‹ Théâtre de CampistronChapitre 119 sur 302 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ORONTE, LONGUEMAÎN, MERLIN.

LONGCEMAIN.

N'est-ce-pas vous , monsieur , qui faites ce beau livre Qui n'est pas plutôt vieux qu'il redevient nouveau , Le ■Mercure?

ORONTE

Je n ose avouer qu'il soit beau ; Mais tel qu'il est, monsieur, oui, c'est moi.

LONOnF.M.^IN.

Je vous jure Boiti saidt. 3

-rz LE MERCUKÊ GALA]N*T.

Que par toute la France on cliéritle Mercure. A Tours , il faut savoir quelle estime on en fail.

CROATE

Passons. Que vous plaît-il ?

LOXGUEMAIX.

Vous parhu'en secret.

J'ai mes raison>,

ORONTE, a Merllu.

Ya-fen.

LOJVGUEMAIIV.

Avant que je rac nomme , Je crois en vous, monsieur, trouver un honnête homme.

ORONTE

Si vous m'estimez tel , quoi que vous me disiez , Vous ne trouverez point que vous vous abusiez. Croyez-en ma parole , et n'ayez aucun doute.

LONCUEMAIN.

Etes-vous assure' que personne n'écoute ?

ORORTE.

Parlez sans vous contraindre , et n'appréhendez rien.

LOJÎGUEMAIN.

Pour vivre en honnête homme il faut avoir du bien. La vertu toute nue autrefois était belle , Mais le vice à son aise est aujourd'hui plus qu'elle ; Et de quelques talens dont on soit revêtu, On ne fait point fortune avec trop de vertu. Cela posé , j'ai cru pouvoir tout me permettre Dans les divers étals où Ton m'a voulu mettre. Dès mes plus jeunes ans , dans les plus bas emplois . J'ai toujours eu le soin d'étendre un peu mes doigts. Cette inclination augmentant avec l'âge , Dans des postes meilleurs je prenais davantage ; 3Iais tous ces petits gains, par leurs faibles appas , En flattant mes désirs ne les remplissaient pas.' Si bien que tout d'un coup , Voccurence étant belle - De deux cent mille francs j'ai fraudé la gabelle ^ Et vous m'obligeriez , après ce beau coup-là , De donner dans le monde un bon tour à cela. Ouand on a comme voun une plume si bonne...

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