‹ Théâtre de Clara Gazul: comédienne espagnole, suivi de La Jacquerie et de LaChapitre 129 sur 157 · LE LOUP-GAROU, BROWN · texte numérisé non relu

LE LOUP-GAROU, BROWN

BROWN. Enfin je Vèntends, ce boute-selle si désiré ! Je croyais que nous resterions ici jusqu'au jour du jugement.

LA JAt^URRlE.

Oui^ j'entends bien les trompées de ros

cor de mon lieutenant^ mais le diable si^

ir leâ Tiiains<

i noiie a fait lever la grande bannière.

aux.

Nous dey rions y être déjà| mais œs lour-

veulent rester dans leur pays^ Morand^ e parlent que de retournw à leur charrie.

espèce ! toute rambitiou d'un vilain est 3lage de bœufs et un beau fumier. Par le Dame ! ils mériteraient qu'on les étouÔai

Quant à mei^ j'ai bientôt oublié eharrue^ Le fois que j'ai goûté de la vie d'bomuKi

, dis-tu^ veut aussi retourner à son fumier?

Il me l'a dit luinnême. Je l'avais cni , à cause de son afiaire avec le sénéchal \ ui'age que par accès, et comme un aulra

[ qui vient de ce côté avec Barthélémy.

11 faut les faire boire pour leur remeUre ;. Holà ! hé l Renaud ! Renaud I une bouteille. YeiieE icï totts dcnx ; venez è coup de l'étrier*

int. Volontiers, capitaine. Le révérend père lier à Meaux pour en chasser la noblesse e?

votre santé/camarades: — Je ne sais si nombreux pour aller jusque-là.

ntî

rand et la moitié des hommes d'Apremont

;z eux.

les!

Il faut empêcher ces coquins de quitter

f Franque; ces braves gens se sont battus ju'ils ont eu des ennemis devaiit eux, A

présent que nul danger ne nous menace, ils veulent revoir leur famille ; et puis il faut bien achever la riécolte.

LE LOUP-GARou. Eh ! qu'ils laissent là leur récolte^ par rout pannerées de diables ! Ils auront assez à récolter dans les hôtels de Parts ou de Meaux.

RENAUD. Il faut bien qu'il y ait quelqu'un pour cultiver la terre.

BROWN. Bon ! il faut laisser cela à la canaille.

BARTHÉLÉMY. Qu'appelcz-vous canaiUc ?

' RENAUD. Et comment ferait-on sans laboureurs ? Vous no pourriez vivre sans eux, site archer.

BROWN. Tout homme qui se sent un cœur dans le ventre et un arc an poing, ne doit semer ni blé ni avoine, puisqu'il peut prendre du pain pour lui, de l'avoine pour son cheval dans les coffres de ses ennemis.

RENAUD. Vous m'avez l'air d'avoil* pour ennemis tous les gens paisibles.

LE LOUP-GAROU. Rcuaud, ne dis pas d'injures à mon ami l'Anglais, entends-tu? — 11 faut faire travailler les nobles, leur faire porter le fumier, et leurs femmes scieront le blé et porteront la hotte. Ce sera pour crever de rire, que de les regarder, courbées en deux et se donnant des ampoules à manier la fauciUe de leurs petites mains blanches.

Barthélémy. L'idée n'est pas mauvaise, et nous autres, pendant ce temps-là, nous nous gobergerons dans les châteaux.

RENAUD. Si vous continucz comme vous avez commencé, vous risquez bien d'êti'e obligés de travailler vous-mêmes. Il ne restera bientôt plus de nobles dans le Beauvoisis.

LE Loup-GAROu. Nous vcrrous, nous verrons. — Est-ce que tu veux nous quitter aussi, Renaud?

RENAUD. Non, je ne puis, j'ai juré au père Jean de le suivre partout.

BROWN à Barthélémy. Et toi, compèré, est-cc à remucT du fumier que tu destines ces bras-là? On jurerait qu'ils n'ont été faits que pour manier le sabre.

BARTHÉLÉMY. Moi, voycz-vous, jc rcstcrai cucore jusqu'au sac de Paris ; après quoi, ma petite fortune sera faite, ou bien j'aurai les reins cassés.

LA JAQUERIE.

u>up-GAiiou. Voilà ce qui s'appelle parler d'or. Trias ensemble^ mon brave. Oo entend des cris con/iw. uuD. Oh! oh! d'oïl vient ce tumulte?

iTBÉLEMT. Tout le camp est en émeute.

itF. Jean suivi d*une troupe d'aventuriers, et Morand arec une troupe

de paysans.

lEAN. Vous nous suivrez à Meaux, vilains; je vous l'or-

e sous peine d'excommunication.

tAND. Oh! nous ne cmignonspasles excommunications.

nous avez dit vous-même de n'en point être effrayés^

le personne n'en mourait.

rEAN. Si vous osez me désobéir^ si vous ne suivez pas

mde bannière^ je saurai vous y contraindre.

lAND. Mais, mon révérend père^ vous nous avez dit

le temps que nous étions tous libres de faire ce que

lous semblerait. Pourquoi maintenant^ si bon nous

le de rester^ ne resterions-nous pas? Et puis nos

ips ont besoin de nous.

lEAN. Vos femmes les cultiveront.

lAND. Et si quelque malandrin vient courir le pays^

éfendra nos femmes?

lEAN. Nous avons purgé le pays de malandiins. Il n'y

L à craindre.

[AND. N'importe. Je ne suis pas un soldat^ moi ; je

oui de la guerre^ et je reste chez moi.

lEAN. Espèce indocile ! misérables vilains ! il n'y a

que les châtiments qui puissent vous toucher? — Le

ier qui quittera la bannière sera pendu comme dé-

ir.

Loup-GARou. Bien dit.

AND. Pendu! Qui êtes-vous donc pour nous faire

e? quel droit...

AUD. Allons, Morand, tais-toi.

EAN. Je suis votre capitaine! Vous m'avez choisi^ vous

m'obéir.

AND. Nous vous avons fait notre capitaine; eh bien!

tenant nous vous défaisons.

EAN. Insolent ! (Aux aventuriers.) Holà messieuTS ; aideï-

châtier cet audacieux rebelle.

SCÈNES FÉODALES. Ht

BiwARD. Allons! flamberge au vent !

Il i^aTance avec quelques aveoturieri pour arrêter Morand.

MORAND^ à ceux de ton parti. A Talde ! mcs amis^ soutenez- . moi ! '

SIMON, à F. Jean, Père Jean^ nous vous aimons tous ; mais ne faites pas de mal à Morand^ ou nous serions pour lui contre vous.

RENAUD à F. Jean. Mou père^ laissez-le dans son village ; ' soldat de mauvaise volonté ne peut nous être utile.

F. JEAN. Non^ non ; il faut un exemple aux autres.

siwARD. Apprenons à ces mai*auds la discipline militaire ! A Siward ! àSiward!

BRowN à F. Jean. Voulez-vous quc je lui envoie une flèche? Gela sera bientôt fait.

LE Loup-GAROU. Tive, mou brave; je n'ai jamais aimé ce poltron de Morand.

RENAUD à Brown qui bande «on arc. Arrête^ OU tu vas faire luer la moitié de nos gens par Fépée de leurs frères.

SIMON. Ne souffrons pas que ces Anglais maltraitent un d'entre nous.

MANCEL à Morand. Saint Lcufroy te le pardonne^ Morand ! je crains bien que tu ne causes quelque gi*and malheur.

THOMAS aux paysans. Gcns d'Aprcmont, si Ics Anglais vous attaquent^ comptez sur nous.

FOULE DE PAYSANS. N'abaudonuons point ceux d'Apremont ! soutenons l'honneur de la France! A bas les Anglais! Montjoie Saint-Denis! Tumulte.

RENAUD à F. Jean. Mou père, voycz qucUc guerre va s'émouvoir. Cédez-leur quelque chose.

MANCEL à Morand. Les épécs sont tirées, et voilà qu'on bande les arcs. Allons, Morand, un peu moins de raideur.

MORAND effrayé. Je Consentirai volontiers à tout ce qui sera raisonnable, mais qu'or empêche ce gros Anglais de me lancer sa flèche.

MANCEL. Bonnes gens, silence ! accommodement !

RENAUD. Bas les ai*mes! De par saint Leufroy ! point de querelles dans la ligue des comnmnes !

MORAND. Je ne veux causer la mort de personne. Ainsi,

SS2 LA lAQUERie.

je suis prêt à rester jusqu'à la Sakit-Ieaiiy si le fété^nd père s'en contente.

f . JEAN. Un capitaine traiter avec ses soldats !

siwARO à F . Jean. C'est ici la tour de Babel ; mais noms ne sommes pas les plus forts.

PERDUCAS. Ils sont Vingt contre un ; \h vont nous assosàmer^ si vous ne consentez à ce qu'ils demandent. Encore si noBS étions à cheval !

F. JEAN après un tiieate. Puîsque ces nobles capitaines m'en requièrent, Je veux Iwen lui pardonner. Qu'il serve encore jusqu'à la Saint-Jean ; quand même il y aurait alors des ennemis en campagne, il pourra se retirer, ainsi que ses pareils. Il restera toujours assez de braves avec moi. (a p«t.) Si je puis les tirer une fois de leur pays, je saurai bien les empêcher d'y revenir de sitôt.

RENAUD. La paix! la paix I vive saint Lenfrof ! A Meaux ! Vite, en marche î

TOUS. A Meaux ! marchons à Meaux ! tinissons la guerre !

PERDUCAS à siward. Vous voycz cc que l'on gagne à servir CCS misérables. Us veulent déjà se débander, sans songer que les seigneurs français ont encore une armée à Paris.

siWARD. Que voulez-vous? autant vaudrait laver la tête d'un âne qu*obUger un vilain. ils sortent.

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