‹ Théâtre de campagne: 1-9 sʹerChapitre 29 sur 70 · L'ARCHEVÊQUE DE BÉZIERS · texte numérisé non relu

L'ARCHEVÊQUE DE BÉZIERS

Le condamné n'avait pas besoin d'être persuadé. Déjà il tendait le cou.

— Oh ! pas ici ! dit doucement mon oncle. Je ne me charge que de la théorie. Nous allons chercher un bourreau pour la pratique.

Et, comme il était inutile d'insister de nouveau auprès de celui de Béziers, on se dirigea vers Carcassonne. Monsieur de Carcassonne refusa comme son confrère de Béziers.

— Si nous allions à Castelnaudary ? dit mon grandoncle.

— Oui, répondit le condamné, là, on sera peut-être plus accommodant.

Mais à Castelnaudary, nouveau refus.

— Revenons à Montpellier, c'est une grande ville.

— Oui, ajouta le condamné, on ne doit pas y avoir de préjugés.

Montpellier refusa nettement le fil métallique de mon grand-oncle.

Ils allèrent jusqu'à Nîmes et à Avignon. Ils retournèrent sur Toulouse, Montauban, Cahors, Aurillac. Partout des refus. C'était comme un fait exprès.

Ainsi que tous les inventeurs, mon grand-oncle, l'archevêque de Béziers, s'obstinait dans son idée. Il n'en était pas de même de son condamné. Celui-ci commençait à se décourager.

— C'est fatigant ! disait-il, et il ajoutait avec conviction : — Que de mal on a pour se faire pendre !

— Poussons jusqu'à Saint-Flour ! dit mon oncle. Saint-Flour, lui-même, refusa.

Le condamné était à bout de forces. Cependant il dit à mon oncle, pour lui être agréable :

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LA BÊTE NOIRE

Comédie en un acte

Par MM. Emile MENDEL et CORDIER

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LA BÊTE NOIRE

Le théâtre représente un salon. — Portes au fond et latérale. Fenêtre. — Fauteuils et canapés. — Table avec fleurs. Cheminée. — Ameublement riche.

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