‹ Théâtre de Clara Gazul: comédienne espagnole, suivi de La Jacquerie et de LaChapitre 75 sur 157 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

DONa MARIA, DONA IRÈNE, DONa XIMENA, DONA FRANCISCA.

DONA IRÈNE. Mariti, Mariquita, où vas-tu donc ? Pourquoi nous fuis- tu?

DONA XIMENA. Qu'as-tu douc, Mariquita? tu as les yeux rouges; on dirait que tu viens de pleurer. Ah ! je devine^ tu lisais un roman qui finit mal.

DONÀ MARIA. J'ai mal à la tête.

DONA FRANciscA. Pauvre amie! Oui, ton front est brûlant. Reste ici^ à Tombrc^ crois-moi. On étoufife dans nos chambres. Asseyons-nuus sur ce banc ; tu appuieras ta tête sur mon épaule^ et moi... (bas) j'ai tant de choses à te dire, chère Mariquita ! 11 faut absolument que tu restes et que tu m'écoutes.

DONA IRÈNE. Mariqulta, sois juge entre Ximena et moi.

DONA XIMENA. Un bcau juge que tu prends ! Comme si elle se connaissait à ces sortes de choses. Passe encore pour Francisca.

DoxA IRÈNE. Il n'est pas besoin de tant de connaissances, puisqu'il s'agit seulement de dire son goût.

DONA FRANCISCA. Nc la toui'meutez pas avec vos questions ridicules. Pauvre enfant ! vous voyez bien qu'elle est malade.

DONA IRÈNE. Oui, c'ost qu'apparemment tu veux l'ennuyer à toi toute seule. Vous êtes insupportables toutes deux avec vos éternelles amitiés.

DONA MARIA bÂiii&at ^ Dc quol s'agit-ll, Irène?

DONA IRÈNE. FI ! que cela est vilain de bâiller ainsi au nez des gens !

DONA MARIA. J'ai uu grand mal d'estomac.

DONA IRÈNE. Tu as VU CCS officicrs de marine qui sont venus avec TEsmeralda et qui ont entendu la messe hier à notre église? Eh bien ! Ximena, qui est déjà éprise de l'un d'eux, s'en vient nous dire que leur uniforme est plus beau que celui des 'dragons d'Amérique. Comment la trouvestu ? Les officiers de marine qui sont habillés si simplement, tandis que les dragons d'Amérique, avec leur uniforme vert et jaune, les galons d'argent, le pantalon gi-is avec le passe-poil orange, le casque noir et le plupiet...

DONA XIMENA. Oui, avec ce costume-là, ils ont l'air de canaris, tandis que les marins avec leur habit bleu et rouge, le pantalon blanc... C'est une tenue sévère qui sied bien à des militaires. Et puis j'aime beaucoup leur chapeau bordé d'or, et je suis folle de leur poignard.

DONA IRÈNE. Les couductours de mules et les ouvriers du port ont aussi des poignards ; mais un grand sabre traînant qui résonne sur le pavé, y a-t-il quelque chose de plu»

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