SCÈNE II. 17S
Dof^A umiACA. Oui, moi! La jalousie^ la fureur... m'ont ^arée...
DON PABLO. Ton amour était fort ! je n'aurais pas crv^ qu'^ allât si loin. — Mais relève-toi, et embrasse-moi.
DONiL iQuucA. Tu me pardonnes ?
DOfi PABLO. Je ne pense qu'à ton amour. Peste ! il était fort {
DoJîA caii;.C4, Pablo, je suis gr^^ude, tu vas prendre meci habits et te sauver.
DON PABLO. Doucement. Ils seraient capable de te pepdr^ à q^a pl^ce.
' DONA URRACA. Jésus Maila ! que devenir?
DON PABLO. Il faut se résigner, ma reine, et passer Qos derpiers moments à faire toutes les folies possibles.
DONA uiiRACA. I^cpute. Fray Bartolomé, qi4 m'a fait entrer ici, doit veuir dans un instant. C'est lui <p4 m'i^ arraché ton secret.
DON PABLO «vec inquiétude. Diable ! et par quel moyen ?
PONA UKRACiv. En me montrant ce malheureux portrait. n va venir. J'ai un poignard dans ma jarretière j; ti| |fi tueras, et tu prendras, sa robe.
DON PABLO. Moi!
DONA CRRACA. Après moi ce traître est cause de ta mort.
DON PABLO. Il a fait son métier d'inquisiteiu*.
DONA URRACA défaisant sa jarretière. Tiens ce poignard.
DON PABLO. La jolie jambe ! laisse-moi la baiser.
DONA URRACA. Prends ce poignard, te dis-je.
DON PABLO. Fi donc ! nous autres militaires, nous ne savons pas nous sendr de ces outils-là. Pour me sauver je ne veux pas tuer un honune.
DONA URRACA. Rcuds-moi mon poignard.
DON PABLO. Laisse-moi le remettre où il était.
doSa URRACA. Donne. Voici Fray Bartolomé.
DON PABLO à Fray Bartolomé. Eh bien ! mon révérend, on dit cpie vous voulez absolument me causer certaine suffocation...
F. BARTOLOMÉ. J'en ai bien du regret, mais...
DON PABLO. Oh ! vous êtes trop honnête, en vérité; mais, est-ce qu'il n'y aurait pas moyen de s'arranger à l'amiable?
f, BARTOLOMÉ, Dofia Urraca a dû vous dire...
DONA URRACA. Mon père, exhortez-le vous-même avec votre éloquence ordinaire. Asseyez-vous. (Au geôlier dans u coulisse.) Laissez votre lanterne à la porte, le révérend père va sortir dans un moment.
F. BARTOLOMÉ. Mou très-chcr frère, si vous songiez aux tourments qui vous attendent dans l'autre monde, vous n'hésiteriez pas à remercier le tribunal de l'indulgence dont il veut bien user à votre égard ; il vous ofifre une retraite dans un couvent. Vous y ferez le salut de votre âme, au lieu que, si vous persistiez....
DONA URRACA le frappant. C'est là qu'on frappe le taureau *.
F. BARTOLOMÉ. Ah! (U meurt.)
DON PABLO. Grand Dieu !
DONA URRACA. Arrachous-lui sa robe avant que le sang ne la tache. Prends son chapeau, sa lanterne... suis-moi. Dis-moi, n'ai-jé pas de tache de sang? — ... Tu ne réponds pas. Viens donc, Pablo ; nous allons quitter ce pays, et nous ne nous brouillerons plus jamais... Viens.
DON PABLO. Ainsi unit cette comédie; excusez les fautes de l'auteur^
NOTES