‹ Théâtre de CampistronChapitre 184 sur 302 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

AGENOR, EUPHROSINE, DORIS.

AGENOR.

Quoi ! dans votre entretien avais-je quelque part , Euphrosine ?

EUPHROSINE

Agenor, que vous arrivez tard I

AGENOR.

Il est vrai ; mais , madame , une tempête e'trange...

DORIS

Madame est mariée , ou peu s'en faut.

AGENOR.

Qu'entends- je Dis-lu vrai ?

DORlS.

Que trop vrai.

AGENOR.

Quoi I sincèrement?

DORIS

Oui, L^n rival venu d'hier, vous en sèvre aujourd'hui : Voila la vérité toute pure.

AGENOR.

Ah , madame !

Avez-vous jiu trahir une si belle flamme ? Avez-vous pu...

ZUPHROSI>E.

Calmez ces raouvemens jaloux :

Je «îuis , dans ce malheur , plu<: y plaindre que vous. Loi'sque de trahison votre cœur me soupçonne , Il ne sait pas qu'Esope est Tepoux qu'on me donne.

AGE>or.

Esope I Et le moyen de présumer cela ? L'iiomme le plus mal fait , le plus laid ! noms.

Le voilà.

Il sV^t rendu fameux par sa méchante mine ■ On le connaît partout.

AGE>OR

Pardon , belle Euphrosine.

Votre père , sans doute , use ici de ses droits : Vous avez trop bon goût pour un si mauvais choix. Esope 1

EUPHROSINE-

Tel qu''il est , il a charmé mon père : n est infatué de son esprit anslère :

Ses regards vont pour lui par-delà le respect.

DORIS

Choisissez pour gémir un endroit moins s:îspect. L'appareil que voilà doit assez vous apprendre Que les cliens d'Esope en ce lieu se vont rendre: Dans ce fauteuil doudlet , votie époux prétendu. Que de tout votre cœur voudriez voir pendu , Va donner audience à qui voud'a se plaindre; Et s'il vous aperçoit vous en devez tout craindre. Dans votre appartement menez monsieur sans bruit . Et si vous y parlez , que ce soit avec fruit :

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