ACTE II , SCEIS'E IV. ai
Qtu'lcst votre dessein de venir en ces lieux Me faire , maigre moi , recevoir vos adieux? Puisque vous êtes prêt à sortir de Bysance , lS\^n pouviez-vons jiartir avec votre innocence? Avez-vous oublie qu'un serment solennel Nous impose à tous deux un silence éternel ? Qa'il n'est plus entre nous d"'entreticn le'gitime , Ou"un seul mot, un regard, qu'un soupir est un criuic? (^ue , sans cesse attentive à remplir mon devoir, Je mets tout mon bonheur à ne vous plus revoir , Et , quels que soient les maux que vous avez à craindre,. Qu'il ne m'est pas permis seulement de vous plaindre ?
A.\DROMC.
Qu'entends-je? juste ciel! de quoi m'accusez-vous? ^Madame, qu'ai-je fait digne de ce courroux ? Vieus-je vous demander que, d'un œil pitoyable, Vous donniez quelques pleurs au malheur qui m'accable ?
Viens-je vous demander que vous me permettiez, Puisqu'il me faut mourir, d'expirer à vos pieds? Ah ! de votre repos , plus jaloux que vous-même , J'ai soin de m'exiler , parce que je vous aime... Pardonnez-moi ce mot pour la dernière fois , Et songez que je pars sans attendre vos lois j Qu'en vain à me bannir vous étiez re'solue, Puisque déjà mon cœur vous avait prévenue. Depuis ie jour fatal qu'arrachée à ma foi, Madame , vous vivez pour un autre que moi , Quoique toujours brûle jusquesau fond de l'ame , Vous savez si mes yeux ont parle' de ma flamme; Si le moindre transport, un indiscret soupir Vous ont fait soupçonner quelque injuste de'sir; Tout a g'ardé , madame , un rigoureux silence... Mais un ccéur n'est point fait pour tant de violence. Je sais tous les combats qu'il me faudrait livrer , Si sous un même ciel nous osions respirer; Je sais enfin , je sais tout ce que pourraient diic Vos ennemis, les miens , peut-être tout l'empire * Ils ont su mon amour, et doivent pre'sumer