V. BARTOLOHÉ. Eh ])ien ! vous hii en donnerez cinquante
DONA URUACA. Mais ce pauvre petite il ne tous aura pas reconnu.
F. BARTOLOMÉ. Mais il me déchire toujours mes soutanes... Cependant^ puisque c'est un animal privé de raison... vans ne lui donnerez pas de sucre pendant trois jours.
DONA URRACA. Pauvre chien !
F. BARTOLOHÉ. Et puis?
DONA URRACA. Et puls... Ah! mou père... une mouche... est-ce maigre?
F. BARTOLOHÉ. Une mouchc? Gomment?
Doî^A URRACA. Oui; jc craius d'en avohr, par még^rde^ avalé une aujourd'hui dans mon chocolat. Je m'en suis aperçue, mais trop tai-d.
F. BARTOLOHÉ. Était-ce une petite ou une grosse mouehet
DONA URRACA. Une très-petite.
F. BARTOLOHÉ. Âlors, C'était maigre. Les petites, qui s*eagendrent dans l'eau, sont maigre; mais les grosses, qui s'engendrent dans Tair, sont gras... -*- Avec cela, je crains bien, mon enfant, que vous n'oubliiez quelque péché pire que tous les autres.
DONA URRACA. Moi, mou révércud père?... mais... * F. BARTOLOHÉ. Oui; VOUS uc me parlez pas?... Ifeint...
DONA URRACA . DC qUOi ?. .,
F. BARTOLOHÉ. Dc don Pablo?
doSa URRACA. Don Pablo... je...
F. BARTOLOHÉ. Oui; auricz-vous recommencé avec don Pablo ce péché... dont?
DONA URRACA. Mais... je...
F. BARTOLOHÉ. Ah ! mou cufant^ Je vois dairement que tout cela est arrivé !
Do9iA URRACA. Jc... u'al pu l'en empêdier... C'est que... il se serait porté sans doute à quelque acte de désespoir, «% Comment faire? il est si violent!,..
F. BARTOtoMé. C*esi mal! bien mal! Aornoii» esférez-
V008 le convertir?
DONA URRACÂ. le n'en désespère pas encore.
F. BARTOLOKÉ. D îaut TOUS mortiûer^ ma fille^ il faut vou» mortifier!...
DON A URRACA. Hélas ! je suis prête à me soumettre à toutes les pénitences que vous voudrez bien m'imposer.
p. BARTOLOMÉ. Âvaût tout^ il faudrait fermer votre porte à don Pablo.
DoÂA URRACA. Hélas ! mon père... Est-ce qu'il n'y aurait pas d'autre moyen?... Je crois bien qu'il sera touché un jour... — Depuis longtemps je me proposais de faire cadeau à votre église àe ces candâabres d'argent ^e vous avez admirés l'autre jour.
F. BARTOLOMÉ. La Sainte mère de Dieu vous en récom-
pense ! centuplum accipies... Il est vrai que l'aumône est un moyen puissant de faire pénitence... mais... cependant....^
DONA URRACA. Ic ics ferai porter au couvent dès demain matin.
F. BARTOLOMÉ. Allous VOUS scrcz raisonnable nous
patienterons encore... mais vous direz tous les jours dix pater et dix ave en vous levant^ et sept... non... dix en vous couchant et sept en vous levant.
DONA utiRACA. Oui^ mon père^ je les dirai tous les joiurs bien xcguHèrement.
F. BARTOLOMÉ. Àh çà ! mou enfant^ j'avais quelque chose avons demander. Gda intéresse fortement l'Église etTÉtat, dt TOUS pouvez les sauver^ je pense^ d'un grand péril.
boNA URRACA. Mol ! Jésus Maria ! Je suis toute prête.
w. itARTOLOMÉ. Il court un pamphlet imprimé dandestinemeht...
DONA URRACA. Je puis me relever?... vous avez fini de me confesser t
F, BARTOLOMÉ. Oui, mOU CUfaUt. (Dona Urraca se f elèTe.) — tl
court un pamphlet intitulé : a Ouvrez les yeux,,. » Qu'avez- Toiis à rougir?
DONA bRRACA. Moi^ je rougis!... c'est le reflet du rideau;
F. BARTOLOMÉ. Il Serait essentiel d'en connaître l'auteur, cl Dous en soupçonnons... Vous êtes troublée ?...
m LE CIEL ET L'ENFER.
DONA tJAAACA. En aucune façon.
F. BARTOLOME. Nous cn soupçonnons don... don Pablo.
DONA URRACA. Don Pablo ! lui, écrire des pamphlets l Vous le connaissez bien peu ! Un pamphlet écrit par don Pablo î Je vous jui*e bien que d'ici à longtemps don Pablo n'écrira de pamphlets. — D'ailleurs, il est trop fidèle vassal de Sa Majesté pour écrire quelque chose contre son gouvernement.
F. BARTOLOMÉ. Comment savez-vous que Ton y parle contre le gouvernement du roi notre seigneur?
DONA URRACA. Vous vencz de me le dire.
F. BARTOLOMÉ. Jc ne VOUS cu al pas dit un mot.
DONA URRACA. Jc me suis donc trompée.
F. BARTOLOMÉ. S'il cu était l'auteur^ assurément vous en seriez instruite?
DONA URRACA. San S doute.
F. BARTOLOMÉ. Et VOUS êtes trop sincère pour ne pas me découvrir...
DoîÎA URRACA. Ouî ; s'il y avait quelque chose de vrai là dedans, vous le sauriez déjà.
F. BARTOLOMÉ. La favcur dont sa famille jouit auprès de Sa Majesté nous empêche de le faire arrêter avant d'être plus amplement instruits, comme nous le ferions pour un autre.
DONA URRACA. Quclles raisous avez-vous pour lui attribuer ce pamphlet?
F. BARTOLOMÉ. Je uc sais : quelque rapport entre ce que vous m'avez dit de ses opinions religieuses et certaines phrases que j'ai retrouvées dans ce petit ouvrage.
DONA URRACA. En vérité ! vous n'avez pas d'autres preuves ? : F. BARTOLOMÉ. Aucune autre.
DONA URRACA. Dou Pablo aimc trop son roi pour rien écrire de séditieux. Je sais qu'il n'est pas trop dévot, mais il accomplit publiquement les devoirs de sa religion. Il communie avec les officiers de son régiment régulièrement une fois l'année, et jamais il ne fait parade de ses opinions philosophiques.
F. BARTOLOMÉ. Alors jc me suis trompé. Je suis bien aise que vous me rendiez ce témoignage de lui. Cependant, si