‹ Théâtre de CampistronChapitre 117 sur 302 · ACTE II , SCENE II. i.g · texte numérisé non relu

ACTE II , SCENE II. i.g

11 ne voit qu'en lui seul un mérite qui brille, Et tout autre lui semble indigne de sa lîlle. Il va , dans un moment , vous l'amener ici. Cécile de frayeur en a le cœur transi : Elle craint, et sa crainte est assez rai.sx:tnnable, Qu'elle ne soit ofierte à l'auteur véritable ; Et de monsieur son père ayant loué le choix, Pour oser se dédire elle eÙt manqué de voix. Pour détourner un coup ;\ ses vœux si contraire, J'ai cherché ce logis de libraire en libraire. Enfin , monsieur Blagear, qu'on a fait à dessein, Trop petit pour unhomme et trojj grand pour un nain ^ Avec civilité m'en a donné l'adresse ; Kt parle zèle ardent que j'ai povir ma maîtresse , A vous trouver chez vous n'ayant pas réussi, Je me suis hasardée ù venir jusqu'ici.

Avant qu'à vous y voir elle-même s'expose, Apprenez-moi, monsieur, comment va toute chose.

OKO^'TE.

Tout va comme Cécile à peu près l'a voulu : De ce logis entier je suis maître absolu. La plus tendre amitié qu'inspire la nature , M'unit étroitement à l'auteur du Mercure: Nous portons même nom , avons mêmes aieux . Et son père et le mien étaient frères.

LISETTE

Tant mieux.

Pour faire le contrat qui vous est nécessaire , A point nommé , monsieur, il fallait un faussaire ;^ Mais du gendre qu'on cherche ayant le même nom , De votre tricherie on n'aura nul soupçon. Ce qui peut mettre obstacle au bien qu'on vous destine.- C'est que pour un auteur vous avez bonne mine : Cette grande perruque, et ce linge , et ce point , Avec le nom d'auteur ne sympathisent point. J'en vois par-ci, par-là; mais ils ont tous l'air mince; Et sous cet équipage on vous croirait un prince. Par-là votre dessein peut être divulgué. •Son^tz...

Qo LE MERCURE GALANT.

ORO\TE

Je représente un auteur distingué, A qui , de compte fait, le débit de ses livres Rapporte tous les ans plus de dix raille livres.

LISETTE

Vous ne me dites pas que je m'arrête trop. Pour regagner le temps je m'en vais au galop; Encore une parole , et puis adieu. Cécile, Comme je vous ai dit , n"a pas Tesprit tranquille ; Et, pour chagrin nouveau , ce matin, d'un billet Ayant incognito chargé votre valet, Elle a craint qu'en chemin il ne prétiit l'oreille A qui le convierait d'aller boire bouteilL' , Et qu'après le repas il ne fût assez sot Pour ofl'rir un quadruple à payer son écot. Celui qu'il croit avoir , et dont Tappiit le touche , Quoique marqué de même , est une boîte à mouche : Elle enfeime un lîillet, à l'aide du ressort.

MERLIN

Monsieur qui l'a l'ecu m'en a payé le port. ïu peux lui demander si je mens.

0r;0?(TE.

IVon, sans doute , Mais je l'ai mal payé , quelque prix qu'il me coûte. De la part de Cécile un billet m'est si doux...

LISETTE

Il suffît que le sien soit venu jusqu'à vous.

Dans le cœur inquiet de ma jeune maîtresse.

Je vais diligemment reporter l'allégresse ,

En dissiper la crainte, y remettre l'espoir ,

Et flatter son amour du plaisir de vous voir.

Du feu dont vous brûlez , rendez-vous bien le maître;

Gardez qu'il ne paraisse en la voyant paraître :

Monsieur de Boisluisant , le beau-père futur-^

A toujours l'œil au guet, et n'a pas l'esprit dur ;

Profitez de l'avis que mon zèle vous donne.

Adieu , monsieur. Adieu , monsieur Merlin.

M»RLi:V.

Friponne î

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