‹ Théâtre de campagneChapitre 57 sur 97 · SCÈNE DIXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DIXIÈME

CYPRIENNE, DORTHEZ.

DORTHEZ

Et voilà votre secret, Cyprienne f

CYPRIENNE

J'en mourrai I

DORTHEZ

Comment I c'était mon neveu !

CYPRIENNE

Monsieur Frédéric ! votre neveu ! Seigneur I il y a donc de l'espoir !

DORTHEZ

Vous ne le saviez donc pas ?

CYPRIENNE

Et comment voulez-vous que je Taie su, cher docteur ? Nous étions dans cette voiture, ma mère et moi. Nous avions perdu ia tête... Tout à coup, je sens deux bras vigoureux me saisir. J'ouvre les yeux... et je reconnais le jeune homme qui passait tous les matins sous mes fenêtres. Mon cœur ne fait qu'un saut, et je me trouve mal tout à fait... On nous reconduisit à notre hôtel, et à partir de ce jour j'ai senti la vie m'abandonner peu à peu. Il ne revint pas le lendemain... ni le jour d'après... ni les jours suivants. Je devins folle d'angoisse. Aurait-il été tué en me sauvant? Je demandai. J'appris qu'il avait été renversé... relevé inanimé. Sur mes prières, ma mère s'informa de notre sauveur. En vain ! personne ne savait son nom. Il avait disparu. Peut-être expirait-il en m'appelant !... Je perdis la tête... Le chagrin commença son ravage. Je pleurais, pleurais toujours. Je n'osais dire mon secret à personne, et l'on m'a emmenée ici, mourante de désespoir. J'y serais restée... sans cette rencontre inespérée.

DORTHEZ

Vous aime-t-il, mon enfant ?

CYPRIENNE

Le sai&-je? Je ne lui ai jamais parlé.

DORTHEZ, se frappant le front.

Ah ! quelle inspiration l Espérez, chère enfant, espérez I et laissez-moi faire. ,i

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