ACTE IV, SCÈINE II. 21, j
Que , se croyant estropie , Il fait un si grand bruit que l'oiseau prend la fuite»
Par la faible fourmi ce service rendu A la colombe bienfaisante Est une preuve suffisante Qu'un bienfait n'est jamais perdu.
ARSIISOÉ.
Il est vrai qu'un bienfait n'est jamais sans salaire , !N'eùt-on que le plaisir que Ton goûte à le faire. Epouse de Crésus, que mon sort sera doux , Pouvant faire du bien, de commencer par vous! Je viens exprès ici vous le dire moi-même : Demain associée à son pouvoir suprême , Comme de votre bien usez de mon cre'dit.
ÉSOPE , arrêtant Lais.
J'ai fait , belle Laïs , ce que vous m'avez dit : Tantôt, d'un air galant , votre main dans la mienne , Vous m'avez demande' quelqu'un qui vous convienne ^ Et sur qiù que ce soit que j'arrête les yeux, Je crois être celui qui vous convient le mieux : Si le parti vous plaît , la main est toute prête.
LAÏS
Moi , monsieur , de Rodope enlever la conquête !
Que dirait-elle ? Aon , je rends grâce à vos soins ;
Vous lui convenez plus , et je vous conviens moins.
J'ai pour votre me'rite une estime sincère ^
Pour de l'amour ... toutfranc, vous n'en inspirez guère-
Et vous savez le sort de quantité d'époux
Qui, sans vous offenser, sont bien mieux faits que vous :
S'il vous faut comme un autre éprouver ce supplice ,
Je vous tonore trop pour en être complice.
ÉSOPE
Allez : c'est être sage , et Fêtre au dernier point, Que de ne s'unir pas à ce qu'on n'aime point. Je voulais éprouver quelle était votre pente. Aimez et qu'on vous aime , et vous vivrez contente; C'est le sort le plus doux.
ii6 ESOPE A LA COUH.