‹ Théâtre de CampistronChapitre 161 sur 302 · MERLIN , LISETTE , M. BRIGANDEAU · texte numérisé non relu

MERLIN , LISETTE , M. BRIGANDEAU

MERLIN , apercevant M, Biigandeau.

J'en crois voir un qui vient de quelque enterrement.

OROKTE.

i!.n robe ?

MERLIN

C'est ainsi qu'ils sont mis d'ordinaire Quand ils vont d'un défunt mendier l'inventaire.

ORONTE , a M. Brigandeau.

Nous vous croyons notaire j il en faut un ici.

M. BRIGANDEAU

Dieu m'en garde ! je suis procuivur , dieu merci î Et ma communauté près de vous me députe. La vertu d'ordinaire est ce qu'on persécute ; Et telle est aujourd'hui la licence des mœurs , Que des hommes de bien , comme des procui'eurs , Qui de tant d'opprimés embrassent la défense , Ne sont pas à couvert contre la médisance , Depuis que dans le monde arlequin , procureur , Pour un corps si célèbre a donné tant d'horreur. Mais ce n'est point, monsieur, comme on se le ligure. De ceux du Châtelet dont on fait la peinture ; Nous savons de Tauteur qui mit la pièce au jour, Qu'il ne prétend parler que de ceux de la Cour^ Et ma communauté par ma voix vous conjure D'en instruire Paris dans le premier Mercure ..

S€ÈNE VIL

ORONTE , M. DE BOLSLUISANT , M. BRI- GANDEAU , M. SANGSUE , CÉCILE- MERLIN , LISETTE.

M. ERiGAXDEAr , apevcei^ant M. Sangsue. Mais , monsieur , est-ce ici votre procureur ?

OROATE.

Non ; Je ne le connais pas seulement.

M. BRIGAXDEA.I-.

Tout de bon ?

ORO>TE

Je n'impose jamais de la moindre syllabe.

M. ERIGA^DEAr.

De tout le Parlement c'est le plus grand Arabe : Pour piller le plaideur lui seul eu vaut un cent.

M. SAxr.suE , a Oronte.

Monsieur , votre très-bumble et trés-obe'issant. Ma personne , je crois , ne vous est pas connue ?

OROME.

Non , monsieur , par malheur.

M. SAXGSUE.

Je me nomme Sangsue j Procureur en la Cour , pour vous servir.

OROKTE.

Monsieur , Je vous rends sur ce point grâce de tout mon cœur.

M. SANGSUE

Savez-vous quel dessein en ce lieu me fait rendre?

oao>TE Non, monsieur.

M. SAWGSUE.

En trois mots je m'en vais vous l'apprendre: Voici le fait. En Tan six cent quatre-vingt-deux, Pour divertissement d'un thetitre fameux , Contre les procureurs on fît une satire. Où presque tout Paris pensa pâmer de rire ;

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