‹ Théâtre de campagne: 1-9 sʹerChapitre 23 sur 70 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

THERESE (tournée du côté d'un personnage hors de vue).

C'est entendu, je vais encore me déguiser, mon cher photographe! nous ferons une nouvelle pose. — Mais je vais être hideuse, avec une barbe pareille, — tout à fait hideuse. — Enfin !

(Elle passe derrière le paravent)

Je ne serai qu'un instant. — Ne vous impatientez pas, mon cher photographe. Je vous demande bien pardon de vous tenir si longtemps aujourd'hui. Ce sont mes diables de favoris qui ne veulent pas tenir en place... Dieu!..* que c'est gênant!... Là... le chapeau, maintenant... Voilà qui est fait... Je suis prête à prendre la pose. — Me voilà.

(Elle sort de derrière le paravent et apparaît déguisée en homme, mais par le haut du costume seulement, au moyen : i° d'un veston boutonné au col; 2* d'un chapeau

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masculin placé sur ses cheveux roulés en garçon ; 3° d'une paire de favoris à moustaches postiches.

Elle se regarde dans une glace, puis s'assied dans le fauteuil préparé, en disant :)

J'ai l'air d'un clerc d'avoué.

(E lie prend une pose dans le fauteuil, assure son chapeau, caresse ses moustaches, le tout en s'adressant à un photographe invisible pour le public et qui est censé se tenir sur une galerie extérieure.)

Là ! Je suis à votre disposition à présent, monsieur le photographe. La pose est elle bonne comme cela? — Un peu plus de côté, dites- vous?... Bien ! je vous obéis... Y sommes-nous? Vous êtes prêt?' Bon! alors, ne bougeons plus ! Je me tais. (Moment de silence et d'immobilité.) (Elle se lève.) C'est fait!... Ah!... ça n'a pas été long cette fois. (Prenant une photographie sur la table.) Décidément cette épreuve-ci est très bonne. Je la garde... C'est entendu. Mais vous me ferez un autre... cliché... avec la seconde pose que je viens de prendre. C'est le même costume, mais l'allure est nlus cavalière... Là ! main au pi vais ( vent.) les je fort, et à

[Ei à ses culin

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devinerait que ce petit monsieur-là, c'esi je voudrais voir la figure que va faire i mari en recevant ce portrait-là ! — Ah ! ( sieur mon mari en prend un peu trop à moi, dans son voyage! Parti depuis sn lettre de ce matin ne m'annonce pas enc comme devant être prochain. Eh bien!

cet Ulysse se hâte un peu de finir d'erre de sa Pénélope, que sa Pénélope (tapisi lui décocher cette photographie.. Cette (Appuyant avec gaieté.) qu'un audaciei poursuivant a eu l'aplomb d'envoyer à sa l'offre de son cœur!. . . Telle est, du moir cieuse que monsieur mon mari aura à quarante-huit heures,. • Je le vois d'ici malle d'un air furieux, ou la faisant bou jours d'un air furieux, et se disposant i d'ailes à Paris pour y pourfendre Fins Anatole ! . • . Mais comme nous rirons ens mystérieux insolent... lui tendra son f sei»! (Elle consulte la pendule.) Grand Di heures et j'oubliais ma chère cousine qu:

voir... Serrons tout cela bien vite, vite!

charmante femme mais elle est si bavarde cœur d'or, certainement, mais quelle te et quelle faiseuse d'histoires!... Tout p bon... Il lui suffirait de trouver ici cett< pour inventer je ne sais quoi!... C'est à couvent nous l'avons surnommée la Mar Hâtons-nous de dérober ces portraits i indiscret... Ciel! du bruit! C'est la voixd trop tard... je suis prise...

THERESE, à part.

Hou!... la vilaine curieuse! (Haut.) \ la tête d'un monsieur sans importance., connaissez pas. (Elle veut lui reprend phie.)

ÉLODIE, la retenant.

Je ne dis pas le contraire ! mais laissez encore, vous semblez bien pressée de l'ô

THÉRÈSE

Je vous répète que c'est un inconnu, i

ÉLODIE

Un inconnu?... un indifférent?... El mettre dans votre album?

THÉRÈSE

Je faisais un tri... Je choisissais les po ver. (Elle veut reprendre sa photographi faisait pas partie.

ELODIE, retenant le portrait

Permettez ! Permettez ! . . . mais il me

le connais, moi, cet inconnu, ce beau

vous mettez à la porte de votre albun

étrange !

THÉRÈSE Vous le connaissez!... Ah! par exempl

ÉLODIE Eh ! pourquoi ne le connaîtrais-je pas

THÉRÈSE

Je ne sais!

ÉLODIE

Vraiment! Ces maris sont tous les mêmes. . » Il a tort de s'absenter ainsi sans emporter un album si bien habité.

THÉRÈSE

Que veut dire cette plaisanterie ?

ÉLODIE Mon Dieu 1 ne vous fâchez pas, ma chère Thérèse ! Vous savez, je suis la franchise même; je ne sais rien dissimuler, moi,. •

THÉRÈSE

Mais, de mon côté. . . croyez bien, . .

ÉLODIE

Oh! je vous crois!.,. Seulement permettez-moi de vous dire qu'en vous trouvant en train de regarder... (avec votre Clarisse en faction à la porte) la photographie d'un monsieur... fort agréable à voir... je l'avoue. ..

THÉRÈSE

Mais allez donc, ma chère cousine, allez donc!... dites tout de suite que c'est mon amoureux en titre.

ÉLODIE

Ah ! c'est comme cela ! quel courroux ! . . , En tout cas, et c'est très sérieux ce que je vais vous dire. . . car

ÉLODIE

Et pourquoi non?... Mais il que vous ne puissiez croire que homme. . . vous n'êtes que le nun

THÉRÈSE

Ma foi, je vous laisse parier. . .

ÉLODIE Et vous faites bien ! . . . Écoutez-; amie ; c'est parce que j'ai souci de enfin parce que nous sommes entre nous devons aide et protection, qu jusqu'à vous dévoiler un poétique ( aujourd'hui bien mort, afin de vc contre cet homme, et pour vous < déceptions...

THÉRÈSE

Vous êtes vraiment trop bonne abasourdie. Ce roman me casse b m'y attendais si peu, bien que voui longtemps...

ÉLODIE

Mais ce n'est pas un roman, c'es vous croyez que ce monsieur n'a ; autre que vous les paroles mielleus votre intention?. . . Pauvre Thérèse

THÉRÈSE

Mais il ne m'a jamais fait d'aveu,

THÉRÈSE, prêtant l'< On parle dans l'antichambre.

vais lui faire confesser son crime !

réflexions, ma belle.

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