ANDRONIC, MARTIAN
ANDROIVIC.
Le dessein en est pris , rien ne m'en peut distraire .• Hâtons, cher IMartian , un départ nécessaire j Abandonnons des lieux où je ne puis rien voir Qui ne me soit l'objet d'un mortel désespoir.
MARTIAX.
Eh quoi ! vous flattez -vous que, loin de cette ville,. Que sous un autre ciel vous serez plus tranquille ? IXon , seigneur^ vos chagrins ne vous quittei'ont pas. Changerez-vous de cœur en changeant de climats ? Et croyez-vous sentir, en sortant de Bysance , Des transports moins prçssans et plus d'indifférence ?
ANDRONIC
Kon , non , d'aucun repos je n'ose me flatter : C'en est fait, mes tourmens ne me sauraient quitter , Loin de guérir des traits dont mon ame est blessée . Je n'en puis seulement concevoir la pensée. Irène est trop charmante , et je sens mon amour. Sans espoir, sans désirs, s'accroître chaque jour. Je la vis , je l'aimai dès sa plus tendre enfance • Cet amour s'est nourri de cinq ans d'espérance : Ses yeux sont plus puissans qu'ils ne l'étaient alois, Et je ferais contre eux d'inutiles efforts