‹ Théâtre de CampistronChapitre 268 sur 302 · ÉSOPE, LÉONIDE · texte numérisé non relu

ÉSOPE, LÉONIDE

lÉO-MDE.

Boujour, monsieur.

ÉSOPE

Bonjour^ que voulez-vous, madame?

lÉo^tde.

Eh! monsieur, je ne suis qu'une bien pauvre femme; Je n'ai point de parens , père , frère , ni sœur , Qui jamais aient été madame , ni monsieur. J"ai loué cet habit pour paraître un peu brave ; La Thrace est mon pays , et j'y sais ne'e esclave: Ce ({ue je vous apprends montre assez , que je croi, Qu'on m'appelant madame on se moque de moi.

ÉSOPE

Eh bien î ma bonne femme , à quoi vous suis-je utile ? Qui vous fait de si loin venir en cette ville ? J'écoute les raisons sans distinguer les rangs , Et je crois me devoir plus aux petits qu'aux grands ; Comme ils sont situés plus près de l'indigence , Leur besoin plus pressant veut plus de diligence ; Si je puis vous servir ici , je le ferai. Y serez-vous long-temps?

lÉoxide.

Le moins que je pourrai.

Sans vous , de qui la rije adoucit ma disgi'àce , Je me repentirais d'avoir quitté la Thrace ; J'ai bien pris de la peine et bien fait du chemin Pour ne trouver au bout que mépris et chagrin.

Avez-vous de quelqu'un essuyé quelque injure?

lÉomde.

Oui, monsieur, et sans doute une qui m'est bien dure,

ÉSOPE

Et de qui ?

lÉoide.

D'une main de qui mon cœur déçu

o6 i:SOPïï A LA COUR.

N'attemlyit point du tout le coup qu'il a reçu. De RoJope.

r.soPE.

Rodopp ! elle qui plaît, qui brille; Rodope , diles-vous ? .

LÉOXTDE.

Eh î bons dieux , quelle fille î Elle vient de me faire uu si cruel affront...

Ésope.

Elle? Rodope?

T.ÉOXIDE.

Un jour les dieux Ten puniront- J'en conçois par avance une douleur mortelle.

Ésope.

Holà ! quelqu'un.

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