‹ Théâtre de Clara Gazul, comédienne espagnole suivi de La Jacquerie, scènes féodalesChapitre 88 sur 159 · CAJIROSSI · texte numérisé non relu

CAJIROSSI

M.iBTiNR/.. Oui, monseigneur. Il souille un vent frais de h mer, el il n'j a pas un nua^c dans le ciel.

lê iiï:fe— roi. Je donnerais mille piastres Fortes ppur qu'il plùl A verso. Alors je resterai- volontiers dans mon fauteuil a me dorloter; mâts par ùti temps comme celui-ci... quand toute la ville sera dans l'église... renoncer à se montrer, et céder le premier rang aux Auditeurs!...

MARTINEZ. Ainsi Votre Altesse se décide.».

le vice-roi. Les mules sont attelée»?...

ma rrriN !•:/.. Oui, monseigneur, elles sont attelées û ce beau carrosse qui vous est arrivé d'Espagne.

LE vice-roi. Les habitants de Lima n'eu oui jamais vu un semblable... Quel t 'Ilot cela va produite L.. el je renoncerais à ce plaisir-là! Non, ma foi!... Mes deux gardes 1 sont habillés de neuf, et je ne 1m 4 suis pas encore montré au peuple avec mon habit de gala et la plaque dont je viens d'être décoré... On ne peut perdre une aussi belle occasion... Marirnez, j'irai; oui, vive Dieu! et je mai (.lierai, lue fois au bas du grand escalier, le plus fort sera fait. Qu'en dis-tu . Martine; martinez. Le peuple sera enchanté de voir Sou Alti le vice-roi. .Lirai, morbleu! et les Auditeurs, qui s'attendaient à jouer le premier rôle, en cre\eront de dépit... h, leurs, je ne puis me dispenser d'y aller... L'évoqui allusion, en chaire, à l'ordre dont je viens d'être décon est agréable de s'entendre dire ces choses-là... Allons, effort... (Il tonne. Entre liait hasar.) Qu'on m'apporte 1 habit de gala... Toi, réponds aux Auditeur- qu'ils aienl .1 prendre place derrière moi pour la cérémonie... balthasai donne-moi des souliers et des bas de soie... .le veux allei l'église.

RALTUASAR. A l'église, monseigneur! et le docteur Pine.la qui a défendu que Votre Altesse sortît !

le vice-roi. Le docteur Pineda ne sait ce qu'il dit... sais bien si je suis malade ou si je ne le suis pus... .le 1 îa goutte... Mon père ni mon grand-pere ne l'ont jamais 1 1 Il voudrait me faire croire qu'on a la goutte à mon ùge Martinez, quel ùge me donnes-tu '!

martinez embarrassé. Monseigneur Votre Altesse 1 -

bon visage... à coup sur...

Dl SAINT- SA CR KM EJÎT.

le vice— roi. Je L:iVj;(* que lu ne devines pris... on

m un i\i:z. Quarante... Hein?...

LE VICE-ROI. \ a , va, lu n'y os pas... Allons, Ballhasar... habillons-nous... // fait des efforts pour se lever.) Aidez-moi dontf, \uus autres... plus doucement... Aïe... Plus doucement, morbleu... Je ne sais ce que c'est, mais il me semble que j 'ai dix mille aiguilles dans ma pantoufle.

BALTiiASAB . Xe vous exposez pas à l'air, monseigneur ; cela serai! dangereux.

LE vice-roi essuyant de marcher. Oh! vive Dieu! quelle

ulour! Jamais je ne pourrai mettre des souliers ma

< lit ' corps du Christ ! ... Parbleu ! va-t'en au diable avee bas de soie el tes souliers... .l'aimerais autant rire mis a

torture. On l'assied.) Avance ce tabouret Ouf! .le ne

ÎS, mais je ne soulTrais pas comme cela tout à l'heure.

rtAi.Tn.vsAR. Que Votre Altesse songe aux recommandations rieur Pineda... Il dit que vous devez éviter le grand air... f puis la C( rémonie sera fatigante... Il faut rester lon^-temps

n e-roi. Oui. c'est la fatigue que je crains... car je ne malade... Même, je suis assez bien, maintenant.... el je - sortir si je voulais... Mais je ne veux pas me rendre pour le sol plaisir de tenir un cacique indien sur les 3 baptême... Baste ! Martinez, écris a l'Auditeur don le Hinpyosa qu'il tienne l'enfant... c'est-à-dire le caeima pince... Voici les douze noms qu'il doit porter... souhaite bien du plaisir... Balthasar, oie-moi ces habits ant les yeux... je ne veux pas a\oir de regrets... Sotte dose que !.i gloire de monder des jalons, des rubans et des derics!... Qu'on m'envoie aussi Pineda, s'il n'est pas à ce ''pleine do diable... Donne-moi un cigare el du muté 2 . Alitrisque je suis obligé de garder la chambre et que je •n à faire, je vais m'occuper des affaires de ce gouvernent... Halthasar, je n'y mjis pour personne, personne ab- [Ument. .1 Martinez.) As-tu fini, voyons? (// lit la lettre e Martinez rient d'écrire.) Bon... vive Dieu! lu oublies de Mettre avec uns titres... chevalier de Saint-Jacques... Parbleu ! je le suis depuis >i\ mois ou Espagne , et depuis trois jours au Pérou.

viàrtinez. Je demande pardon «In ma négligence à Votre \ liesse. (// ajoute ce titre à lu lettre.)

le vice-roi. Balthasar. envoie un écuver avec cette lettre... \llon>. Martine/, travaillons. II \ a bien des dépêches dans le portefeuille, n'est-ce pas?

MARTLNEZ. Oui , monseigneur, j'allais en entretenir Votre Altesse. Pour commencer par le plus pressé, voici une lettre du colonel Garci Vasque/ - r lequel annonce qu'il règne une grande fermentation dans la province de Chuquisaca ; (pie les Indiens tout des assemblées fréquentes, ei que, s'il ne reçoit pas de prompts secours, avant un mois ils seront en pleine révolte.

le vice—roi. Martine/// mais il me semble que tu m'asdéjù parlé de quelque chose de semblable, Le colonel Garci Vasquez, et la province de... de... diables de noms indiens. Pourquoi tous les Indiens ne parlent-ils pas espagnol?

marti nez. Chuquisaca, monseigneur. J'ai eu l'honneur d<? l'aire a ce sujet un rapport à Votre Altesse, il y a deux mois, la dernière fois qu'elle a éprouvé une attaque de goutte... i<> veux dire, la dernière fois qu'elle a été indisposée.

le vice-roi. Eh bien , qu'ai-je répondu?

martine/. Vous avez dit que vous y songeriez.

le vice-hoi. Ah! Eh bien! Nous n'avons guère de

troupes.... A combien de lieues de Lima se trouve celte province de... lu sais bien?

Martine/.. A près de trois cents lieues d'Espagne.

le vice-roi. Vraiment je croyais que c'était bien plus

pies... Eh bien! le cas est dillicile, et il ne faut pas prendre de résolutions à l'étourdie. — J'y songerai. — Quel autre papier tiens-tu là à ta main?

martinez. C'est une supplique de Francisco Huayna Tupac, soi-disant descendant de la main gauche de l'ynca Huayna Capac, lequel demande à joindre à son nom le titre d'ynco, P en porter les armes et à jouir des privilèges dont jouissenl les autres \ ncas.

le vice-roi. El , est-ce qu'il n'y a rien pour accompagna i celte demande ?

m \ ut i nez. Pardonnez-moi, monseigneur. Environ une aun<'

I s\IM s\UU MI.M

uiniL* ue satin ue la Chine sui laquelle est peinte la gêneur ■ de l'impétrant, depuis MancoCapae, ïitu Capac, bloque

Yupanqui des noms à faire dresser les cheveux sur In

tôte....

Le vice-roi. Ce n'est pas là ce que je demande... .Mais, quand on veuf obtenir quelque chose de ce genre-là, on s 5 prend d'une autre manière... Ce tfest pas une petite affaire que celle de vérifier une généalogie comme celle-là. Ces! ordinairement l'affaire de mon secrétaire.... el je ne suis pas

fâché qu il tire quelque profil de son travail Vprcs cela, si

ce secrétaire est homme desprit.... Tenez, informez-vous à votre prédécesseur de ce que vous avez à faire.

marti nez. Je comprends. Cet ynca est forl riche...

le vice-roi. Passons à une autre affaire. Pourquoi riezvous?

martin f.z. C'est une plainte portée par la marquise d'Altamirano contre le perroquet de la sentira Camila Perichole et !.t senora Perichole elle-môme.

LE vice-roi. Autre folie de cette méchante fille!

m mu iM.z. Attendu que le perroquet susdit, à l'instigation de la défenderesse, toutes les fois (pie la marquise passe dans la grand'rue, l'appelle endos termes que la pudeur de la demanderesse lui défend de repéter, elle conclut à ce que la senora Perichole soit étranglée.... Non, je me trompe, a ce que le perroquet soit étranglé cl la senora , sa maîtresse, réprimandée et mulctée.

le vu e-roi. Que dit donc ce perroquet?

mlartinez. Monseigneur, voici le fait. 11 ne s'agit que d'une aimable espièglerie de la senora Camila. Le perroquet, quand la marquise passe, .s'écrie : A combien la une de drap? Or, comme la marquise, avant d'épouser le marquis, était fille d'un riche marchand de drap, elle est grièvement offensée de l'allusion.

le vice-roi. Cette fille-là me brouillera avec toutes les dames de Lima.

marti nez. Voici une lettre de la comtesse de Montemayor ni se plaint d'une tentative de la senora Perichole pour la oui ner en ridicule ou théâtre, dans le saynète de la \ ieillc oquetie.

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