‹ Théâtre de CampistronChapitre 89 sur 302 · ACTE IV, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE II

DORANTE

Clitandre entretenait Julie?

EABET.

Toujours , tABcHs qu'Eraste était avec Ce'lie.

DORAiVTE , à part.

Ah !...

BABET

Nous les avons vus marcher de tous côte's^ Ensuite dans le bois ils se sont écartés : Nous n'avons point ouï ce qu''ils pouvaient se dire ; Mais presqu'à tout moment nous les entendions rire.

DORAiNTE , à part.

J'enrage , je rav'oue.

BABET

Enfin on a servi.

Chacun , pour se placer , s'empressait à Fenvi .- Tous voulaient être assis à côté de madame.

DORANTE

Cétaitbeaucoup d'honneur qu'ilsfaisaient à ma femme.

BABET

Elle , sans s'émouvoir , suivant toujours son train , A pris obligeamment Eraste par la main , Et l'a mis auprès d'elle.

DORANTE , h part.

Ah ! quelle circonstance '.

( a Babet. ) Et tout après , sans doute , est allé d'importance ?

BABET

Jamais on n'a soupe plus agréablement.

Eraste en vérité sait agir galamment , Il le faut avouer ; et les fêtes qu'il donne Ont un air de bon goût que n'attrape personne.

DORANTE

Oui , c'est un connaisseur.

BABET

Tout était délicat , Et l'on s'est récrié vingt fois sur chaque plat ; Le fruit délicieux. Pour comble de surprise. Il a joint à k chère une musique exquise , La fleur de l'Opéi'a.

îoo LE JALOUX DESABUSE.

DORANTK, triin air contraint.

Vous ne m'ëtonnez pas.

BABET

Ou a fort plaisante pendant tout le repas.

DORAMF.

Sur quoi ?

BABET

Sur les maris , sur tous leurs ridicules : On a parle des bons , des fâcheux , des crédules , Des jaloux ; tous enfin ont été sur les rangs , Et madame en a fait cent contes différens.

DORANTE

Fort bien !

BABET

L'on a passé trois heures de la sorte. DOBAXTE , a part.

Je crève , et ma douleur ne fut jamais si forte....

(à Babet.) Ensuite ?

BABET

Il a fallu revenir à Paris.

DORAXTE , h part.

Je me passerais bien d'en avoir tant appris.

BABET

Mais qu'avez-vous , monsieur ?Seriez-vous en colère ? Ce que je vous ai dit pourrait-il vous déplaire ?

DORA>TE

IN^on.

BABET

Seriez-vous aussi comme certains époux Qu'un mot trouble , qu'un rien met d'abord en courroux, Qui , des moindres plaisirs perpétuels critiques , Sont toujours dévorés de chagrins domestiques ?

DORAXTE.

Au contraire ; je n ai jamais tant déplaisir Que de voir profiter d'un honnête loisir : J'en fais ma seule étude , et j'y porte les autres.

BABET

J.piirs divertissemens altèrent bien les vôtres !

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