‹ Théâtre de CampistronChapitre 110 sur 302 · ACTE I, SCEZvE II. I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCEZvE II. I

OPO^TE.

Moi, monsieur ?et comment voulez-vous que je fass^.' A moins d'avoir un titre et solide et consLant, Puis-je...

M. MICKAUT.

Bon î tous les jours vous en faites autant. Tout vous dcvieBt possible , étant ce que vous êtes. Vos Mercurcs sont pleins de nobles que vous faites , De noms si biscornu? , s'il faut dire cela , Qu'on ne peut être noble et porter ct?s noms-là. Ae me refusez pas ce que je vous demande; De toutes les rigueurs ce serait la plus grande , Et mon hymen rompu me ferait enrager.

OROXTE.

Je voudrais fort, monsieur, vous pouvoir obliger. Je puis à la noblesse ajouter quelque lustre , Et rappeler de loin une famille illustre ; Mais, dans tous mes écrits, jamais aucun appas jN e m'a fait anoblir ce qui ne Fêtait pas. jN'entrevoyez-vous pas dans toute votre race De gloire ou de valeur quelque légère trace? Aucun de vos aïeux ne s'est-il signale?

M. MICUAUT.

Ma foi ! mon père est mort sans m'en avoir parle ; Et de tous mes aïeux , puisqu'il ne faut rien taire , Je n'en ai point connu par-delà mon grand-père.

ORONTE

Qu'ëtait-il ? Avait-il quelque grade ?

M. MrCHACT.

Entre nous ^ Feu mon grand-père était moïisqiictuire à genoux

OROKTE.

Quelle charge est cela ?

M. MICKAL'T.

Cest ce que le vulgaire.

En langage commun , appelle apothicaire.

OROKTE.

Fi!

M. MïCHAt'T.

Depend-il de nous d'^re de qualité ?

i^ LE MERCI RE GALAÎS'T.

Quand on m'a voulu faire ai-je ete consulté ?

*ians savoir ce qu'il fait , le hasard nous fait naître ,

Et ne demande point ce que nous voulons être.

Mon î)èrc fut d'un cran plus noble que le sien 5

il se fit médecin, f;a£;na beaucoup de bien ,

l\'eut que moi seul d'enfans ; et, passant mon attente ,

Me laissa , par sa mort, cinq mille ccus ^e rente

Comme Paris est grand , j'ai changé de quartier :

Je me fais par mes gens appeler chevalier ;

La maison que j"occu[->c a beaucoup d'apparence ,

Fa personne à présent ne sait plus ma naissance.

Faites-moi gentilhomme, il n'est rien plus aisé.

OROïTF..

Je voudrais le pouvoir , j'y serais disposé; IMais le roi qui peut tout aurait peine à le faire. Le père médecin , l'aïeul apothicaire, Le bisaïeul peut-être encor moins que cela : Qui diable serait noble à descendre de là ? Pour remplir vos désirs il faut faire un prodige - Je ne puis.

M. MÎCHAUT.

GrelTez-moi sur quelque vieille tige; Cherchez quelque maison dont le nom soit péri; Ajoutez une branche à quelque arbie pourri; Enfin, pour m'obliger , inventez quelque fable. Et ce qui n'est pas vrai , rendez-le vraisemblable. Un homme comme vous doit-il être en défaut ^

OROXTE-

Et comment, s'il vous plaît , vous nommez-vous?

SI. MICHAUT

Michaut.

ORONTE

Ce nom-là n'est pas noble assurément.

M. MICHAUT

Qu'importe?

OROKTE,

Michaut! un gentilliomme avoir nom de la sorte ! Ctla ne se peut pas , vous dis-je.

M. MICHAUT

Pourtpioi non?

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