‹ Théâtre de CampistronChapitre 257 sur 302 · IPHIS, ÉSOPE · texte numérisé non relu

IPHIS, ÉSOPE

IPHIS

Monsieur, je viens ici par un ordre du roi De'poser mon crédit , ma faveur , mon emploi : En de plus dignes mains je ne puis m'en démettre.

Ésope.

^loi je vais le prier de ne le pas permettre. Au chagrin de Cre'sus dusse'-je m'exposer , J'aime mieux le soufîrir que de vous en causer. Loin qu'à votre pouvoir je veuille rien prétendre , Je vous oftre le mien pour vous le faire rendre : Voyez auprès du roi ce que je puis pour vous.

IPHIS

Piespect , zèle, remords, toirt aigrit son courroux. Si pour moi tant de fois sa l^onté fut extrême , Contre moi sa colère est aujourd'hui de même. Mais ce qui m'est sensihle en un tel changement. Ceux qui me doivent tout m'insultent liîchement , Pendant que de vos soins vous m'ofl'rez l'assistance : Vous , qui ne me devez que de Tin différence , En voulant me servir vous déplairiez au roi.

ÉSOPE

Eh ^ qui soupçonnez-vous de vous avoir nui?

IPHIS

Moi.

Ce qu'a de plus horrible une chute si Iiaute, Je ne puis qu'à moi seul en imputer la faute : Un destin plus cruel me l'ùt-il préparé. C'est moi qui sans raison me le suis attiré. De ma témérité je reçois le salaire.

ÉSOPE

Crésus est trop bon roi pouf garder su colère.

Votre crime envers lui n'est pas grand , que je crois:

IPHIS

En fait-on de petits quand on déplaît aux rois ? Hier, dans un festin dont j'eus le malheur d'être.

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