SCÈNE II
AGENOR, EUPHROSINE, DORIS.
AGENOR.
Quoi ! dans votre entretien avais-je quelque part , Euphrosine ?
EUPHROSINE
Agenor, que vous arrivez tard I
AGENOR.
Il est vrai ; mais , madame , une tempête e'trange...
DORIS
Madame est mariée , ou peu s'en faut.
AGENOR.
Qu'entends- je Dis-lu vrai ?
DORlS.
Que trop vrai.
AGENOR.
Quoi I sincèrement?
DORIS
Oui, L^n rival venu d'hier, vous en sèvre aujourd'hui : Voila la vérité toute pure.
AGENOR.
Ah , madame !
Avez-vous jiu trahir une si belle flamme ? Avez-vous pu...
ZUPHROSI>E.
Calmez ces raouvemens jaloux :
Je «îuis , dans ce malheur , plu<: y plaindre que vous. Loi'sque de trahison votre cœur me soupçonne , Il ne sait pas qu'Esope est Tepoux qu'on me donne.
AGE>or.
Esope I Et le moyen de présumer cela ? L'iiomme le plus mal fait , le plus laid ! noms.
Le voilà.
Il sV^t rendu fameux par sa méchante mine ■ On le connaît partout.
AGE>OR
Pardon , belle Euphrosine.
Votre père , sans doute , use ici de ses droits : Vous avez trop bon goût pour un si mauvais choix. Esope 1
EUPHROSINE-
Tel qu''il est , il a charmé mon père : n est infatué de son esprit anslère :
Ses regards vont pour lui par-delà le respect.
DORIS
Choisissez pour gémir un endroit moins s:îspect. L'appareil que voilà doit assez vous apprendre Que les cliens d'Esope en ce lieu se vont rendre: Dans ce fauteuil doudlet , votie époux prétendu. Que de tout votre cœur voudriez voir pendu , Va donner audience à qui voud'a se plaindre; Et s'il vous aperçoit vous en devez tout craindre. Dans votre appartement menez monsieur sans bruit . Et si vous y parlez , que ce soit avec fruit :