‹ Théâtre de campagne: 1-9 sʹerChapitre 41 sur 70 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

AGÉNOR, seul.

(// est paresseusement étendu sur i d'une robe de chambre et chaussé di fume une cigarette. On entend sonner , une pièce voisine.)

AGENOR, sans se déranger.

Oui, sonne, ma bonne amie; va, so voudras : ça m'est bien égal, aujourd'h C'est bien dix heures ! Quand je pense c core, à pareille heure, je m'écriais, effai ma redingote ? Où as-tu mis ma redinf que je serai encore en retard au bureau feuille de présence ! » [Riant.) Ah ! ah présence ! Elle peut m'attendre à préseï

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libre comme l'air. Et encore!... l'air!... on le comprime. Non, il n'y a pas au monde de comparaison qui puisse exprimer combien je suis libre.

(A ce moment, il se lève du canapé, et s'avance vers le public.) Et tout cela, je le dois à ma tante Anastasie, — excellente parente, dont la perte m'est bien allégée par cette circonstance qu'elle était brouillée avec sa famille et que je ne l'ai jamais vue. — Aussi, maintenant que j'ai liquidé ma tante, et que le notaire m'a assuré que j'étais à la tête de huit mille livres de rente, je ne fais ni une ni deux, j'envoie carrément ma démission au ministre des Travaux Forcés... (Se reprenant.) je veux dire : des Travaux Publics, chez qui j'émargeais de modestes appointements de deux mille sept cents francs. (Montrant une lettre placée sur la cheminée.) Voici la lettre que je vais faire porter aujourd'hui même.

Et voilà comment, ce mercredi quinze avril, jour de terme, au lieu de descendre cet escalier quatre à quatre, je flâne à cette fenêtre, (// s'approche de la fenêtre») drapé dans ma robe de chambre, et les pieds bien à Taise dans ces moelleuses pantoufles. (Regardant par la fenêtre et avisant quelqu'un qui passe au dehors.) Tiens! c'est Béquillard ! Bonjour, Béquillard ! ça va bien ? — Moi aussi, merci!

Ah ! comme il court! C'est pour signer la feuille. Oh! cette feuille ! C'est humiliant* et rien qu'à cause d'elle* si j'avais un fils, je le détournerais bien de se faire employé. (Regardant toujours par la fenêtre*) Il est déjà loin; — Ce pauvre Béquillard! Que va-t-il devenir aujourd'hui, et qui lui fera son piquet ? Car* enfin, c'était réglé comme du papier de musique; et, il faut bien le dire, cette régularité de la vie administrative a du bon. De dix heures à

ipr'

L HEURE DE LA LIBER

AGENOR

L'air de la liberté : c'est encore pli la mer ou des pins d'Arcachon. — pins d'Arcachon ! voilà une chose qu' nos moyens nous le permettent.

VICTORINE Oh! nos moyens! nos moyens! P trop vite. Huit mille francs de rente loin que tu as Tair.de le penser. Ah nor! on voit bien que tu m'as toi d'aligner les chiffres du livre de de'p<

AGÉNOR Bah! nous vivions bien avec quat

VICTORINE Dis que nous vivions mal, et ei vrais prodiges d'e'conomie, dont vc pas, vous autres hommes, soit dit sai autres femmes.

AGÉNOR Enfin, si nos huit mille francs n loin, loin, ils nous mèneront toujo cachon* quand ce ne serait qu'en trc

VICTORINE Tu tiens donc bien à Arcachon?

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