‹ Théâtre de CampistronChapitre 224 sur 302 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

PIERROT , COLINFTTE , un Enfant dans les bras; ÉSOPE.

PIERROT

Palsandié ! je reviens, je ne suis pas damiié. J'amène un orphelin , qui n'a ni père ni iv.:.''è, Et que je fais nourrir par noix'e ménagère. Il est gras comme un moine : iltette tout son sou.

ÉSOPE

Un bel enfant !

PIERROT

Ma femme est , pardie' , belle itou.

Voyez i

Ésope.

Elle est jolie, et paraît bien instruite.

i48 LES FABLES D'ESOPE.

Pour un liomrae si grand , elle est un peu petite.

PIERROT

De méchante denrée , et de mince valeur ,

ïaut moins que Ton en a , tant plus c''e3t le meilleur.

ÉSOPE

Il faut s'aimer , hieu vivx'c , et Th^^men en revanche...

PIERROT

Je vivons, pardié, bien. J'ons ce soir une éclanché. Aussi belle...

ÉSOPE

Jamais ne vous querellez-vous ?

COLIXETTE.

^on , monsieur , Dieu merci • Pierrot est assez doux. 11 est , quand il s"}" boute , un tantinet ivrogne ; ^lais tenez , pour le reste, il va droit en besogne. Il n'a dans tout son corps pas un endroit malin.

ÉSOPE

Et vous nourrissez donc ce petit orphelin ?

CO LISETTE

Oui , monsieur.

ÉSOPE

Vos enfans Taiment-ils ?

COLINETTE.

Pour les nôtres , Ils sont devenus morts • mais j'en referons d'autres : Pierrot est jeune.

ÉSOPE

Eh bien ! à quoi vous suis-je bon ?

(à Pierrot.) Qui te fait" revenir ■ est-ce ta charge .

PIERROT

Oh î non.

Si je venons vous voir, c'est pour ce petit drille, Qui, s'il pouvait parler , vous dirait qu'on le pille. (]omme il est mon neveu , je somme un peu parens. Il avait de bons biens, pour huit ou neuf cents francs; Alais j'avons pour seigneur certain grand cscogrifl'e, Qui de tous les seigneurs à la meilleure griffe , Et qui , d'un petit pré voulant en faire un grand ,

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