‹ Théâtre de CampistronChapitre 97 sur 302 · SCÈNE IL DORANTE , CHAMPAGNE · texte numérisé non relu

SCÈNE IL DORANTE , CHAMPAGNE

DORANTE

Que viens-tu faire ici ?

CHAMPAGNE

Qui , moi, monsieur?

;rE V, scÈ^E II.

Toi-ruême.

CHAMPAGNE

Comment donc?

DORAME.

D'où te vient cette insolence extrême?

CHAMPAGNE , h paît.

Il paraît en fureur , et je ne sais pourquoi.

DORANTE

Ne me connais-tu pas ?

CHAMPAGNE

Si je vous connais , moi ?

Je vous vois tous les jours , puis-je vous méconnaître ?

DORANTE

Réponds donc : que fais-tu céans?

CHAMPAGNE

J'attends mon maître.

DORANTE

Est-il encorje ici ?

CHAMPAGNE. x

Pouvez-vous en douter?

Nous sommes loin de Fheure où le coq doit chanter j On songera peut-être alors à la retraite : Supposé que du jeu la reprise soit faite , Et que quelqu'un piqué n'aille pas s'aviser D'en demander une autre et de la proposer- Ou bien que de concert la compagnie entière |Ne veuille pas à fond traiter quelque matière j jOu que , de conte en conte égayant leurs propos , Répétant des chansons , des vers et des bons mots , 'Et lançant à l'envi les traits de la satire , |lls ne se livrent pas au plaisir de médire. I Enfin , depuis deux ans que , sans manquer un jour, [Nous venons tous les soirs faire ici notre cour. Je n"ai pas une fois vu décamper mon maître, Sans voir en même temps le point du jour paraître-

DORANTE , à part.

Ah I quelle étrange vie !

CHAMPAGNE

Aussi c'est trop souffrir ^ A force de veiller je suis prêt à mourir.

iio LE JALOUX DESABUSE.

àVTon maître dort le jour , et moi je cours la ville. Pour sommeiller un peu je cherchais un asile , Quand Je vous ai trouve', monsieur , dans ce salon. Lehruit qu'on fait là-bas ébranle la maison ^ Loin de tout ce fracas , dans une bonne chaise Je venais en ces lieux dormir tout à mon aise. Pardonnez-moi, monsieur, de vous avoir troublé.

DORANTE , h part.

Je n'y puis plus tenir ; je suis trop accable !... Pour sortir d'embarras , dëmtlons quelque route, Et calmons-nous enfin , quelque pris qu'il en coûte. L on ne résiste point à des tourmens pareils !... Allons chercher Dubois , et suivons ses conseils. Risquons tout pour trouver une fin à ma peine.

CHAMPAGNE , Seul.

Où va-t-ii? et pourquoi cette fuite soudaine? Pourquoi , dès qu'il m'a vu , s'est-il mis en fureur? Mon visage est-il fait pour inspirer l'horreur? Cet homme est enragé ! le diable le tourmente ! îklais Babet vient, ^lafoi , jela trouve charmante.

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