‹ Théatre de Calderon, traduitChapitre 123 sur 156 · DEUXIÈME ALGUAZIL · texte numérisé non relu

DEUXIÈME ALGUAZIL

mtez a part. Cette dame doit être ici prisonnière; vous veillerez sur elle.

Je n'y manquerai pas.

Les alguazils et les domesli'|iics sortent. I.1SARDA.

Sont-ils partis?

CELIA

Oui, madame, les voilà dehors.

LISARDA.

Ote-moi vite cette mante, Telia.

m ci:.

Qu'y a-t-il donc, madame? Nous, prisonnière dans votre propre maison! vous, établie geôlière de vous-même1! Conlez-moi, de grâce, cette aventure; je meurs d'envie de la savoir.

1 Tu de li misma Alcnytlesn.

0 .11' ron i com{>osé une pièce intiiul<;e T Monjde de si mistno, le Geùliet <le'.J>*««'«e >u 'Mit 50 '.jarde lui-iu^rne. l'tut^lrc teil-il ici allmiwi à celle ptécu.

JOGRNEE II, SCENE i. -2T1

Lis ah d a.

Que veux-tu que je te conte, Nice? Je suis malheureuse ; c'est te dire assez que l'amour et la fortune conspirent contre moi. Mon père ce matin m'a donné à entendre à mots couverts cl d'un air affligé qu'il était instruit de ma folle passion. Je n'ai pas voulu le croire. Ce soir je suis sortie; il m'a suivie, m'a trouvée, et...

CELIA

Laissez donc, madame. Comment pouvez-vous imaginer que votre père, pouvant vous retenir sous un prétexte ou sous un autre a la maison, eût préféré se mettre a votre recherche avec une troupe d'alguazils, vous surprendre ainsi en faute devant tant de monde, et rendre lui-même son injure publique?... Non, madame, cela n'est pas possible. Ma seule crainte a été qu'on vous reconnût là-bas ou avant que vous ne fussiez de retour à la maison. A cette heure que nous y sommes je ne crains plus rien... J'ai peur seulement qu'il ne s'informe de la prisonnière qu'il a envoyée ; car je ne doute pas que, quand il vous a arrêtée, il ne vous ait prise pour une autre.

LISARDA.

Tu es sotte, Celia; tu ne réfléchis donc pas qu'il a dit : «Je tiens à la réputation et à l'honneur de cette dame autant que si j'étais son père. C'est en sa considération que je vous ménage.» Il m'a donc reconnue; car ce ne sont pas là des paroles jetées au hasard. Tu réponds qu'il n'aurait pas voulu que l'on me vît. Fort bien ; aussi a Ml commandé qu'on me laissât me couvrir de ma mante. Ne me contredis pas; je suis sûre qu'il m'a reconnue.

CELIA

Et que comptez-vous faire ?

LISAnDA.

Me jeter à ses pieds dès qu'il arrivera, et lui avouer... lui dire que mon ennui a été cause que je suis allée me promener dans ce jardin. — Après tout, un père ne tue pas.

CELIA

Non, madame; mais quelquefois...

Entre FLERIDA.

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