SCÈNE QUATRIÈME
(Elle entre par le fond, s'arrête et regarde.) Il n'y est plus? tant mieux ! Le tête-à-tête avec cet homme m'eût
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été odieux. (Elle s'assied.) Pas un banc dans tout ce jardin !... Ah 1 pauvre Clotilde, c'est lui qui s'y oppose, bien certainement. Je suis brisée , de fatigue et d'émotions. Depuis cinq ans que nous ne nous sommes vues, que de choses elle doit avoir à me dire, que de chagrins, qu'elle n'a pas osé confier au papier, elle va m'avouer en pleurant l car elle a dû bien souffrir pour m'écrireune pareille lettre. {Tirant de sa poche une lettre et lisant.) « Puisque tu veux absolument que je te parle de moi, je te dirai que je ne suis pas heureuse; mon mari... » Monstre! Je le hais, cet homme!., t Mon mari, qui ne m'aime plus... » Qui ne l'aime plusl.. a Se montre mamtenant sous son vrai jour : il est violent, emporté ; les scènes qu'il me fait deviennent intolérables; il en arrivera à me battre... » (Elle se lève.) La battre!.. J'arrive à temps. Est-ce qu'elle peut continuer à vivre avec ce...? Je ne trouve pas de mot assez fort. {Marchant avec agitation.) Ah\ monsieur! parce que vous êtes le mari, que vous avez eu le bonheur de rencontrer une femme douce, résignée, vous vous croyez le droit d'abuser de votre exécrable pouvoir ! Eh bien ! nous le traînerons devant les tribunaux, votre pouvoir! Nous prendrons des défenseurs ; nous aurons nos juges, nos avoués, nos avocats, nos témoins. (Rentre Lucien.) Et nous vous ferons condamner, chasser d'ici et mettre en prison 1
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