LÉONCE
Vengez-vous, vengez-nous: nos peuples vous attendent;
IVe leur refusez plus le bras qu'ils vous demandent.
Vous avez en vos mains le projet arrêté
Comme un gage certain de leur fidélité.
Vous trouverez , seigneur , des troupes toutes prêtes ,
Des soldats orgueilleux du bruit de leurs conquêtes ,
Fidèles à leurs chefs , patiens à souffrir ,
Et toujours résolus de vaincre ou de mourir :
Courez les commander , et tentez la fortune ;
Mais surtout bannissez une crainte importune.
En livrant votre bras à ces nobles efforts , Prenez soin de fermer votre cœur aux remords :
IS^e vous souvenez plus , pendant votre entreprise ,
Si l'exacte équité la blâme ou l'autorise ;
Entrez dans la carrière, et , sans vous arrêter ,
Au degré le plus haut hâtez-vous de monter.
Ces scrupuleux devoirs et ces égards sévères ,
Seigneur, sont des vertus pour des hommes vulgaires :
Qui se sent un esprit prompt à s'effaroucher ,
Sur les pas des héros ne doit jamais marcher.
Les hommes destinés à gouverner la terre,
A tiaîner avec eux la terreur et la guerre ,
3o ANDRONIC.
Loin de porter un cœur de remords combattu ,
Au poids de leur grandeur mesurent leur vertu.
ANDROMC.
Mais pour ma fuite , ami , j^uel parti dois-je prendre?^