‹ Théâtre de CampistronChapitre 241 sur 302 · ACTE I , SCENE IIÎ. 16g · texte numérisé non relu

ACTE I , SCENE IIÎ. 16g

Il suffit que vous la vouliez.

I)angcreux conseillers , adulateurs infâmes, Dit le lion tenible eu élevant sa voix ,

Je Irouve tle si basses araes

Indignes d'approcher des rois :

Fuyez loin dtfmoi, troupe avide, Oui des faibles ajrneaux , et du chevreuil timide ;,

Etes si justement Tefiroi •

Cest votre intérêt qui vous guide,

Ce n'est point la gloire du roi.

D'uti exil éternel ayant puni Taudace

De leurs conseils pernicieux , , Il menaça de la même disgrâce Les animaux qui briguèrent leur place ,

S'ils ne la remplissaient pas mieux.

Une mémoralde victoire Que sur trois léopards il eut le même jour , A Téclat de sa vie ajouta moins de gloire Que de s'être défait de ces pestes de cour.

Pour expliquer l'énigme et dévoiler l'emblème , Croyez-vous qu'un monarque aussi grand que vousmême Ne fît pas une belle et louable action D'imiter quelquefois l'adresse du lion ? De ce trait d'équité plus que d'une victoire Vos sujets dans leur cœur garderaient la mémoire, Et ceux qui sont admis dans le conseil des rois, En donnant leur avis y penseraient deux fois. Peut-être m'expliquai-je avec trop de franchise ; C'est une liberté que vous m'avez permise ; Je ne sais ce que c'est que de rien déguiser.

CRÉSUS

Qui ne m'ofFense point ne doit point s'excuser. Chai mé de tes avis , pénétré de ton zèle , Et, par tant de raisons , sûr que tu m'es fidèle , Je confie à ta foi, comme deux grands dépots , Et les soins de ma gloire et ceux de mon repos. D'Iphis qui s'est lui-même attiré sa disgrâce,

170 ESOPE A LA COl.K.

De rorgueilleux IpJiis je te dnnn»' l:i plarc. 1

A moi , seigneur ?

Sur qui }>uis-je jeter les yeux Qui me soit plus fuit le et qui me serve mieux ? Qui peut i)lus sagement gou\ err.er mes finance? Que toi qui fuis le bien et qui liais les dt-penses ? En quelle occasion les peux-tu dissiper? Est-ce au superbe train que tu fais équiper ? Pour contenter ton goût de diverses manières Te voit-on dépeupler les airs et les rivières ? Et pour éterniser tes desseins fastueux, Enchérir sur ton maître en palais somptueux ? Loin qu'un zèle si pur ait rien que j'appréhende , Sur quoi que ce puisse être où mon pouvoir s'étende. Récompenses, honneurs, cliarges , bienfaits, cmjdois, Tu peux de toute chose ordonner à ton choix 5 A ta fidélité tout entier je me livre. Arsinoé qui vient m'empêche de poiiisuivre : J'ai depuis quelques jours quelques soupçons légers D'où viennent ses froideurs pour deux rois étrangcrs. Peut-être je me trompe, et qui soupçonne doute : Elle prend tes avis, te consulte, t'écoute ; Sans trahir son secret , ni blesser ton devoir , Si mon repos t'est cher , tâche de le savoir.

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