‹ Théâtre de campagne: 1-9 sʹerChapitre 27 sur 70 · L'ARCHEVÊQUE DE BÉZIERS · texte numérisé non relu

L'ARCHEVÊQUE DE BÉZIERS

Voici l'aventure qui est arrivée à mon grand-oncle, l'archevêque de Béziers.

Je tiens ce récit de ma cousine, qui le tenait de sa mère, qui le tenait de sa grand'mère, qui le tenait ellemême de sa sœur, qui le tenait de sa grand'tante; cellelà c'était la sœur de mon grand-oncle, l'archevêque de Béziers. On voit que jamais document ne présenta de plus sérieuses garanties.

C'était à l'époque où les pauvres diables qui avaient commis quelque indélicatesse étaient pendus haut et court.

Le docteur Guillotin n'avait pas ejncore inventé sa petite machine, mais ce bienfaiteur de l'humanité avait déjà des précurseurs. Beaucoup d'intelligences d'élite cherchaient assidûment à résoudre ce problème : « Pendre avec célérité et discrétion. » Ces pionniers de l'idée voulaient rendre la pendaison plus douce, plus aimable, plus émolliente, presque appétissante.

Comme toujours, ces inventeurs voyaient les obstacles s'accumuler devant eux. On les traitait de rêveurs, de songe-creux et même de... crétins. Les bourreaux

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