parcourt la montagne, et j'ai d<^ mf soustraire à ses yeux. Sont-ils partis ?

VoMâ pouvoir — voir*

JOUHNËE 111, SCÈNE 11. 261

DON ALVAR

ApproeboDg-DOus du rempart. (On entend comme le bruit d'une arme à feu.) Qu'est cela ?

ALCOOI^UZ.

Le canon ayoir une bouche qui parler bien haut ; mais moi ignorer son langage. {On entend l'explosion de la mine,) Mahomet! protége-moi, et qu'Allah te le rende!

DON ALVAR

On dirait que la terre entière vient d'être ébranlée sur les pôles qui la soutiennent.

DON LOPB, du dehors, La mine a éclaté. Tous» tous, en avant l à la brèche!

Où 8uis-je» grand Dieu !... Gomment ces montagnes ont^elles pu enfanter ces horribles volcans?

ALCOUZCOUZ.

Moi n'aimer pas ce feu ni cette fumée K

DON ALVAR

Hélas! quel malheur! quelle affreuse situation!... DéjÀ la ville est dans la confusion d'une alarme imprévue ; de tous côtés des hommes d'armes la parcourent, et peut-être bientôt sera-t-elle saccagée, renversée de fond en comble. Serais-je noble, serais-je amant» ai je ne m'élançais point au milieu des flammes» en gravissant les débris de ces murs? Qu'au milieu de ce désastre je puisse sauver la belle Maléca, peu m'importe ensuite la ruine de Galère et celle du monde entier!

Usort.

ALCOUZCODZ.

Moi n'être ni noble ni amant, si dans cette bagarre moi ne pas sauver Zara. Mais c'est un petit malheur de n'être ni amant ni noble. Moi d'abord sauver ma peau» et ensuite tant pis pour Galère et pour Zara !

Il fori

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