ACTE V , SCENE VIL
IVIais l'auteur qui l'a faite a dit publiquement Qu'il n-entend point toucher à ceux du Parlement j Et je \-iens tout exprès , pour braver l'imposture, Vous en demander acte en un coin du ^lercure. En s'attaquant à nous quel opprobre eùt-ce ëte' i* C'était jouer la foi , l'honneur , la probité. Mais ceux qu'on a choisis me'ritent qu'on les berne • Ce sont des procureurs d'un ordre subalterne , Comme ceux des Consuls, du ChiUelet...
M. BRIGAADEAr.
Tout beau, Maître Sangsue , ou bien...
M. SAIS'GSUE.
Quoi! maître Brigandeau., Prétendez-Yous nier ce que je dis ?
M. BRIGANDEAU
Sans doute.
M. SANGSUE
Et moi , devant monsieur , qui tous deux nous écoute; Je m'oflVe à le prouver en cas de déni.
jl. BUIGANDEAU.
Vous^-*
M. SANGSUE
Moi.
M. BRIGANDEAU
Sauf correction , vous imposez.
ORONTE , a tous les deux.
Tout doux!
Si vous voulez parler, point d'aigreur , je vous prie.
M. SANGSUE
Entrons dans le détail de la fiiponnerie. Souvent au Chàtelet un même procureur Est pour le demandeur et peur le défendeur j Si quelque autre parti a part à la querelle , A la sourdine encore il occupe pour elle.
M. BRIGANDEAU
Combien au Parlement , et des plus renommés , Sont pour les appelans et pour les intimés , Et savent les forcer pai' divers stratagèmes
A se manger les os, pour les ronger eux-mêmes?
M. SANGSUE
Et quand dans cette pièce on voit un procureur Qui trouve le secret de voler un voleur , Dis-moi qui de nous deux; on prétend contrefaire : Celait au Châtelet que pendait cette affaire,