‹ Théâtre de Clara Gazul: comédienne espagnole, suivi de La Jacquerie et de LaChapitre 82 sur 157 · SCÈNE VII. !M · texte numérisé non relu

SCÈNE VII. !M

m*en parerai jamais ; acceple-les, je le veux. Tiens, voici la clef de ma cassette, prends mon écrin, et pars cette nuit même.

DONA FRANCISCA. Mais...

DONA MARIA se icTaht. Prends, te dis-je, et laisse- moi.

DONA FRANciscA. Jc le vois. Maria, je t'ai scandalisée, tu me mjéprises et tu veux te débarrasser de moi. Ta* vertu sévère ou ta dévotion me condamne : cependant, par un reste d'amitié, tu ne veux pas me perdre ; mais, si tu ne m'aimes plus comme auparavant, je n'accepte pas tes dons.

DONA MARIA. Si tu me crois de la dévotion ou des scrupules, tu te trompes fort. Si tu aimes véritablement Fray Ëugenio, si tu es véritablement heureuse avec lui... tu as bien fait.

DONA pRAHciscA. Ta voix cst tremblante, et tu caches mal ta colère. Mariquita, dis-moi, qu'as- tu ? Est-ce contre moi que tu es en colère ? réponds-moi.

DONA MARIA. Je t'ai dit que j'étais malade... j'ai une migraine horrible, et depuis une heure tu me paries de ton Fray Eugenio, de... Tiens, laisse-moi seule ici, et prends ma clef.

DONA FRAKCiscA. Nou, jc ne veux pas avant d'avoir consulté Eugenio.

DONA MARIA. Eh hieu ! comme tu voudras ; mais, pour Dieu, laisse-moi ! chaque mot que tu dis me casse la tête.

DONA FRANCiscA. Maria, tu ne m'aimes plus, je le vois bien.

DONA MARIA. Va, je t'aime plus que je ne le croyais moimême.

DONA FRANciSGA. Je te laisse, puisque tu veux être seule, Mariquita ; mais au moins embrasse-rnoi pour me montrer que tu m'aimes toujours.

. DONA MARIA Jui tendant la joue. Es-tU COntcnte?

DONA FRANCISCA. Jc t'cmbrassc comme j'embrasse Eugenio. 11 a l'haleine aussi douce que toi. Mais tu te fâches; aâieu. Elle sort.

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