‹ Théâtre de CampistronChapitre 150 sur 302 · ACTE IV, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE III

Nous verrous sui-le-champ uotix doute e'clairci.

ÉLISE

J'en conjure monsieur.

OP.IAlVE.

Je l'en conjure aussi.

ORONTE

Je me fais un bonheur du désir de vous plaire • Mais commefirt, ea parlant, montrer qu'on sait se taire?

ORIAIVE.

Ecoutez mes raisons , et j'espère...

ÉLISE

Ma sœur, Qui parle la première a le plus de faveur, Que dirai-je après vous sur la même matière?

ORIA^E

L'une de nous , ma sœur, doit parler la première j Et, par mon droit d'aînesse , il me semble devoir...

ÉLtSE.

La qualité d'aînée est ici sans pouvoir. ( Elles parlent toutes deux le plus vite qu'il leur est possible. )

ORIAÎSE.

Quittez l'opinion où cette erreur vous jette : Lne aînée, en tous lieux , parle avant sa cadette.

ÉLISE

Je sais bien qu'en tous lieux et qu'en toute saison, C'est un droit de l'aînée alors qu'elle a raison • Mais si j'ai raison, moi , qu'ai-je à faire de l'âge?

ORIA>E

Apprenez que sur vous j'ai ce double avantage. Que l'âge et la raison sont pour moi contre vous, Et qup votre sottise excite mon couri'oux. Vous croyez que partout votre mérite brijle ?

ÉLISE

Ali ! que par le babil vous êtes encor fille , Ma sœur 1 et que cet art , que vous citez toujours, A votre pétulance offre un faible secours! Vous me traitez de sotte, et, par ce que vous faites, JSoursault. Q

54 LE mercurï: galant.

Je vois qu'au lieu de moi , c'est vous merae qui l'êtes j Et cepeudant, ma sœur, quoique vous le soyez, Je ne vous en dis rien , comme vous le voyez. Je sais dans quel respect la cadette doit être.

ORIANE

L'aînée entre nous deux est aisée à connaître : Vous avez quelque esprit , quelque rayon de feu j Mais pour du jugement , vous en avez si peu , Qu'en voulant faire voir que vous savez vous taire , Vous parlez aujourd'iiui plus qu'à votre ordinaire.

Élise.

Monsieur en est le juge^ il n'a qu'à prononcer.

OBIATVE.

J"ai la bonté pour vous de ne l'en pas presser.

élise.

Pour comble de bonté, faites-moi grâce entière; Permettez qu'à monsieur je parle la première.

ORIASE.

Vous ! me faire l'affront de parler avant moi ! Vous ne le ferez point, et j'en jure ma foi.

ÉLISE

Ni vous aussi, ma sœur, et j'en jure la mienne : Je vous interromprai , sans que riea me retienne.

ORO>'TE , à Oriane.

iNtadame...

ORIAAE.

Non, monsieur j je veux le premier pas..

ORONTE , à Elise.

Madame. . . .

ÉLISE

Non , monsieur • je n'en démordrai pn- OROATE , à Oriane.

Si vous...

ORIAIVE.

Je céderais à cette audacieuse 1 oao>TE , à JE lise.

Croyez.,.

ÉLISE

J'obéirais à cette impérieuse I

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