‹ Théâtre de CampistronChapitre 295 sur 302 · ACTE V, SCÈINE- II. a · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈINE- II. a

L'entcwdant ainsi raisonner :

A tort mon silence fetonne ; Je n'hésite jamais à répondre à tes sons;

Mais j'ai , dit-elle , mes raisons Pour ne repondre pas lorsque Jupiter tonne-

Aux suprêmes divinite's

Jamais nos respects ne déplaisent ;

Et quand les grands sont irrites ,

Il faut que les petits se taisent.

CRÉSUS

Parle ; je ne suis point irrite contre toi ; Tu n'as aucun ami qui le soit plus que moi :■ Ta vertu soupçonnc'e est tout ce qui m'irrite.

TIRRÈnE.

En disant une fable , il croit en être quitte. C'est ainsi que , du peuple obsédant les esprits . Par sa fausse morale il en a tant suipris : Pendant qu'à vos sujets il de'bite des fables , Il acquiert sourdement des trésors véritables. Combien dans sa cassette en va-t-on découvrir I

Ésope.

Eh bien î seigneur , eh bien ! il la faut faire ouvrir. Quoique jusqu'à ce jour j'ose croire ma vie A couvert des efforts de la plus noire envie, J'avoue ingénument qu'il m'eût été bien doux Que jamais ce secret n'eût été' jusqu'à vous : Vous le voulez savoir, il faut vous satisfaire.

TRASIBULE.

Seigneur , s'il y va seul , il en va tout distraire ^ Détourner les moyens de sa conviction , Et peut-ctre en bijoux sauver un million : Il peut en un moment faire tout disparaître.

ÉSOPE

Pour ne riea de'tourner , je veux bien n'y pas être. En garde contre vous , comme vous contre moi. Tout ce que je demande est que ce soit le roi , (Lui qui de l'équité fait son plaisir suprême,) Qui la fasse apporter et qui l'ouvre lui-mêmt. Heureusement , seigneur , j'en ai les clefs ici.

'/34 ÉSOPE A LA COUlt.

La ck'f (lu cabinet est celJc que voici :

L'autre , qu'aucun mortel n'aurait qu'avec ma vie,

Est celle du trésor dont on a tant d'envie ;

Je les mets avec joie entre vos mains.

CRÉSCS.

Holà !

{il parle has aux Gardes.) Observez bien mon ordre , et ne touchez que là; Je vous attends.

TIRRÈîîE.

Jïeigneur , souvenez-vous du pacte ; La parole des rois jamais ne se rétracte.

CRÉSCS.

Quand il en sera temps , je m'en souviendrai bien : Esope criminel, c'est à vous tout son bienj Et pour être aussi juste envers l'un qu'envers l'autre^ Vous calomniateurs, c'est à lui tout le votre. Tu dois, s'ils m'ont dit vrai, par tes exacfions Avoir en ta puissance au moins trois millions. INe me de'guise point ce que je puis connaître ; Es-tu riche ?

Mo4 , ricLe ! Eli î diemandé-je à rétre ? Loin que le bien , seigneur, me cause aucun souci . Kayant besoin de rien je ne veux rien aussi. Si vous me retirez la main qui me protège , Tel que je suis venu , tel m'en retournerai-jc ; Et je verrai i'eclat dont sous vous j'ai brille Comnie on voit un bcao songe après être éveille ; Soyez content de moi , je le suis du salaire.

TRASIBrr.E.

Vous allez sur-le-champ découvrir le contraire : Et ce que par votre ordre on apporte en ces lieux Va Ini fermer la bouohc et von*: ouvrir le-? Veux

AC'i^ V, SCE^fE in. 23',

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