‹ Théâtre de campagne: 1-9 sʹerChapitre 30 sur 70 · LE DOCTEUR DORTHEZ, FRÉDÉRIC, MIETTE · texte numérisé non relu

LE DOCTEUR DORTHEZ, FRÉDÉRIC, MIETTE

(Le docteur entrant avec Frédéric le bras en écharpe.)

DORTHEZ Maman Miette, faites porter les bagages de ce jeune homme dans la chambre à côté de la mienne. {S' arrêtant.) Regardez-le bien. Qu'en dites- vous?

MIETTE

Dieu me pardonne ! Je ne me trompe pas. M. Frédéric! après six ans d'absence.

DORTHEZ, à Frédéric.

Je ne le lui fais pas dire. . •

FRÉDÉRIC, avec embarras.

J'ai eu tant à faire !. . .

byGoatl

■P^f^sp.y-

LA BÊTE NOIRE

DORTHEZ

Je ne vois pas...

FRÉDÉRIC Depuis vingt ans, tu déjeunes, dînes et soi Tu y es fait. Ta maison de santé... où tout ] malade, m'attriste. Jamais ! je ne pourrais cette atmosphère. ( Vivement.) D'ailleurs... j'i

DORTHEZ, riant.

Tu m'intéresses... mais raconte cela à M remplacera son Petit Journal.

FRÉDÉRIC, à Miette.

Tu vas comprendre cela, toi ! Les Mirli Anglais! Elle est blonde, puis brune, puis c blonde ! Le cheval est bai-clair ! Dix contr sieurs ! il y a vingt mille francs à la banque ! j redevenue brune ! J'ai un alezan maintena prix ! La coupe ! Les Pigeons. Halanzier 1 pas! Nice, Monaco... Newmarket! Elle es fin!... Vois-tu, maman Miette, il faut une pour suffire à tout cela !

DORTHEZ, à Miette.

Vous avez de la peine à saisir... je le vois chez pas... vous ne comprendriez jamais. I rer la chambre. Frédéric restera ici jusq rison.

MIETTE, bas au docteur.

Cette foulure a dû lui déranger la cervi pas, monsieur? Il me semble qu'il divague

LA BÊTE NOIR

DORTHEZ

Un homme sérieux. . .

FRÉDÉRIC

Mais célibataire...

DORTHEZ En cheveux blanc. . .

FRÉDÉRIC De célibataire...

DORTHEZ

Officier de la Légion d'honneur

FRÉDÉRIC Toujours célibataire.

Tu m'ennuies à la fin... Je n'ai

FRÉDÉRIC

Ça, c'est un prétexte...

DORTHEZ Tu ne veux donc pas te marier ï

FRÉDÉRIC

Moi ! Jamais... complètement.

DORTHEZ

C'est insensé !

FRÉDÉRIC

Je vais te parler sérieusement...

LA BÊTE NOIRE. l8l

Il jeta sa belle-mère par la fenêtre ?...

FRÉDÉRIC

Non ! Il s'y jeta lui-même !

DORTHEZ, gravement.

Ce fut une faute.

FRÉDÉRIC Il la fit ! Eh bien, mon oncle, cela m'a décidé, et ce jour-là, en rentrant chez moi, je jurai sur la tête de Métella...

DORTHEZ

. Je ne connais pas. . •

FRÉDÉRIC

Peu importe... C'était la tête qui me servait alors pour jurer, que jamais, jamais, il n'entrerait de belle -mère chez moi.

DORTHEZ

Cela a dû être sublime.

FRÉDÉRIC

Attends la fin... et vois ma déveine ! Trois jours après, j'acquérais la certitude que la cuisinière de Métella, était sa mère. J'avais l'ennemi chez moi A Mon oncle ! Une belle-mère sans le savoir 1 Et mon beau-père. .. était mon oocher ! Cela m'a dégoûté.

DORTHEZ Et tu as mis tout le monde à la porte i

LA BÊTE NOIRE. 1 87

heure qu'on entre dans sa chambre, on la trouve éveillée et pleurant. Rien ne peut la di^raîr^.

DORTH Et que vous dit votre médec

MADAME DE BEI Il craint pour la poitrine ! .

DORTH

Allez la chercher, chère ami en attendant que tout soit ten ment.

Page 1