‹ Théâtre de CalderonChapitre 93 sur 96 · FR^D^RIC · texte numérisé non relu

FR^D^RIC

Vous m'avez offensé en doutant de moi.^

l'infante. [

Je souffrais, j'étab éperdue.

Vos soupçons étaient injustes. ,

l'infantb.

Je n'en mourais pas moins.

FRÉDÉRIC

Enfm, TOUS me pardonnez?

l'infante.

11 le faut bien ; car avec vos paroles vous m'avez de nouvMu eaehantée.

FRÉDÉRIC

Croire que je pouvais vous préférer Hélène!

l'infante.

Ohl ne prononcez plus ce nom; il me faït mal.

FRÉDÉRIC

Eh bien l il ne sortira plus de ma bouche.

l'infante.

Vous me le promettez ? Adieu.

BIlaMfC.

FRÉDÉRIC

Ah! combien l'on a raison de dire que l'amour est aveugle, puisqu'il méconnaît ceux qui lui sont le plus dévoués.

Enlre HÉLÈNE.

HÉLÈNE

C'est bien, seigneur cavalier! vous faites aux dames de bellçs pro messes, et je suis curieuse de vous les voir tenir! — Eh quoi!... gentilhomme ingrat, hôte sans cœur, la protection que je vous ai donnée, la bienveillance avec laquelle je vous ai traité, méritaientelles de vous une pareille récompense?

FRÉDÉRIC, à part,

ciel l n'avais-je pas assez de tant de peines et d'ennuis I

Ah ! lorsque ie vous *i accueV\^V DSiUNte «x\s\^%^^.\w%^^\ix^>a*

ai accordé un asile où tous fussiez à l'abri des rigueurs du sort, je n'aurais pas cru qu'un jour vous dussiez payer mes bontés de tant d'ingratitude? Pourquoi, après avoir excité ma compassion sous un nom emprunté, m'offensez-vous comme cavalier? Pourquoi, aimant l'Infante, vous êtes-vous joué de moi? Je sais qu'elle est tout à la fois le soleil et la mer, le printemps et le ciel ; mais ce n'était pas une raison pour vous conduire aussi mal a mon égard... Mais, sachez-le du moins, je me vengerai de ces indignités, je me yengerai avec éclat. Le roi saura ce qui se passe I

VRÉDÉRIC,

Charmante Hélène, daignez m'en tendre.

HÉLÈNE

Comment osez-vous prononcer mon nom?... Ne craignez-vous pas qu'il blesse votre bouche ? N'avez-vous pas peur d'affliger l'Iqfante ?

FRÉDÉRIC

Daignez m'entendre, madame, au nom du ciel; et ensuite ordon-^ nez de moi ce que vous voudrez ; je mets à vos pieds mon honneur et ma vie! — Je suis un cavalier de la suite du prince Frédéric, qui est venu ici dans l'espoir de se faire aimer de l'Infante. Lorsqu'il fut arrêté, je parvins à m'échapper, en laissant mes vétemens dans la forêt; vous pouvez vous le rappeler, le jour où je me présentai devant vous, ce fut le jour même de son arrestation. Depuis, vous r^ez remis en mes mains. Et permettez-moi de le dire, car cela vous prouve ma fidélité et mon dévouement, — bien qu'il soit mon maître et mon prince, je l'ai gardé avec un soin-sans égal, veillant à ce qu'il ne s'éloignât jamais de moi. Enfin je l'ai gardé comme si moi-même j'eusse été avec lui prisonnier. — Si donc j'ai rempli mon devoir en serviteur loyal et fidèle, de quoi pouvez- vous vous plaindre ? et si je ne vous rends point d'hommage, ne suis-je pas pour vous un pauvre marchand ? — Quoi qu'il en soit, je vous ai voué au fond du cœur uAe reconnaissance infinie de vos bontés ; mais je ne puis pas vous la témoigner, lorsque je me donne pour le prince de Mantoue et l'adorateur de Marguerite.

IIÉLÈNR.

Ce que vous dites là ne saurait vous justifier ; car enfin vous avez manqué de franchise à mon égard, — vous m'avez trompée.

De grâce, Hélène...

HÉLÈNB.

Ne m'appelez pas par mon nom.

FRÉDÉRIC

Hélas ! voici le roi. Songez-y bien , si vous dites un mot, je sais mort.

Eh bien ! que la jalousie tue celui q\i\ ti\V.mov\w ^%V^^^»«^^ If. "^

, je f pus laisM.

ta mt fait pa» jusqu'où peut

:j« Toudraii «t d« raatre je tou-

•ei toute l'éà9 riofimle.

me dire, et ce que que de m'affliger inffite s*eât éprise

vr

^^■oîlit

■Ml. Il eo est

épouse un traître,

le TÔCre, — de-

KUetort.

OMiin^nt satisfaire en

I les contenter tou-

ct fae raulre sollicite sa

ée Marcnffîte : ainsi Texige

t d^Hâàaa se calmera pea

ULCimARK.

Edouard de Sicile nombreuse année» et

iOUHNEE III, SCÈNE i. te?

LE ROI

La cdlère et l'orgueil m'ehgageraieiit à repousser la force par la force ; mais il vaut niieux suivre les inspirations de la prudence, et je vais te confier mes intentions. L'infante Marguerite» — ainsi I*a Toulu le ciel pour mon ttialheur, — Tinfanië Màrgiièfitè aime Frédéric, et de là est venue tettc profonde iiiélancolie qui a mis sa vie en danger... Je tiens cela d'Hélène et de Séraphine, et je le savais d'ailleurs d'une manière (iositive... Mon projet serait donc de les marier.

LE CAPITAINfe.

Sire...

LE tioi.

Une seule chose m'arrête... c'est que je crains que Ton ne bl&me oe mariage à cause de l'état déplorable dàds lé^hel le tH^iite la raison du prince Frédéric.

LE CAPITAIIIB.

Désabusez-vous : ce sont ses ehagrins c|lll l'ont mit en cat état. Une fois qu'il sera libre, il ^ecouvreréÂuSsitOlla lAfiié êl sdU hbh 6ens.

LE àoi.

Je l'espère. — Mais avant de lui doùiiei- U Màiii de l'itlhible, il faut que je fasse une épreuve. Justement Toici Marguerite.

Entre L'INFANTE.

LE iiAPitAlNB.

La princesse parait bien triste.

LE ROI

Eh bien! mon dnfant» comment ya ta tHéllfieOlie?

l'iifFAim.

Hélas ! toujours la même, et comme mes pleurs vous ritlâtqtliiit, la joie ne peut plus refatrer dans mon cœur.

LE Rôi.

J'attends de toi un service.

l'invants.

Quel estril ?

itfndi.

Je craint beaucoup ^ue cette prison ne soit fttéle àë f fiticft Freddie. Ôr, s'U venait à mourir, né pbmniAtt-M pà9 Mite ^iàê f ai moi-même hâté ton trépas? Que ne dirait-on pas en Sicile?

l'infante.

Eh bien! qu'ordonnez-vous?

LE ROI

Si tu le voyait aujourd'hui» cela lui rendrait un peu de courage; sa santé et ton esprit s'en trouveraient également bieUi — Il faat que tu le voies. Je t'accompagnerai.

l'infante.

Je vous obéirai, tire.

LE «OUER DE SOI-HÊME.

LB EOi, à part.

Tite coMcnii , et je rois dans ses yeux qu'elle en est Mail ne nous trahissons pas.

l'ixtantb, à part.

JÙÊt fMt ^aa MOB père m'aura vue en présence de celui que j'aime, 8 se paoïra pl«s s*app«ier à mon mariage.

llsiortent.

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