‹ Théâtre de Clara Gazul: comédienne espagnole, suivi de La Jacquerie et de LaChapitre 55 sur 157 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

DONA URRACA. Maîs... Quc VOUS êtes insupportable!... Voyons, fermez la fenêtre.

DON PABLO. Encore un, vous n'en pécherez pas davantage.

DONA URRACA. Nou, laissez«moi, de grâce.

DON PABLO. Qu'avez-vous là au cou?

DONA URRACA. G'est uu chapelct avec des âgnus Dei, bénits pai' notre Saint-Père le pape.

DON PABLO. Mais mon portrait? ma chaîne? qu'en avezvous fait? Ah ! Urraca, vous avez donné la chaîne, j'en suis sûr, à ce père Bartolomé du diable, pour orner le col de quelque madone.

DONA URRACA. Nou, tout est daus ma cassette, mais j'ai pensé que dans un jour comme celui-ci...

DON PABLO. Un jour comme celui-ci devrait être rayé du calendrier !

DONA URRACA. Y pcuscz-vous, dou Pablo ? N'est-ce pas aujourd'hui?...

DON PABLO. Tenez, parlons d'autre chose. — Vous devriez bien prendre un confesseur plus vieux. On en jase, et moi j'en suis inquiet.

DONA URRACA. Épargnez au moins une sainte personne, si vous n'avez pas plus d'égards pour moi.

DON PABLO. Parbleu ! je le traite comme il le mérite, car je siippose qu'il vous dit bien du mal de moi.

doSa URRACA. Au Contraire, Pablo. Ce pauvre homme! il espère que vous vous convertirez un jour, par. . . Il y a longtemps que je pèche pour vous sauver, ingrat.

iM)N PABLO. Oui, vous savez combien je suis reconnaissant de toutes vos bontés, mais faites-moi encore un dernier sacrifice. Congédiez honnêtement Fray Bartolomé.

DONA URRACA. Nou, il était le confesseur de mon mari, avant qu'il ne partît pour le Nouveau-Monde, et don José s'est toujours bien trouvé de ses conseils.

DON PABLO. Eh! par cent charretées de diables! c'est précisément pour cela qu'il faut lui fermer la porte. Comment ! vous avez quitté votre mari pour moi, et vous ne quitteriez pas votre diable de confesseur?

DONA URRACA. Oh ! uc jurcz pas, je vous en supplie, Pablo... un mercredi des Gendres!

m LE GlliiL ET L^SNFIîiR.

iKiM PA^LO. Avec Y08 foUes^ YÛU8 feriez jurer les saints ^e pierre de vos églises. Voyons, pour la dernière fois, laissq^ moi vous dire eomment je vous aime.

DONA URRACA. ^ou, revenez demain.

Idon PABLO4 Et demain je suis de garde. Dieu me damne!

DONA URRACA. Mon cber Pablo, si vous ne pouvez vo,us empêcher de jurer, jm'ez au moins d'une autre manière^ Qu'est-ce que cela vous coûterait de dire « Maudit sqit Satan ! » par exemple, ou bien z « Non^ d'une pipe ! 9 comme beaucoup de militaires le disent q[qan(l Us sont ei^ colère?

Don PABi^o. Adieu!

DONA URRACA. Adi^u, mou &me I

DOS PABLO. Urraca?

DONA URRACA. Qu'cst-cc ? qu'avcz-vous à rire?

DON FABLo. Ne veuez-vous pas de m'appeler votre 4nip?

DONA URRACA. Oui, pourquoi, cher?...

DON PABLO. C'est aujourd'hui le pfierci'edi des Cendres.

DQNA URRACA. MécbanU poùvez-vous plaisanter s^r dc^ choses pareilles! — Je ne vous parlais pas avec une affection mondaine.

DON PABLO. Eh bien ! pour adieu donnez-moi un baiser tout céleste, et tel que les chérubins...

DONA URRACA l'^mbnsfant. Ne blasphème pas I

DON PABLO . Adieu, ma belle amie. A vendredU niatin.

DONA URJiACA. Vendredi ? . . . mais c'est. . .

DON PABLO. Eh I corps du Christ ^ I c'est le jour d0 Vénus. A vendredi. Adieu. - u sort.

. DONA DftHACA seule. Quel dommage qu'un si bel homme, et un si bon cœur, soit athée comme ^n païen ! Pourtant, i! faudra bien qu'il se convertisse un jour ou l'autre. Ce serait conscience de laisser au diable ^ne âme comme ce^ là. (Une pendule tonne.) Quatre beures. Ah ! c'est le momept que Fray Bartolomé va venir me faire sa yisite et me dqnner ses saints consuls. Il faut que je li;i prépare les consey-

f es de roses et le inara£>qV(in. {JS)\e çmjipp u^e armoire et en tir«

des confitures.) Et pi|is je m'en vais lire im phapUr^ du Kempis qu'il m'a doimé... ^'en d^ l^esoin... ce Pablo m'a foute troublée... Où est-U?... Ah! ^ ^el hç^safd 9r\^ laiss^

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