HADJI NOUMAN, BABA MUSTAFA
B. RûUMAN. Eh bien! qu'est devenaZeïn?
B. MUSTAFA. Omar, le garde du kalife, yient à l'instant de m'en donner des nouvelles.
H. Nou»Ai<i. Parle.
B. MUSTAFA. Il Ta Yu hier au marché des esclaves. Ton ami a parlé à Tun des marchands ; puis, tout à coup, il s'est élancé sur son cheval, et est sorti au galop par la porte de Djem-Djem.
H. NOUMAN. Et ce marchand d'esclaves, quel est-il?
B. MUSTAFA. Scigueur, je crois que c'est lé vieux Abou- Taher, celui qui t'a vendu hier la belle Mojana.
H. NOUMAN. Tu lui as parlé ?
B. MUSTAFA. Je n'ai pu le trouver ; il était chez le cadi.
B. NOUMAN. D'où vient cette fuite soudaine? Que peut-il être arrivé à Zeln?
B, MUSTAFA, Commcil est sorti par la porte deDjem-Djem^
Je crois qu'il est allé aux tentes de Sémdlalia^ à l'armée du vizir.
H. NOUMAN. Eh quoi ! aurait-il été combattre les inûdcles sans avoir embrassé son ami?
B. MUSTAFA. Si tu le veux, je retournerai chez Abou- Taher.
H. NOUMAN. Tout à Theure. — Écoute. As-tu porté à Mojana les présents que j'ai achetés pour elle?
B. MUSTAFA. Oui^ seigueur^ et je l'ai revêtue moi-même de sa nouvelle parure. Allah ! qu'elle était belle ! Certes fax vu dans ma vie beaucoup de belles femmes^ mais jamais je n'ai trouvé l'égale de Mojana. Ah ! si tu voulais la revendre, bien qu'elle ait perdu hier cette qualité que vous estimez tant, tu en retii^erais encore les dix mille dinars * qu'elle t'a coûtés.
H. NOUMAN. Jamais je ne la vendrai, Mustafa; et, si le ka- Jife mon seigneur me la faisait demander, je la lui refuserais, dussé-je fuir chez les Bédouins de Zeïn, et vivre en excommunié •. — A-t-elle paru satisfaite de mes présents ?
B. MOSJAFA. Elle a dit qu'elle se réjouissait de posséder tant de belles choses, si elle en paraissait plus aimable à tes yeux.
H. NOUMAN. Charmante créature !
B. MUSTAFA. Quellc dlflérence entre nos femmes et celles des infidèles ! Quand j'étais prisonnier à Léon, j'ai vu leurs femmes et leurs mœm*s. Chez nous, toutes sont soumises ; elles s'efforcent à l'envi de plaire à leur seigneiu*; avec deux eunuques on gouverne vingt femmes... mais allez chez les Espagnols, une femme gouverne vingt hommes...
1^. NOUMAN. Apporte ici du sorbet et des fruits, je veux que Mojana vienne dans ce pavillon me tenir compagnie.
B. MUSTAFA. Entendre, c'est obéir. ii sort.
B. NOUMAN. Zeïn, tu seras toujouis un Bédouin. — Toujours occupé de l'idée du moment, il oublie ses amis et leurs invitations pour courir où son caprice l'appelle.... Je pense que la fantaisie l'aura pris d'aller rompre une lance avec quelque chevalier nazaréen. Puisse Allah le protéger!
B. MUSTAFA rentrant. Seigneiu:,seigncur, ton ami Zcïu de^
n L'AMOUR AFRICAIN.
cend de cheval à ta porte. Par Allah ! je crains bien qu'il ne lui soit arrivé quelque malheur, car Abjer n'a plus sa
belle selle brodée... peut-être... Entre Zeïn habille très-simplement.
H. NOUMAN. Zeïn-ben-Humcida, que Dieu soit avec toi ! ZEÏN. lladji'Nouman, que Dieu soit avec toi ! As4u cinq mille dinars à me donner?
H. NouMAN. Oui. Te les faut-il tout de suite? ZEÏN. Le plus vite possible.
fi. NOUMAN donnant une clef à Mustafa ^. Mustafa !
B. MUSTAFA. Daus Tinstaut. n soh.
H. NOUMAN. Tu as VU les tentes du vizir ? Le Bédouin est déjà las de la vie de Cordoue?...
ZEÏN. Je suis retourné à l'armée pour affaires pressantes. J'ai trafiqué, Hadji-Nouman ; mais peut-être ai-je trafique en Bédouin.
H. NouMAN. Aurais-tu attaqué une caravane ?
ZEÏN. Depuis que je sers Abdérame, j'ai oublié ces exploits du désert. Je suis allé vendre mes chevaux, mes bijoux^ pour faire de l'argent.
H. NOUMAN. Eh ! pourquoi ne pas t'adresser à moi?
ZEÏN. J'y ai bien pensé, mais trop tard.
H. NOUMAN. Si je ne me trompe, tu as vendu jusqu'aux pierreries de ton khandjar ' ?
ZEÏN. Oui, et tous mes chevaux, excepté Abjer, qui, tant que je vivrai, partagera jusqu'à mon dernier morceau de pain. — Mais dis-moi si l'on m'a trompé. Combien valait la monture de ce poignard que m'a donné notre glorieux kalife ?
H. NOUMAN. Neuf à dix mille dinars. Peut-être plus.
ZEÏN. Dix mille coups de bâton à mon juif ! Puisse Nékir • le couper de dix mille coups de faux ! Je fais vœu, par la sainte Caaba '' la prohibée, par les tombeaux des prophètes, de couper la tête à douze juifs dans la première ville espagnole où j'entrerai...
H. NOUMAN. A cette colère, on voit que tu as fait un mau* vais marché.
ZEÏN. 11 m'a donné quinze cents dinars.
H. NouMA^ Ës-tu fou, Bédouin^ de faii'e des affaires avec* Uffjuif?
ze!n. Il me fallait à toute force de l'argent. — En passant dans le bezestin S j'ai tu ce irieux coquin d'Abou-Taher qui faisait crier des esclaves à vendre. Une d'entre elles m'a frappe, et il en voulait neuf mille dinars... Hadji-Nouman, jusqu'alors j'aurais appelé fou celui qui paye une fenmie plus qu'un cheval de bataille ; mais que la vue de cette femme m'a fait changer d'idée ! J'aurais presque troqué * Abjer contre cette créature, cette houri échappée du paradis. Mais j'ai mieux aimé courir à Sémélalia ; j'ai vendu tout ce que je possédais, excepté mes armes et Abjer, et avec tout cela je n'ai pu faire que quatre mille dinars. Je compte sur toi pour le reste.
H. NOUMAN riant. Ah, sh, ah ! ûls du désert, te voilà pris à la fin. — Et que je reconnais bien là mon Bédouin, qui agit avant de penser ! Malheureux, tu vas acheter une esclave, et il ne te reste plus de quoi vivre ! Gomment feras-tu pour Tentretenir, elle et Abjer ?
ZEÏN. N'ai-je pas un ami ?
H. NouMAN. Oui, qui pensera pour toi. Il te faut dix mille dinars au lieu de èinq mille, tu vas les avoir.
ZEÏN. Je te remercie, frère. Tu ne te lasseras jamais de me combler de biens.
H. NouMAN. Ah ! Zein, je serai toujours en reste avec toi ! Te rappelles-tu comment nous fîmes comiaissance ?
ZEÏN. 11 m'en souvient assez.
H. NOUMAN. Je me trouvais assez embarrassé de poui*suivre mon pèlerinage à la Mecque ; tu versas sur moi ton outre tout entière *, sans en gai*der \me goutte pour toi. Combien tu as dû souffrir !
ZEÏN. Nous autres Arabes, nous savons souffrir mieux que vous autres seigneurs des villes. Et puis tu étais étendu sur
le sable, abandonné, noir comme un sco]*pion desséché
quel musulman n'aurait fait ce que je fis alors ?
B. MUSTAi'A rentrant. Seigneur, les cinq mille dinars sont en sacs sous le vestibule. Si tu veux les compter...
ZEÏN. Non, non. Prépare-moi un âne pour les porter, et aie soin d'en compter encore autant. 11 y aura cent dinai*s pour toi. l\ boti,
B. jwcMAN. Mustafa !
1^4 IVAMOUR AFRlCAIlt.
B. MUSTAFA. Seigneur !
H. NOUMAN. Un autre esclave fera ce que veut Zeîn. Toi, Va me chercher Mojana. (Mustafa sort.) Le pauvre Zeïn ! soii nouvel amour lui a fait perdre la tête. 11 voulait troquer Àbjer contre cette fetnme ! 11 faut qu'elle ait fait une grande impression sui* lui ! Malheur à qui enchéiira sui* l'esclave ! Zeïn a vendu les pien*eries de son khandjar^ mais il lui reste
encore la lame. Entre Mojana, conduite par B. Hustafa.
Approché, reine de beauté. Ote ce voile trop épais, il ii'y a Ici que ton seigneur pour contempler tes attraits.
MOJANA après avoir ôté son voile. Que Veut mon lion ?
H. NOUMAN. Viens, Mojana, assieds-toi à côté de moi sur ce sofa. — Esclave, apporte la collation. Eh bien ! Mojana; es-tu contente des pai^ures que je t'ai envoyées ?
MOJANA. Seigneur, tu as comblé de tes dons ton humble esclave, qui ne sait comment t'en témoigner sa rcconuaisH sance.
H. NOUMAN. Dans peu tu auras quelque chose de mieux que ces bagatelles.
jiojANA. Ah ! seigneur, tant que j'aurai ton amour, je ine croirai assez heureuse.
H. NOUMAN. Aimable enfant, je suis riche et puissant. Ma richesse et ma puissance t'appartiennent. Souhaite, et iéi souhaits seront exaucés.
MOJANA. Ah ! mon lion ! oserai-je te demander une grâce livant de l'avoir méritée?
' H. NOUMAN. Demande, et tu auras. Ne me demande pas cependant le cheval Abjer de mon anii Zeïn.
MOJANA. Seigneur , ton esclave est si heureuse avec son lion, qu'elle n'a plus qu'un seul souhait à former. Je suis liée dans un pays que je crois fort éloigné d'ici, près d'une ville que Ton nomme Damas. Mon père était un marchand ; mais, parce qu'il avait manqué d'aller à la Mecque, ainsi qu'il en avait fait vœu, Allah lui a retiré sa faveur. En iine année il perdit tout son bien. Mon frère fut tué par les Kurds ; ma mère mourut de maladie. Mon père, pour vivi*e et faii-e vivi-e mes ti*ois sœuis, fut obligé de me vendre ^®. mon seigneur ! permets que je leui' envoie uuo
petite partie des dons qu^ tu m'as îs^iU, que je partage av^c eux le bonheur que tu me fais goûter auprès de toi.
H. NouMAN. Bon cœur ! n'est^^e que cela que tu demandes ? Ton père et tes sœurs viendront en ce^e ville, et je marierai richement tes sœurs, n'eussent-elles qu'une faible partie de ta beauté.
MOJANA. Je me prosterne à tes pieds.
2EÏN derrière la scène. Esclave, rCtire-toi, OU îe te tu§,
H. NouMAN. Qui ose pénétrer ici ? — Mojana, mets fon Toile.
Entre Zeïn te poignard à la main ; Mojana se cache de^ière le soCa.
Est-ce Zeïn qui enti*e ainsi quand son ami est avec son esclave?
ZEÎN. Nouman, quand je t'ai donné l'hospitalité dans ina tente de feutre, ai-je sauvé un crocodile qui devait un jour me mordre et rire de sa morsure ** ?
H. NOUMAN. Que veux- tu dire, Zeïn ?
ZEÏN. Qui t'a donné la hardiesse d'insulter Zeïn, le filf d'Amrou, le scheick " des Humeïdas ?
H. NOUMAN. Eh ! qui de nous deux est insulté ?
ZEÏN. Maure rusé, pourquoi moflVais-tu ton argent, quand tu m'avais enlevé celle que j'estimais plus que le trésor du kalife ?
H. NOUMAN. Moi !
i|EÏN. N'as-tu pas acheté l'esclave d'Abou-Taher ?
H. ^ouMAN. Eh ! quels droits avais-tu sur elle?
ZEÏN icTant son poignard. Tu vas les VOir.
MOJANA se jetant entre eux deux. (Son voile tombe.) AfTÔte, méchant l tu me tueras avant lui.
H. NOUMAN. Tu as donc perdu la raison, Zeïn ? toi lever le poignard sur Hadji-Nouman î Que t'ai-je fait? N*avais-je pas les mêmes droits que toi sur cette esclave ? Ne l'ai-Je pas achetée de mon argent? Est-ce ma faute, si tu as été si lent à conclure ton marché ?
ZEÏN regardant fixement Mojana, d'un air égaré. Tu as rai SOU.
H. NOUMAN. Voilà donc tes folies. Et si cette femme ne, se fût jetée entre nous deux, tu aurais tué ton frère ! VÛn. Moi; je ne pourrais jamais te tuer; Gabriel te cou-.
^ L'AMODft Â]^RIClAf!<.
vre de son bouclier. Tu es son favori^ et moi Je suis voué à Éblis ".
H. NOUHAN. Je te pardonne^ Zeïn, mais...
ZEÏN. Fou que tu es! dis donc à cette femme de remettre son voile, ou je ne réponds pas de moi. Nouman, je te prie de me pardonner. Mais le simoun ^^ n'est pas plus brûlant et plus impétueux que Tamour d'un Arabe.
H. NouMAN. Tu es Meu agité...
KEÏN. Écoute, quand je te sauvai la vie, tu me dis de te demander quelque chose... que tu me l'accorderais! T'ai-je demandé encore quelque chose? dis.
H. NOUMAN. Non.
ZEÏN. Donne-moi cette femme.
H. NOUMAN. Sais-tu combien je l'aime?
ZEÏN. L'aimes-tu comme moi ? Ferais-tu cela pour elle ?
(Il se perce le bras de son poignard ^'.)
H. NOUMAN. Tigre féroce, que feras-tu de cette timide ga« telle?
ZEÏN. Allons !
H. NOUMAN. Je ne puis t
ZEÏN. Dans le désert on respecte ses serments.
H. NOUMAN. Prends tous mes biens... Je te donne tout..,
ZEÏN. Plaisant échange !... c'est à Zeïnque tu le proposes, à Zeïn qui donna au vieux El-Faradje tout le butin de la tribu des Zinebis pour le seul cheval Abjer! Eh bien! moi, Zeïn, je t'offre Abjer et le khandjar d'Amrou, si tu veux me donner cette esclave.
H. NOUMAN d'un ton sapplianl. Zeïn !
ZEÏN. N'as-tu pas juré par la Gaaba la prohibée, par les tombeaux des prophètes, par ton sabre, de m'accorder m9 première demande?
, H. NOUMAN. Que ferais'tu à ma place?
ZEÏN hésitant. Ce que je ferais?...
H. NOUMAN. Oui, toi, Zeïn?
ZEÏN. Je... je te tuerais ! tire ton khandjar !
H. NOUMAN. Non, je ne puis me battre contre celtii qui m'a isauvé la vie dans le désert. — Écoute, Bédouin. 11 est un moyen de nous an*anger. Que Mojana choisisse son maître. Si eUe te préfère^ elle est à toi.
2EÏ?i. Est-ce là remplir ta parole?
H. NOUMAN. Mojana, choisis.
HOJANA. Hësiterai-je entre mon bien-aimé et ce sauvage farouche! mon seigneur! ton esclave t'aimera toujours.
(Elle se jette dans les bras de Hadji Noumao.)
H. NOUMAN. Mojana ! — Zcln^ tu m'ôterais une esclave qui m'aime tant!
ZEÏN accablé. Vous êtcs faits l'uu pour l'autre... et moi, que je suis malheureux ! En naissant j'ai donné la mort à ma mère. A douze ans, j'ai crevé un œil à mon frère d'un coup de flèche... et voilà qu'aujourd'hui j'ai voulu tuer mon ami. Je lui ai reproché un bienfait... Oh ! cela est in* digne d'un Arabe. — Adieu, Hadji Nouman.
H. NOiTMAN. Zeïn, demande-moi quelque chose que je puisse te donner.
zEiN. Je n'ai besoin de rien. Je retourne à mes tentes du désert.
H. NOUMAN. Reste auprès de ton ami.
ZEiN. Je ne puis.
H. NOUMAN. Pourquoi me fuis-tu?
ZEÏN. Un jour peut-être je te tuerais. Je me connais bien.
H. NOUMAN. Tu as le droit de me tuer^ je mérite toute ta Colère..*
ZEÏN. Quoi ! c'est une femme qui l'a rendu parjure, qui m'a presque rendu assassin I Mais moi, pour posséder quelques chameaux, û'ai-je pas rendu plus d'une épouse veuve, let plus d'un enfant orphelin !
^B. NOUMAN. Reste avec moi, ou je te suivrai au désert.
2EÏN. Et cette esclave, y viendra-t-elle ?
H. NOUMAN. J'ai une sœur qui est belle, Zeïn. Je te la donnerai...
ZEÏN. Frère, dis à ton esclave d'ôter son voile, que je la voie encore une fois avant de partir.
H. NOUMAN. Mojana, lais ce qu'il souhaite. Jette un regard d'amour sur Zeïn, car il est mon ami...
ZEÏN. Hadji Nouman, quAlIah!... (Atec fureur.) Tiens, battons-nous, et que le sabre en décide !
H. NOUMAN. Voilà ta frénésie qui te reprend! Mojana;, re* iire-toi«
ZEÏN. (Il se met devant la porte.) Non^ aX^He^ Itfojana ! (A
Hadji Nouman.) Parjure ! lâche ! traître ! infâme paijuie^ tu ce m*^happer£^s pas !.. .
U. NoqMAN. MalheureipE Zein^ que fais -tu?
ZEÏN. Cette fempie est à ujoi. Que m'importe qu'elle iq'aime pu me déteste? N'f^-jÇ pas dompté plus d'un étalon farouche? je saurai bien réduire cette pouliche. Mojana, suis ton maître, ou je te çoup^ la tête.
MOJAMA se jetant dans les bras de Hac^i Noumaa. Sçlgueur, OlOU
lion^ défends-moi } H. NOuifAN. Arrête.
ZEÏN. Tire ton sabre. H. NOUMAN. Tu ne pe^^te défendre... ta ma^i tremble..;
XEÏN le blessant. Que diS-tU dç Ce COVlp-là?
H. NOUMAN le frappant. Et toi de Celui-ci...
p;ÏN renversé, ftéjoiiis-toi^t pordou^u, tu as ^euversé le héros de l'Yémen.
H. NOUMAN. Malhe^rei:^^! j'ai tué celui qui m'a sauvé la vie!
ZEÏN. Et moi, j'ai combattu contre mon hôte ! moi, scheick des Humeïdas les hospitaliers I Allah ! Allah ! tu es juste !
fi. NOUMAN. Et moi, quels tourments ne mérité-je pas ! je me suis parjuré par la Caaba la prohibée, et j'ai tué mon
ami.
iioJANA. SeignevjrJ...
ç. NOUMAN. Misérable! c'est toi qui l'as tué. Tu n'es pas une femme, tu es quelque Alrite "... Éblis lui-même,
ZEÏN. Éblis.... Uoi'attend!... Adieu, frère... Abjer... rie l'oublie pas... Il y a une négresse de Dongola qui est grosse
^e moi...(Unieurt.)^
H. NOUMAN. Mon frère ! Zeïu, Zeïn !
M04ANA. Seigneur, pevpiets h. ton e$clave...
H. NOUMAN lui donnant un coup de poignard. TicUS, malhCU-
reuse ! c'est Je sai^ig de Zeïn qui se môle au tien.... Allons, Zeïn, nous restons amis. Cette femme est morte.... Zeïn? îeïn?... Tu nç réponds pas, frère?
B. MUSTAPHA eutrant. Seigneur, le souper est prêt et la plèçe
^ fi. NOUMAN. Ah r cela est diflerent. (Tou» se relèvent.)