SCÈNE II
don pablo. Il a fait son métier d'inquisiteur.
dona urraca défaisant 'sa jarretière. Tiens ce poignard.
don pablo. La jolie jambe ! laisse-moi la baiser.
dona urraca. Prends ce poignard, te dis-je.
don pablo. Fi donc! nous autres militaires, nous ne savons pas nous servir de ces outils-là. Pour me sauver je ne veux pas tuer un homme.
dona urraca. Rends-moi mon poignard.
don pablo. Laisse-moi le remettre où il était.
dona urraca. Donne. Voici Fray Bartolomé.
don pablo à Fray Bartolomé. Eh bien ! mon révérend , on dit que vous voulez absolument me causer certaine suffocation....
F. bartolomé. J'en ai bien du regret, mais...
don pablo. Oh! vous êtes trop honnête, en vérité ; mais est-ce qu'il n'y aurait pas moyen de s'arranger à l'amiable?
f. bartolomé. Dona Urraca a dû vous dire....
dona urraca. Mon père, exhortez-le vous-même avec votre éloquence ordinaire. Asseyez-vous. (Au geôlier dans la coulisse.) Laissez votre lanterne à la porte, le révérend père va sortir dans un moment.
f. bartolomé. Mon très-cher frère, si vous songiez aux tourments qui vous attendent dans l'autre monde, vous n'hésiteriez pas à remercier le tribunal de l'indugence dont il veut bien user à votre égard; il vous offre une retraite dans un couvent. Vous y ferez le salut de votre âme, au lieu que, si vous persistiez
dona urraca le frappant. C'est là qu'on frappe le taureau 8 .
f. bartolomé. Ah! (Ilmeurt.)
don pablo. Grand Dieu!
dona urraca. Arrachons-lui sa robe avant que le sang ne la tache. Prends son chapeau, sa lanterne... suis-moi. Dismoi , n'ai-je pas de tache de sang? — ....Tu ne réponds pas. Viens donc, Pablo; nous allons quitter ce pays, et nous ne nous brouillerons plus jamais.... Viens.
don pablo. Ainsi finit cette comédie; excusez les fautes de l'auteur.
NOTES