‹ Théatre de Calderon, traduitChapitre 53 sur 156 · I)0.\ ARIAS · texte numérisé non relu

I)0.\ ARIAS

Comme je sais quelle est la noblesse de votre cœur, je serai toujours satisfait d'avoir eu l'occasion de vous parler. — J'ai connu en ma vie un amant à moitié fou, scrupuleux au dernier point, et jaloux comme on ne l'est pas, qui aurait mérité d'être puni par le ciel dans son mariage. Don Gutierre le connaît mieux que moi encore; don Gutierre qui, après s'être si fort effarouché pour avoir rencontré un homme dans la maison de sa maîtresse, ne s'effarouche pas aujourd'hui en voyant ce qui se passe dans sa propre maison,

DOXA LÉOXOR.

Seigneur don Arias, il m'est impossible de vous écouter davantage ; car en ce que vous dites, ou vous êtes trompé vousmême, ou vous cherchez à me tromper. Don Gutierre est un tel cavalier, que, dans quelques circonstances qu'il se trouve, il saura toujours agir et parler comme il le doit; un tel cavalier, que jamais il ne souffrira d'injures de personne, non pas même d'un infant de Castille. Si vous avez pensé qu'avec cela vous flatteriez mon ressentiment, vous avez mal pensé, don Arias. Vous l'avouerai-je? vous avez beaucoup perdu dans mon esprit ; car si vous eussiez été vraiment noble, vive Dieu! vous n'auriez pas ainsi parlé de votre ennemi. — Pour moi, bien que don Gutierre m'ait publiquement outragée, et que je sois toujours prête a le tuer de ma main, loin de dire de lui le moindre mal, il est un homme, je le déclare, plein de loyauté et d'honneur. Sachez cela, don Arias.

Elle sort.

don arias, seul.

Voilà une femme qui a de dignes sentimens, et qui m'a donné une bonne leçon. J'en profiterai. Je vais de ce oas trouver l'infant, et je

le prierai de se choisir un antre confident pour ses amours. — Le

jour disparaît, ne tardons pas. Non, quoi qu'il puisse m'en coûter,

et dussé-je périr, non, je ne l'accompagnerai pas à la maison de don

Gutierre.

Il sorl.

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