‹ Théâtre de Clara Gazul: comédienne espagnole, suivi de La Jacquerie et de LaChapitre 132 sur 157 · SIMON^ MORAND, MANCEL · texte numérisé non relu

SIMON^ MORAND, MANCEL

6iH0T«. Parlez-moi de celui-là ! il est bien d'une autre pèie que nos défunts seigneurs. 11 cause de la moisson et des laboureurs comme s'il avait mené vingt ans la charrue. ■ MANCÈL. Et il a toujours le mot pour rire.

MORAND. Avec tout ccla, je ne sais ce que sont devenus nos gens que nous avions envoyés pour la paix. Je crains bien pour le pauvre Thomas surtout.

siMOTf. Bah! qu'y a-t-il à craindre? N'avons-nous pas entre nos mains des otages ? C'est otages, n'est-ce pas, que dit le père Jean ?

jJANccL. Morand ne pensé jamais qu'aux malheurs.

MORAND. C'est le plus sûr ici-bas.

On entend sonner des trompettes.

SIMON. On sonne la trompette, il est arrivé quelque chose.

RENAUD entrant. SavCZ-VOUS la UOUVelle ?

SIMON. Quelle?

RENAUD. Les nobles ont remis une armée sur pied. Us ont t)lus de dix mille gendarmes ; et le captai de Busch, Dieu Confonde le païen et son diable de nom !... c'est leur capitaine : il marche sur nous, et demain peut-être nous aurons la èataille.

SCÈNES FÊ0DALE6. 39^

MORAND. Jésus ! Marie ! c'^st fait de nous.

MANCEL. Impossible, Renaud I

«EHAio. Franque a vu leurs coureurs, et vient d'escarniMEu^her avec eux : à telles enseignes qu'ils nous ont ble^îsé HOC douasaine d'hommes, entre autres Ttpineau le jeune qw a la euisse percée jusqu'à l'os.

MORAND. Par la passion de Notre-Seigneur ! nous sommes trahis I nous n'avons plus de ressouices..»

SIMON. Le diable me brûle si je ne m'en venge pas sur ce déloyal chevalier ! Topineau est le frère de ma marraine.

U se fait un grand mouveiçent dans le camp. Entrent F. Jean, Siward,

le Loop-Garon»

F. JEAN. Nous sommes trahis! le scélétat s'est échappé !

srwARD. Holà ! Derrick; Louis \ Qu'on m'amène mon chAval alezan ! qu'on me donne mes armes ! le veux le rattraper, fût-il au fond de l'enfer!

LE Loup-GAROU. A chcval ! à cheval !

MORAND. Qui donc s'est édiappé?

LB LOUP-GAROU. ^ ! parbleu, Bellisle, ce faise^4e bea^x disçoBi's. E^ les gendarmes du roi sont en marche.

âiWARD. Â cheval, ^up-Garou ! C'est du coté des boij qu'il a dû s'échapper.

LE LOUP-GAROU. rjlon, j'ai vu des pas de chevaux auprès de la fontaine. 11 a fait un détour pour nous donner le change.

siwA^. Jeté dis qu'il a pris par les bois, un de mes gens a vu un cavalier entrer dans la forêt...

F. JEAN. Allez chacun de votre côté sans vous disputer ^avantage. — Vous, courez à vos bandes. — Dans m\Q beureil faut être en marche.

Siward et le Loup-Garou sortent.

MORAi^., Voilà un grand malheur, père Jean !

IIANCEL. On dit que l'ennemi est nombreux.

&1M0N. Comment ont-ils fait poiu* passer la Marne? F. JEAN. Allez vous armer au Ueu de faire ces sottes que$-

|jU>QS. u sort.

SIMON. Jamais je ne lui ai vu l'air si troublé.

MORAND. Mauvais signe !

MA^cEL. Allons toujours nous ai*mer.

896 ' LA JAQtJËRtl!:.

MORAND. Le père Jean baisse, on s'en aperçoit.

SIMON. Bah ! il n'y a que toi qui le dise.

MANCEL. Si l'armée du roi nous attaque, nous en viendrons à bout, comme nous avons fait de celle du sénéchal.

MORAND. Voilà bien des corbeaux du côté de Torient. Dieu veuille, et Notre-Dame, que nous ne leur donnions pas à manger !

SIMON. Toujours prophète de malheur ! ils sortent.

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