SCÈNE II. m
wm PABLO. Faire pénitence publique?... entrer au cou«vent?... Peste! rien que cela? Je baise très-humblement les mains de mon infante^ mais j'aime encore mieux être pendu que moine.
ixmA uRRACA. Impie jusqu'à la fin ! Et tu ne penses pas h l'enfer qui f attend?
DON PABLo. Trêve de sermons. Écoutez, on me pend demain^ ma belle amie. Aujourd'hui est à moi. Profitons de roccasion, et faites-moi passer encore quelques bons mo« ments.
DONA URRACA. J'aimcrais mioux, païen, mettre moi-même le feu à ton bûcher.
DON PABLO. Oh ! oh ! quel joli petit langage ! N'êtes-vous point folle, Urraca, ou bien ne peut-on entrer dans ses murs sans devenir dur et méchant comme un inquisiteur ?
DONA URRACA. Ghoislssez, monsieur ; je vous le répète, la mort, ou la vie aux conditions que je vous ai dites ?
DON PABLO. Monsieur ! de plus fort en plus fort ! De grâce, qu'avez-vous î
DONA URRACA. Je sais que vous n'avez plus qu'un jour à vivre... Gomme votre ancienne amie... comme ayant été votre amie, j'aurais de la joie à voir votre repentir.
DON «PABLO. Je suis donc bien enlaidi dans la prison, pour que vous me traitiez de la sorte?
DONA URRACA. Je VOUS eu conjure, monsieur, laissons ces idées d'un autre temps. Je vous en supplie, faites pénitence.
DON PABLO. Eh ! mille diables ! ne finirez-vous pas? Ce langage m'ennuie à la fin. Urraca, si vous êtes dans un accès de dévotion, moi, j'ai une rage d'amour. Ainsi laisses là votre pénitence et votre couvent...
DONA URRACA. Dou Pablo, je te déteste ! mais repens-toi^ je t'en conjure !
DON PABLO. Toi, me détester !
DONA URRACA. Oui, traître ! mais tes perfidies, tout atroces qu'elles sont, ne me font pas désirer ta mort.
DON PABLO. Traître ! perfidies ! Passe encore pour impie^ mais je n'ai de ma vie trahi personne.
DONA URRACA. Tu u'as trahi personne !
DON PABLO. Non, je n'ai trahi personne. Je soupçonne don
Agustin de m'avoir vendu, car il savait €pie j'étais rautenr du pamphlet. Il a eu peur et s'est hâté de dénoncer son complice, pour que le soupçon ne tombât pas sur faii. Mais cependant je ne dirai jamais ce que je sais sur son compte,
DON A URRACA. Oui, VOUS avcz de l'honneur avec les honunes; mais avec les femmes?
DON PABLO. Depuis le temps que je vous connais, vous ai-je fait une infidélité ?
D09a UBRACA iroDiquemeBt. Non, pas UDô!
DON PABLO. D'honneur, pas une.
DONA URRACA 4e roéma. OouragC !
DON PABLO. Qu'avez-vous donc à sourire?
DONA URRACA. Je tï» Gù peusant à tous les tourments que tu vas souffirir en enfer pour tes parjures.
DON PABLO. Étrange jalousie ! le vous jui« sur mon hoth neur...
DONA URRACA. Tais-toÂ, misérahle! regarde ce portrait ;& qui Vas-tu donné ?
DON PABLO. Urraca, combien y a4-il que je V0119 connais?...
DONA URRACA. Tu te vois coufoudu, homme d'honneur !
DON PABLO. 11 y a deux ans. La première fois que je vous vis, je venais de passer de Técole de Ségovie dans les carabiniers ; vous rappelez-vous mon uniforme tout neuf qi)i in'attira des compliments de votre part î — Or, je vous prie, regardez ce portrait ; quel en est Tuniforme-t
DONA URRACA. Dieu ! celui de Ségovie !... Don Pablo ! (Bile
ae jeUe dans ses bvas.)
D^ PABLO. Ah, ah, ah ! la vieille Bélisa, que j'ai quittée pour toi, aura voulu te jouer un toiu*. EUe est médiante èomme toutes les vieilles ! Il y a plus de trois ans que ce portrait est fait.
DONA URRACA. Pardonne-m(û... cher ami ! Je suis une miséraUe... je mérite la mort... tue<-moi !
DON PABLO. Gomment ! nous sommes meilleurs amis qqi devant. Qui n'est pas jaloux, n'ainae point.
doKa URRACA. Malheui*eux \ si tu savais ^ t'^ dénoiieél -«- C'est moi.
. BON PABLO* Toi!