IIO LE PREMIER PAS
M. Fortigny, n'est-ce pas? J'ai bien la tête à penser à lui... (Elle déchire la carte.) Il est en bas?... il attend?..» Vous lui direz que quand mon mari n'est pas à la maison, je ne reçois jamais de jeunes gens... Jamais! entendezvous?... D'ailleurs cet hôtel va être vendu!... mes chevaux aussi!... mes diamants aussi 1... Nous allons être pauvres, mon ami... je porterai des robes de jaconas à 6 francs... nous habiterons une mansarde!,.. Vous m'apprendrez à faire la cuisine... car vous ne nous quitterez pas?... n'est-ce pas?... Vous êtes un ancien serviteur... un ami de la famille. . . Mais dites-moi donc quelque chose, Joseph!... Vous voyez bien que j'ai besoin de courage... Vous êtes donc muet?... {Joseph fait signe que oui, )Onyous a défendu de me pdLrler},.. {Même signe.) Mon mari? {Même signe.) Pourquoi cela^.N.. (Joseph hausse les épaules.) Pou- c ue vous ne vous trahissiez pas. . . (Même signe.) Attendez! on voit d'ici la chambre de Paul. {Elle regarde par la fenêtre.) Sa lampe est allumée!... mais le voilà lui-même... Il marche dans sa chambre en fumant... Vous m'avez menti tous les deux... Mon mari n'est pas sorti ce soir... {Joseph fait un signe de dénégation.) Ah! je comprends!... Il est jaloux. Ah! que je t'aime!... Il m'aime assez pour être jaloux... il est trop délicat et il a trop d'esprit pour le montrer...
Nous ne sommes donc pas ruinés^ Joseph?... {Joseph se met à rire.) Mon mari n'a jamais joué? (Joseph fait signe que non,) Bien sûr?... Je comprends... il a voulu me donner une leçon!... Eh bien! Joseph... priez M. de Fortigny de monter et éclairez le salon... {Joseph la regarde d'un air stupéfait.) Etes-vous sourd?... Faites donc ce que je dis... Ahl et vous direz aussi à mon