DU A1ES3VIL
Encor moins.
Pour me manifester tant aux pauvres qu''aux riches. Ces deux mois écoules, j'eus recours aux afEches j Et par tous les endroits où j'e'tais affiche', Je voyais en passait force monde attache' : J'en conçus de la joie; et la chose étant sue, Je me tins assure' d'en avoir bonne issue, Et crus que ma maison crèverait d'écoliers ; Mais le troisième mois eut le sort des premiers , Pas une amc ne vint. Je disais en moi-même, En songeant quelquefois à mon malheur extrême : Tous les gens de commerce ont affaire à Rouen , A Baïeux , à Falaise , à Dieppe , au HAvre , à Caen ; Peu de gens ont affaire à Florence, à Venise, Et c'est par conséquent une grande sottise D'ignorer le normand , et de savoir si bien L'extravagant jargon qu'on nomme italien. L'un est infructueux , et l'autre fort utile. Comme on a vers Tespoir ime pente facile. Je me flattais alors ,. et ni»me avec excès.
Boursault. S
Qu'à la fin mon dessein aurait un grand succès. Je faisais afficher de nouveau ; mais ma peine , Pendant quatorze mois , a toujours été vaine ; Et quoi que cette langue ait de particulier. Je n'ai pas eu l'honneur d'avoir un écolier. Le croiriez-vous ?
OROJfTE.
Moi? non ; cela n'est pas croyable.
nu MESNIL.
Rien n'est plus vrai pourtant, ou je me donne au
diable ; Pas un seul n'a paru pendant quatorze mois : Tant il est vrai qu'en France on fait peu de bons choix î
ORONTE
Et que puis-je pour vous en semblable occurence. Monsieur ?