CÉLIE , DORANTE , DUBOIS
CÉLIE
Voulez-vous bien, monsieur, me prêter vos chevaux.' On vient de in'avertir qu'un des miens est malade- Et je ne voudrais pas perdre la promeisade. On nous donne à Suréne un excellent soupe'.
DUBOIS, a part.
Ceci sera plaisant, ou je suis fort trompe'.
CÉLIE
Vous ne me dites rien ?
DORANTE
Que pourrais-je vous dire Dans la rage où je suis , perfide ?
CÉLIE
Est-ce pour rire ?
DORANTE
Non , c'est du meilleur sens dont je parlai jamais • Je ne vous flatte point : craignez-moi désormais 5 Vous perdez sans retour toute ma confiance.
CÉLIE
Comment ?
N'attendez plus aucune complaisance.
Comme vous me forcez à vous mésestimer , Je ferai mes efforts pour ne plus vous aimer,
cÉLiE, a Dubois.
A-t-il perdu l'esprit ?
DORANTE
Je le perdis , madame ,
Lorsque je m'avisai de vous prendre pour femme ^ Lorsque je vous aimai.
CÉLIE
Quels transports! quel courroux!
Quels noms injurieux !
DORANTE
ils sontencor trop doux.
Plus mon amour pour vous avait de violence, Plus cet amour trahi m'excite à la vengeance. Bendcz !;ri^^ce aux égards qui peuvent m'arréter Quand mon ressentiment est tout près d'éclater î Sans cela...
CELTE
Ciel ! qu"'entends-je ?
DORANTE
Allez , coquette insigne :
Ce que je viens de voir vous a rendue indigne De l'estime et tlu cœur d'un mari tel que moi. Vous aimez donc Eraste et me manquez de foi?
Je l'aime , moi ?
DORANTE
Comment voulez-vous que j'en doute?
J'ai vu les soins honteux que cette ardeur vous coûte.
{h part.) Ventrebleu ! que ne puis-je...
CÉLIE
Ah ! quel emportement!.,.
Qu'on me donne un fauteuil, Dubois, et promptement. Je me meurs!...
(^Dubois avance un fauteuil et Celle tombe dedans.)
DUROIS.
Modérez le trouble de votre arae...
Reprenez donc vosseus: m'entendez-vous, madame? Hélas! que votre état m'inspire de frayeur ! Elle ne répond point... Vous avez tort, monsieur.
(à part.) Fort bien ! l'on ne peut mieux jouer son personnage.